‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 2)Chapitre 66 sur 132 · KALAPHATE S'INSTALLE AV PALAIS · texte numérisé non relu

KALAPHATE S'INSTALLE AV PALAIS

sortit de cette de ure auguste pour s'en aller expirer au monastère des

Anargyres, à ce moment même son neveu y entra pour le remplacer.

Des trois frères du défunt basileus, - - c'est toujours Psellos qui parle, - relui qui l'aimai! le plus tendrement, le plus sincèrement, était l'Orphanotrophe. Cet homme, si dur en apparence, semble avoir éprouvé une véritable douleur de (a morl du pauvre épileptique. Il demeura trois jours près de son cadavre, aux Saints Anargyres. Les deux autres frères", plus pressés de régner, se firent les accompagnateurs «le leur neveu lors de sa rentrée tant suit peu irrégulière au Palais. Ils voulaient à là fois veiller sur sa personne et se l'aire bien venir de lui. Mais Joannès était seul véritablement capable de tirer la famille d'affaire en ces circonstances si graves. Aussi se virent-ils forcés d'attendre qu'il eût tini de pleurer le défunt basileus et d'ensevelir pieusement ses restes dans la tombe solitaire des Anargyres. Alors seulement, craignant que son absence trop prolongée n'eût, pour ses projets ambitieux, des suites funestes, l'Orphanotrophe se décida à rentrer, lui aussi, au Palais.

Il s'agissait donc, pour ces trois intrigants personnages, parmi lesquels l'eunuque était seul un homme vraiment supérieur, de retenir en leurs mains avides le pouvoir si étrangement entré dans leur famille, de le perpétuer dans leur maison par celte substitution audacieuse de leur neveu à leur frère mort, sinon dans les faveurs de la basilissa, du moins comme associé au pouvoir à ses côtés. Cette entreprise, en apparence si difficile, n'était pas au-dessus du génie de l'Orphanotrophe, si fertile en intrigues.

« J'ai assisté de visu à tous ces événements -i rapides », nous dit Psellos; « il s'agissait pour les trois frères d'opérer avec une prudence infinie. La nouvelle de la mort de ce basileus très populaire avait étrangement troublé' la grande Ville, qui se trouvait maintenant pleine de rumeurs, toute prête en apparence pour le tumulte des rues. Lorsque, si peu de jours après, Joannès fit sa rentrée au Palais, ses frères, accourus à sa rencontre, lui firent accueil « comme s'il était Dieu en personne ». Exagérant leur tendresse apparente, ils le baisèrent à plusieurs reprises, tandis qu'en neveu bien stylé, le jeune Michel offrait, avec une dévotion feinte, l'appui de son bras à son oncle. Ouand cette comédie si bien ima-

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ginée eut assez duré, le trio fraternel entra en conférence. Très sagement, l'Orphanotrophe conseilla de ne rien faire sans s'être mis avant tout entièrement d'accord avec la basilissa. Il fallait que l'alliance avec celle-ci, qui représentait seule le principe tout-puissant de l'hérédité légitime, devint la base unique et inébranlable de toute cette intrigue. 11 fallait, en un mot, que rien ne se fit sans le consentement, du moins apparent, de la vieille princesse, et que l'élévation du jeune Michel parût uniquement son œuvre à elle. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le siège de cette âme féminine si faible, si facile à prendre, fut immédiatement entrepris. Psellos nous a fait de cette scène un récit très vivant. Ces habiles avocats, rappelant avec émotion à Zoé l'adnptinn qu'elle avait faite si récemment de leur neveu, placèrent éloquemment le jeune homme sous la protection à la fois de sa mère et de sa souveraine. Prosternés aux pieds de la basilissa, lui prodiguant les noms les plus tendres, les plus instantes prières, ils la convainquirent par les plus solennels serments, par les protestations les plus vives, que c'était pour elle le seul moyen de redevenir L'unique et véritable maîtresse de l'Empire. Ils lui jurèrent que le jeune Michel ne serait qu'une sorte de ministre à ses côtés pour exécuter ses volontés, qu'elle aurait à la fois sur lui l'autorité d'une mère et la toute-puissance d'une souveraine. Elle seule administrerait l'Etat, tandis que lui, son serviteur à gages, veillerait à l'exécution des affaires. Bref, après que les trois frères eurent juré toutes ces choses sur les reliques les plus sacrées, ils eurent presqu'incontinent cause gagnée, ce Ils s'emparèrent de la basilissa toute entière et tout de suite », dit Psellos. Incontinent convaincue par ce quatuor d'habiles flatteurs dont chacun jouait savamment un rôle convenu d'avance, cette pauvre, bonne et faible vieille princesse sans défense se déclara aussitôt satisfaite, « Comment eût-il pu en être autrement, s'écrie Psellos, puisqu'elle n'avait personne pour la conseiller ou lui prêter secours ! Séduite par les paroles charmeuses de ces habiles aventuriers, plutôt honteusement trompée par leurs mensonges, elle se remit à eux pieds et poings liés. »

