‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 2)Chapitre 75 sur 132 · GOUVERNEMENT COMMUN DES DEUX SOEUH · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT COMMUN DES DEUX SOEUH

« Les deux impératrices, dil de son côté Skylitzès, comblèrent

d'hoi rs, de dignités, «lt> miniilu-eiicfs de toutes sortes les membres

Jii Sénat, faisan! faire en mè I t'uips il'immenses large>-e> a la mulii

tude. » C'était toujours encore dans ce milieu du xime siècle l'antique coutume des congiaires romains. Les deux soeurs, poursuit le chroniqueur, mettaient tous leurs soins, tout leur souci, tout leur /.rie h la cbose publique. Des missives impériales, 'les Novelles, fureul expédiées aux extrémités de l'Empire prohibant sous des peines se\ .Te- île vendre des charges judiciaires el autres, comme cela avait été, paraît-il, le cas jusque-là, ordonnant de rapporter absolument toute mesure inique.

d'extirper tout abus pouvant être la cause de quelque injustice .

D'excellentes améliorations furent décrétées tant au civil qu'au militaire I . Les commandements les plu- importants furent confiés à des capitaines d'une fidélité éprouvée. En remplacement du malheureux nobilissime Constantin, on nomma à m niveau au poste si important de domestique ou généralissime des Scholes d'Orient le proèdre Nikolaos dont il a été souvent question déjà 2. , jadis un des principaux eunuques du père des deux

MOSAÏQUE BYZANTINE de l'église ./» couvent de Daphni, près d'Athènes. Saint Bacchus. — XI»" Siècle. — (Millet, II Études, C. 1357.)

1 Ce lut .-n cette année 1042 qu'eut lieu ['établissement de la première colonie de commerçants amalfitains à Constantinople. C'était l'époque de la grande puissance commerciale d'Amalfi dans les mers du Levant. Voy. Hopf, op. cit., [>. 149.

2 Voy. p. 7. Il avait déjà occupé cette haute fonction sous le basileus Constan

tin VIII.

390 LES PORPHYROGÉNÈTES ZOÉ ET T1IEODORA

impératrices (1). Celui de domestique ou duc des forces d'Occident, c'est-à-dire de généralissime des troupes d'Europe, fut confié au patrice Constantin Kabasilas, celui-là même auquel Théodora devait en grande partie son élévation au trône (2). Enfin, mesure excellente entre toutes, qui semble témoigner d'une véritable intelligence politique, les deux princesses envoyèrent aussitôt en qualité de généralissime des forces impériales en Italie avec pouvoirs illimités le patrice Georges Maniakès, que déjà Michel V, le destinant à ce haut poste, avait fait mettre en liberté après l'inique captivité à laquelle il avait été condamné sous le règne précédent, captivité qui durait depuis au moins trois ans. A cette occasion, je l'ai dit déjà, ce chef si éprouvé fut, en compensation d'une aussi inique infortune, élevé au rang de magistros (3), dignité suprême de la noblesse impériale. Il reçut certainement des mains de la basilissa Zoé la tunique blanche brochée d'or, 1' « épomide » d'or et l'écharpe de pourpre ornée de pierres précieuses.

En somme, par une sorte de miracle, jamais l'Empire ne se trouva plus heureux, plus fort et plus tranquille que durant ce règne de quelques semaines des deux vieilles princesses. On ne révoqua, je l'ai dit, que les seuls fonctionnaires par trop compromis par leur attachement connu au Kalaphate. L'oncle de ce dernier, le fameux nobilissime Constantin, extrait de la cellule conventuelle où il expiait ses crimes, fut soumis à un interrogatoire judiciaire et sommé de justilier sa gestion des fonds publics sous le court règne de son neveu. L'infortuné mutilé, territié par la menace de nouveaux châtiments, indiqua dans sa demeure, sise auprès de la basilique des Saints- Apôtres, une cachette au fond d'une citerne où l'on retrouva la somme énorme de cinq mille trois cents livres d'or, enfouie lors de l'émeute du 19 avril. C'était le fruit de longs détournements aux dépens du trésor. Cette somme fut remise à la basilissa Zoé. Constantin, trop heureux d'échapper au dernier supplice, fut renvoyé dans son douloureux exil.

Psellos, bien moins favorable que Skylitzès aux deux tilles de Cons-

(1) Je possède dans ma collection de bulles de plomb byzantines le sceau très précieux de ce personnage. Voy. Sigill. de l'Orient latin, p. 334. Voy. la vignette de la p. 5.

(2) Voy. p. 36i.

(3) Voy. Murait, o/j. cit., I, note de la p. 623, par. 4.

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