‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 2)Chapitre 96 sur 132 · ALLIANCE DE BARI WEC LES NORMANDS · texte numérisé non relu

ALLIANCE DE BARI WEC LES NORMANDS

même, le point capital de la puissance byzantine en Italie, accepta la suprématie normande el conclut une alliance avec Uumfroy,le troisième lils de Tancrède de Hauteville, arrivé depuis peu dans la Péninsule, H créé seigneur de Lavello par son frère Drogon. En même temps, les habitants si longtemps Qdèles à l'Empire, faisaient prisonnier le i catél»ano » Eustathios Palatinos qui s'était réfugié derrière leurs murailles avec le reste de ses troupes décimées (I).

Palatinos eut pour successeur, < 1 » : j ; * vers la lin de l'été de l'an 1046, un nouveau « catépano ». Jean Raphaël, qui arriva en Italie avec des contingents vaerings el russes, mais celui-ci aussi n'obtint aucun résultat durable. En loi 7, il réussit bien à forcer l'entrée <lu palais des » catépano » à Bari, niais dès le lendemain il se voyait contraint à se retirer. Même, pour obtenir la libération d'Eustathios Palatinos, il dul consentir par traité signé avec les Bariotes à reconnaître formellement l'état de choses actuel, c'est à-dire l'indépendance de Bari de toute vassalité byzantine el l'alliance de celte cité avec les Normands.

Il y eut à cette époque des dissensions entre les vainqueurs. Les lils de Tancrède eurent à lutter contre un parti de Normands qui avait pris pour chef un certain Pierre, tils d'Amiens, auquel le partage de Melli avait donné la seigneurie de Trani. Ils furent les plus forts et leur dynastie partout victorieuse commença àjeler en Apulie les jdus vigoureuses el durables racines. A côté d'eux se dressait au premier rang la puissance < 1 1 1 prince Guaimar de Salerne, à laquelle l'alliance avec les Normands avait rapporté les plus beaux fruits. La principauté de Salerne apparaît à celle époque connue la seigneurie la plus en vue dans l'Italie méridionale, el la tin de l'année III iti marque vraiment l'apogée de la puissance de Guaimar (2).

< Le comté d'Aversa el la Pouille reconnaissaient sa suprématie et dans la longue liste des titres dont il séparait avec fierté, un des principaux était, nous l'avons vu, celui de duc d'Apulie el de Calabre. (iaèle el Sorrente étaient liées à Salerne par des liens encore plus étroits. Tout l'héritage de Pandolfe de (iapoue était maintenant incorporé à cette

1 Vny. sur la date précise de cet événement: Heinemann, op. cit., note 4 de la [>. 104.

2 Chalandon, op. lit., f. H3.

principauté et presque toute l'Italie méridionale obéissait de nouveau à une seule main. Seules dans le nord et à l'ouest, Naples et Bénévent con-ervaient une certaine indépendance, tandis que dans le sud, les Grecs se maintenaient péniblement sur quelques points de leur ancien territoire. Déjà cependant la puissance si rapidement accrue de Guaimar montrait les signes certains d'une décadence non moins rapide et l'on pouvait prévoir le brusque et très prochain développement de la grandeur normande qui allait secouer bien vite la suprématie de Guaimar acceptée uniquement pour l'intérêt du moment. »

Telle était la situation politique des divers partis dans l'Italie méridionale, lorsque le cours des événements en ces parages fut soudain précipité et singulièrement modifié par la descente en Italie, en octobre 1046, du fils de l'empereur Conrad mort en 1039, l'empereur Henri III dit le Noir ou le Grand, appelé à Rome par les épouvantables désordres qui affligeaient le Saint-Siège et l'Italie depuis tant d'années déjà. Benoit IX, monté sur le trône pontifical à l'âge de douze ans, le pape le plus indigne de ces temps les plus terribles du moyen âge, et ses antagonistes, Sylvestre III et Grégoire IV, qui se disputaient la papauté, ayant été tous trois déposés pour crime de simonie par le concile de Sutri et le synode tenu à Saint-Pierre le 23 décembre 1046, Henri, arrivé peu auparavant dans la Ville Eternelle, fit, le 24, veille de Noël, élire pape l'évèque allemand Luidger de Bamberg, sous le nom de Clément II. Le lendemain, jour de Noël, il se fit lui-même sacrer solennellement avec l'impératrice Agnès par le nouveau pontife. Ce furent des fêtes splendides qui inaugurèrent une ère nouvelle pour Rome comme pour l'Église après cette période d'affreuse anarchie matérielle et morale (1).

Aussitôt après ces événements qui allaient enfin devenir pour la papauté comme pour l'Italie le signal de temps meilleurs, l'empereur et le nouveau souverain pontife, dont l'avènement marque le début de cette époque de relèvement et de réforme de l'Église qui devait atteindre son point culminant avec le grand pape Hildebrand ou Grégoire VII, prirent dès la fin de janvier 1047 le chemin de l'Italie du sud. Par le Mont-

(1) Voy. la description de ces fêle», précisément à propos de ce couronnement, dans Gregorovius, Gesch. der St. Rom, etc., t. IV, pp. oC sqq.

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62fi LES PORPHYROGÉNÈTES ZOÉ ET THÊODORA

Gassin, que Henri combla <le bienfaits et de privilèges, les deux hauts personnages, à la tète d'une petite armée, arrivèrent à Capoue où ils se trouvaient à la date du 3 février. Henri III y convoqua les princes du midi de l'Italie, longobards et normands. Pandolfe IV et son fils obtinrent, grâce à d'importantes sommes données à l'empereur, d'être réintégrés dans la seigneurie de Capoue, au grand chagrin du prince Guaimar qui y régnait depuis neuf ans et que l'empereur trouvait trop puissant. De même Drogon de la Pouille et Rainulfe «. Trincanocte » d'Aversa, ayant fait à l'empereur Henri de magnifiques présents, furent, le premier, déclaré feudataire immédiat de l'Empire, à l'exclusion de la suzeraineté de Guaimar qui, à partir de ce moment, n'eût plus le droit de porter le litre de duc de Pouille et de Galabre, le second, reconnu par l'empereur comte d'Aversa, également sous sa suzeraineté directe. De ce fait l'indépendance de la puissance normande en Italie méridionale se trouva fondée (1). En somme, le résultat le plus clair du voyage de Henri 111 fut la reconstitution delà principauté de Capoue.

Par Salerne les deux souverains poussèrent jusqu'à Bénévent qui, retombée sous l'influence grecque, refusa d'ouvrir ses portes à l'empereur. Pour lui faire affront, les habitants coupèrent les étriers de sa monture.

« Henri, qui avait déjà licencié une partie de son armée et avait hâte de regagner la Germanie où l'appelaient des affaires urgentes, ne voulut pas entreprendre le siège d'une ville aussi considérable. Après avoir brûlé les faubourgs et fait excommunier les rebelles par le docile Clément II, il confia aux Normands le soin de le venger et leur donna la ville et le pays de Bénévent. »

Puis l'empereur allemand, dès le premier printemps, regagna avec son armée l'Italie du nord à marches forcées. Par Rimini et Ravenne où il se trouvait le 9 avril, il rentra en Allemagne, emmenant avec lui comme prisonnier d'Etat, le pape déposé Grégoire VI, qu'accompagnait dans son exil à Cologne son chapelain le fameux Hildebrand.

(1) Voy. cependant Chalandon, op cit., f. 116. Rainulfe et Drogon n'en cessèrent point pour cela d'être les vassaux de Guaimar. Henri III se borna à légitimer le fait accompli. Les Normands devinrent les arrière- vassaux de l'Empire.

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