Zoé livra ainsi l'Empire à ces quatre louches personnages. Par son influence encore toute-puissante sur le peuple de la grande ville qui ado-

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rait pieusement en elle l'héritière directe «1rs grands basileis de sa race, par Sun attitude confiante à l'égard de Jean et de ses frères, elle calma si soudainement l'agitation populaire déjà menaçante, qu'à la joie infinie des Paphlagoniens on pul procéder aussitôt à cette chose iiiinnv, stupé

fiante, la consécration et le c onnement du nouveau basileus. L'éléva

tion déjà si extraordinaire de Michel IV était cette fois de beaucoup dépassée. Aujourd'hui, en effet, il ne s'agissait plus d'un amant d'humble origine élevé au trône par l'ardent amour d'une vieille souveraine. Dans l'étrange histoire des cours orientales, pareil événement s'étail vu à maintes reprises déjà. Non, cette fois il s'agissait d'une bien autre aventure, unique, je le crois, en son genre ; il s'agissait, après avoir t'ait adopter comme lils à cette même vieille souveraine légitime un inconnu tout jeune encore, un intrus de vile naissance dont la seule raison d'être était de se trouver le neveu de l'ancien amant défunt et aussi l'instrument aux mains d'un habile ministre pour prolonger sa puissance, il s'agissait, disje, de faire asseoir ce vil aventurier sur le trône éclatant des basileislËI ce projet inouï était maintenant un fait accompli!

Donc, bien peu de jours après la mort du pauvre basileus épileptique, la cérémonie de couronnement de son neveu eut lieu suivant les us accoutumés. La procession solennelle, l'entrée non moins solennelle du cortège dans le saint temple des Blachernes, la bénédiction du patriarche, toutes les phases du couronnement se succédèrent, nous dit Psellos, comme s'il se fut agi de l'avènement le plus régulier du descendant légitime de dix empereurs. Aux acclamations de la foule, le misérable neveu du perfide eunuque fut proclamé basileus et autocrator des Romains, isapostole, l'égal de Dieu sur la terre, Michel, cinquième du nom! L'histoire et la voix populaire ne l'ont jamais désigné que sous le surnom du Kalaphate pour le distinguer de son oncle homonyme dit le Paphlagonien.

A l'heure même où Michel V revêtait le diadème des basileis dans ces circonstances extraordinaires, Skylitzès raconte que le jeune parvenu, comme frappé de vertige, perdit connaissance se trouvant subitement dans les ténèbres. Peu s'en fallut qu'il ne tombât. On ne le

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rappela qu'à grand peine à la vie à force de senteurs et d'onguents! (1) Durant 1rs premiers jours, l'altitude du nouveau basileus à la fois envers sa souveraine devenue sa mère d'adoption et envers son oncle Joannès fut tout à fait édifiante et correcte. Nullement abasourdi par le rêve étourdissant qu'il venait de réaliser, le jeune homme affichait une modestie pleine d'astuce. « A chaque moment, raconte Psellos, il disait

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MONT ATHOS. Tour près d'un des débarcadères.

en parlant de Zoé : « Ma basilissa, ma souveraine. » A chaque moment il répétait ces mots : « Je suis l'esclave de ma souveraine, je ne suis que l'exécuteur de ses volontés. »

