‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 2)Chapitre 85 sur 132 · DÉS IS TRB DES RI S SES · texte numérisé non relu

DÉS IS TRB DES RI S SES

L'ouraean brisa celle de Vladimir. Il fui recueilli sur le vaisseau du voïévode d'Yaroslav, Ivan, Gis de Tvorimir. « <>u pecueillil sur la plage plus de quinze mille cadavres Scandinaves t affirme Skylitzès. On lit aussi sur cette rive tragique d'innombrables prisonniers auxquels on coupai! le poing droit. Ce sont Ibn el-Athîr el Âboulfaradj qui nous donnenl ce détail affreux. (1rs milliers de mains humaines furent ensuite exposées sur le rempari de la Ville gardée de Dieu, chapelet effroyable autanl qu'immonde.

Après quarante-huit heures encore passées aux bouches du Bos-

MINIATURE BYZANTINE d'un très précieux manuscrit de l'Histoire de Skylitzès, de la Bibliothèque Nationale de Madrid. — Exploits de Théodorokanos contre les Russes. — (Beylié, l'Habit, byz.;

pliure dans ces circonstances dramatiques, dans ces affres du désespoir ainsi peu à peu transformées en transports d'allégresse, Monomaque rentra le troisième jour vainqueur au Grand Palais. Quel retour triomphant après un si affreux péril! Le parakimomène Nikolaos demeura aux bouches de la Mer Noire avec deux légions et toutes les hétairies barbares, tandis que le magistros Basile Théodorokanos, avec le gros de la flotte demeurée au Phare, eut ordre de suivre minutieusement tous ces rivages, de fouiller chaque baie, d'explorer chaque crique pour y donner la chasse aux barques ennemies fugitives et leur couper la retraite. A chaque pas un recueillait des cadavres ennemis rejetés par les Ilots avec toutes sortes de dépouilles qui formèrent un immense butin.

11 y eut un dernier combat, celui-ci désastreux pour les Grecs, raconté par le seul Skylitzès. Vingt-quatre galères byzantines, détachées

du reste de la flotte, dans leur poursuite acharnée des fuyards, surprirent dans une anse de l'interminable côte de Thrace, peut-être dans le golfe d'Iniada ou dans celui de Bourgas, une foule de barques russes qui y avaient cherché lefuge. Les barbares, beaucoup plus nombreux, voyant que les Byzantins ne pouvaient recevoir aucun renfort, dissimulèrent leurs bateaux dans les anfractuosités de la rive, et quand les bâtiments impériaux eurent pénétré dans l'anse où ils s'étaient réfugiés, ils tentèrent de les cerner en leur barrant le chemin de la sortie. Démasquant tout à coup leurs barques couvertes de monde, ils les disposèrent sur une seule ligne barrant la sortie d'un promontoire à l'autre. A force de rames, ils rabattaient déjà vers le centre les deux ailes de cet ordre de bataille pour écraser la llotille grecque en l'enveloppant de toutes parts. Les Impériaux, se voyant pris comme dans une souricière par un ennemi très supérieur en nombre, tentèrent de forcer la passe, mais toute route de sortie leur était déjà coupée. La lutte corps à corps s'engagea, avec la dernière violence. Le patrice Constantin Kaballourios (1), stratigos du thème des Cibyrrhéotes, drongaire de ce détachement de la flotte, qui attaquait vigoureusement l'ennemi à la tète des onze bâtiments foi niant son commandement particulier, lui tué après la plus courageuse défense. Cinq de ses navires fuient pris par les Russes, entre autres sa propre galère ami raie. Les barbares massacrèrent tous ceux qu'ils trouvèrent à bord. Le reste îles bâtiments impériaux périt sur les rochers de la rive. Tous leurs équipages furent noyés, massacrés ou emmenés en captivité par les Russes. Quelques rares survivants échappés affreusement meurtris, entièrement nus. rejoignirent le reste de la flotte après des infortunes sans nom.

Psellos est muet sur ce sanglant désastre au sein même de la victoire, sur cette catastrophe partielle qui suivit de si près la grande délivrance. Par contre, la Chronique Aile de Nestor, fait une brève allusion à cet ultime combat et parle de quatorze navires grecs envoyés par Monomaque à la poursuite des fuyards et repoussés par un retour offensif de Vladimir (2). La flotte des barbares du nord n'en était pas moins réduite à l'impuis-

1 Voy. Gfrœrer, op. cit., III, p. 281.

2 Op. cit., éd. Léger, p. 131.

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