Il nommait également son oncle « son seigneur et son maître », s' empressant de le faire asseoir à ses côtés, attendant un signe de lui pour parler. Suivant l'expression pittoresque de Psellos, il semblait n'être qu'un archet aux mains de ce fin musicien. Cette attitude d'humilité reconnaissante trompa tout le monde, sauf, bien entendu, le vieil eunuque. On s'extasia sur les vertus de cet intéressant adolescent qui, suivant la

I •• Tout le temps que dura ce règne de quatre mois, dit encore le superstitieux Skylitzès, la terre trembla! »

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MOS UQUES BYZANTINES de ï église du couvent de Daphni près d'Athènes. — Coupole. Moïse et David. — (Millet, Htn-Étades, B. 318).

coutume, en guise de joyeux avènement, distribuait des dignités aux sénateurs et des congiaires au peuple. « L'oncle a fait un bon choix », disait la foule. L'oncle silencieux avait de suite compris tout ce que, sous cette feinte douceur, cette modestie simulée se cachait de perfidie et d'ambition furieuse. Seulement, pris dans ses propres pièges, impuissant à faire

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révoquer ce choix qu'il avait lui-même préparé et sollicité, enchaîné aussi parles liens du sang, le vieux lutteur courbait la tète, encore indécis sur la voie à suivre, toujours en éveil cependant, prêt à inaugurer énergiquement la résistance au nininent où l'autre lèverait le masque. (1)

Ce moment ne fut point long à venir. Même, il survint si promptement que le malheureux oncle fut contre toute prévision surpris et presque aussitôt vaincu par son neveu dans cette lutte fratricide. « Très rapidement, nous dit Psellos, le jeune hasileus modifia son attitude de déférence vis-à-vis de son vieil et illustre parent. Il ne le consultait plus, s'exprimant très injurieusement sur son compte dès qu'il avait le dos tourné, agissant en tout différemment de ce que Joannès lui conseillait. En même temps, l'autre oncle, le grand domestique Constantin, jaloux effroyablement de l'Orphanotrophe, furieux de devoir lui obéir comme à un maître, excitait son neveu à témoigner à celui-ci une froideur toujours croissante. Longtemps ce personnage avait dû cacher sa haine violente pour l'eunuque auquel leur frère commun, le basileus .Michel IV, témoignait d'une affection si vive qu'elle le protégeait contre les colères des siens. Michel IV, en réalité, dit Psellos, n'avait jamais aimé que son seul frère Joannès pour l'âge et les talents duquel il témoignait d'un respect infini. 11 haïssait maintenant les autres membres de sa famille qu'il avait tant chéris jadis et qui ne lui étaient plus d'aucun secours, mais qui, au contraire, par leurs vices, lui créaient des embarras incessants. Même

(1) Je raconte tout ce drame d'après le récit très détaillé de Psellos, qui, témoin oculaire de ces événements, est devenu notre source la plus importante pour cette période extraordinaire entre toutes, depuis que sa précieuse Chronique, si longtemps presque inconnue, a été rendue plus accessible aux recherches des érudits. Le récit de Skylitzès, assez différent, doit inspirer une confiance moindre. Voici ce qu'il dit simplement: « A la mort de Michel IV, la plénitude du pouvoir retourna tout naturellement à la basilissa de par son droit héréditaire. Aussi cette princesse se remit-elle au début avec plus d'activité à l'administration des affaires, associant a cette activité les eunuques paternels demeurés malgré tout ses favoris, dont nous avons parlé a différentes reprises. Malheureusement, elle ne s'en tint point là. S'estimant incapable de supporter à elle seule le poids du pouvoir, sentant en même temps quelle grave responsabilité il y aurait à laisser l'Empire sans basileus, alors que celui-ci avait tant besoin d'une intelligence et d'un bras virils pour le conduire, elle désigna pour ce poste le neveu du défunt basileus et son homonyme, fils de sa sœur Marie et du patrice Stéphanos qui avait reperdu la Sicile. Ce jeune homme, qui portait depuis peu le titre de césar, passait pour avoir de l'énergie et du sens pratique. Zoé lui fit jurer sur les plus solennelles reliques qu'il la considérerait toute sa vie comme sa mère et sa souveraine et qu'il lui obéirait en (nul comme à son maitre et seigneur. Cela fait, elle l'adopta solennellement pour son fils, le proclama basileus et le couronna du diadème impérial. »

FAVEUR Dl VOBILISSIME CONSTANTIN ..:i

lorsqu'il se trouvai! par trop irrité contre ceux-là, c'étail encore Jean qui intervenait pour calmer sa colère el le réconcilier avec eux. Eux, par contre, mortellement envieux de l'Orphanotrophe, le haïssaient de toute leur âme, Constantin surtout, mais ils ne pouvaient ni n'osaient rien tenter effectivement contre lui.

.Maintenant que Michel IV n'étail plus là pour protéger le vieil eunuque, Constantin prenait sa revanche en excitant contre lui ce triste neveu qui ne demandait qu'à rivaliser avec lui d'exécration pour le chef de la famille. Le fourbe avait bien préparé ses batteries. Du temps que son neveu Michel n'était encore que ce'sar, alors que le hasileus Michel IV vivait encore, il s'était montré plein de bonté pour ce jeune parent, flattant ses penchants, lui prêtant autant d'argent qu'il pouvait en désirer, acquérant de la sorte sur lui une influence sans cesse grandissante. L'oncle et le neveu se faisaient réciproquement des confidences, ne se dissimulant point l'un à l'autre leur haine commune pour Joannès, persuadés tous deux à tort que l'Orphanotrophe conspirait en vue de faire arriver quelque autre personnage au trône. Skylitzès même, après avoir narré à sa manière l'adoption définitive du Kalaphate par Zoé (1), nous raconte immédiatement après en termes quelque peu confus qu'à ce moment déjà l'Orphanotrophe fut, sur l'ordre de la basilissa, révoqué et relégué dans le monastère de Monobatae, et que Constantin, après avoir dû préalablement renoncer à sa charge de domestique des Scholes, fut, toujours sur la demande de Zoé', exilé dans -es terres du thème de l'Opsikion en Asie, en même temps que le protovestiaire Georges l'était dans ses terres de Paphlagonie (2). Puis le césar étant devenu basileus, en avait profité aussitôt pour arracher à la bonne Zoé le rappel d'exil de Constantin et pour le faire créer « nobilissime » , une des plus hautes parmi les dignités de l'Etat. Il lui accordait maintenant sa faveur la plus éclatante, le gardant constamment auprès de lui.

Psellos, que je continue à suivre pas à pas dans ce récit si précieux

(1) Voy. la note de la page précédente.

(2) Psellos ne dit rien de tout nia. Les choses n'ont pas dû se passer ainsi. La chute et l'exil de l'Orphanotrophe et de ses frères son) postérieurs et non antérieurs à l'élévation au trône du Kalaphate,

parce qu'il est celui d'un témoin oculaire constant, d'une rare intelligence, Psellos, dis-je, interrompt quelques moments sa narration pour nous donner de ce nouvel el étrange jeune basileus un portrait terriblement poussé au noir, qui doit être assez exact cependant. « Je trace ce portrait du nouvel empereur, dit Psellos, pour qu'on ne s'étonne point lorsque je raconterai ses actions de voir qu'aucun principe de morale ne les inspirait. C'était l'âme à la fois la plus dissimulée, la plus diverse et la plus fausse qui fut jamais. Sa parole et sa pensée étaient constamment deux. 11 disait une chose et en pensait une autre. Alors que sa plus vive colère était déjà allumée, on le voyait parler avec une feinte tendresse à celui-là même qui l'avait irrité, protestant par serments de son amour pour lui. On le vil souvent partager le soir le pain et la coupe de ceux auxcpiels il méditait de faire subir le lendemain les pires tortures, les plus affreux supplices. 11 se jouait de tous les sentiments, des liens du sang comme de ceux de l'amitié. Rien de tout cela ne comptait pour lui. 11 eût vu tous ses parents se noyer sous ses yeux qu'il n'eût pas levé le doigt pour les sauver. Sa jalousie contre eux était universelle, portant sur les petites choses comme sur les grandes. Il avait en exécration toutes les natures supérieures. En somme il n'y avait en lui que haine et défiance contre tous et chacun. Par contre, dès que la situation venait à être périlleuse, subitement il jetait le masque et devenait d'un coup ou lâche ou furieux, commettant les actions les plus abominables. Incapable de se maîtriser, il entrait pour le moindre motif dans des colères terribles, prenant pour lr motif le plus l'utile les gens en haine. Il exécrait spécialement, je le répète, tous les siens; cependant il n'osa pas les perdre de suite, parce qu'il redoutait encore son oncle Joannès, chef suprême de la famille. »

Reprenons notre récit : Constantin, une fois qu'il eut été créé nobilissime, perdit tout reste de crainte pour l'Orphanotrophe, toute déférence aussi. Il lui répondait avec insolence, lui désobéissant ouvertement. En même temps, il ne cessait d'agiter l'esprit de son neveu, lui reprochant d'être trop humblement soumis à cet oncle. Sous cette influence néfaste incessante, le Kalaphate modifiait petit à petit son attitude envers ce dernier, prenant vis-à-vis de lui des airs de plus en 'plus dédaigneux. Jean

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s'en inquiéter fort, très attristé par la perspective de perdre la toute-puissance dont il jouissait depuis si longtemps. Cependanl il ne ilisail trop rien, comprenanl combien il lui serai! maintenant diffi-

itOSAJQUE BYZANTINE de la métropole de Sérès de Ma loine. — Grande Abside.

Communion des Apôtres. L'n Apôtre recevant le pain. — XI'"* Siècle. — (Millet, H'^-Etades, B. 361.)

cile de se défaire du nouveau basileus. Il parait pourtant avoir un moment caressé un projet dont Psellos déclare bien avoir eu connaissance, mais tjui demeura tout à fait ignoré et qui échoua du reste. Ce plan consistait à remplacer Michel V par un de ses cousins, neveu par conséquent, lui

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aussi, de l'Orphanotrophe. Ce personnage, nommé Constantin, était magistros. Il y eut là toute une intrigue assez louche, très obscure, dont Psellos, qui est seul à en parler, fait un récit confus. Joannès, qui voulait avant tout se couvrir, lui et son nouveau candidat, contre les graves risques d'une pareille intrigue, eut l'adresse extraordinaire, dans un moment où le jeune empereur était inattentif, de lui faire signer une ordonnance rédigée d'avance dans laquelle une clause secrète portait que si un des parents du basileus cherchait à usurper le pouvoir, il ne passerait point pour cela en jugement et ne serait même point inquiété. Bref, l'eunuque, en général mieux inspiré, une fois en possession de ce papier, crut avoir fait merveille et s'être acquis une arme redoutable. Il se trompait étrangement. Avant même qu'il n'eût pu agir, le basileus, qui se défiait, l'avait prévenu et s'était débarrassé de lui définitivement ainsi que nous Talions voir.

La situation entre tous ces louches personnages violemment aigris les uns contrôles autres ne faisait que s'envenimer. La haine sourde que se portaient l'oncle et le neveu, Joannès et Michel, finit par éclater aux yeux des moins prévenus. Ce fut, parait-il, dans un banquet au Palais à l'occasion d'une discussion entre eux, discussion dont le diabolique Constantin profita très habilement pour se ranger à haute voix à l'opinion du basileus, tandis qu'il donnait tort à son frère. Se montant peu à peu à un diapason extraordinaire d'excitation factice, il en vint à faire avec une véhémence voulue devant tous son procès à l'Orphanotrophe, lui reprochant avec violence son orgued, son arrogance, sa fourberie coutumières. Joannès, incapable de supporter, surtout en public, d'aussi odieuses accusations, comprenant de suite que le basileus, qui n'avait fait qu'en rire, ne sévirait pas contre l'insolent, quitta immédiatement la table impériale. Au lieu de regagner sa demeure palatine, il se rendit dans une de ses maisons de campagne, accompagné dans cette hautaine retraite par toute sa maison et par une foule de personnages sénatoriaux et autres dignitaires, ses partisans ou ses amis. Le malheureux, songeant à tant de services rendus, se flattait encore que son neveu allait bien vite le supplier de revenir. De même pensaient les sénateurs serviles qui, convaincus de ce prompt retour de faveur, songeaient déjà que leur présente attitude

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