ARGYROS BATTU PAR LES NORMANDS
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['ennemi l . » « Le chemin qu'il suivit, dil M. Chalandon 2 , était le seul
possible, caria route directe de Bénévent passait parle col commandé parles
deux places de Bovinoet deTroia, toutes deux aux mains des Normands. »
Dans cette situa
tion critique, les Francs
ne prirent conseil que de
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lièrent à leur esprit de discipline. Robert (iuiscard accourut avec toui -mii monde du fond de la Calabre. Richard d'Aversa vint de même avec ses hommes d'armes et les deux jeunes héros se joignirent à llumfroy qui commandait les Normands de la l'ouille.
« Lan précédent les Normands avaient, heureusement pour leur cause, battu à diverses reprises le t catépano »
Argyros dont ils avaient si fièrement repoussé les
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MINIATURE BYZANTINE d'un octateaqae du XI"* Siècle conservé à la Biblioth. Laarentienne à Florence. — Création de l'homme. — < Millet, W<*-Études, C. 267.)
avances (3), d'abord non loin de Tarente, où les Impériaux: avaient été mis en fuite, puis, dans une autre bataille près de Siponto, où Argyros, qui avait débarqué avec sa Hotte venue de Bari (4), cruellement battu, griève-
(1) Dans sa lettre au basileus Constantin Monomaque, écrite quelques mois après la bataille deCivitate, Léon IX dit qu'il a rencontré l'armée des Normands lorsqu'il cherchait à rejoindre Argyros. Voyez plus loin un fragment de cette lettre.
2 Op. cit., C 138.
3 Nous connaissons ces laits, comme toujours, par les plus brèves mentions des Chroniques. Voy. Delarc, op. cit., p. 224, note 2.
I Preuve, dit M. Chalandon, op. cit., f. 136, que tout le pays de Bari à Sipunto était aux mains des Normands.
646 LES PORPHYROGENÊTEH ZOE ET TIIEODORA
ment blessé, à demi-mort, avait à grand'peine échappé en fuyant à Vieste au Mont Gargano à la poursuite des chefs normands Humfroy et Pierre, fils d'Amicus, accourus pour le combattre. De son côté, Robert Guiscard, continuant la série de ses succès en Calabre, avait infligé près de Cortone, une défaite au protospathaire Sico qui l'attaquait à la tète des forces impériales.
« Ces revers avaient encore affaibli les Grecs et augmenté de beaucoup en Calabre et en Pouille l'éclat et la puissance des Normands comme aussi la terreur de leur nom. Toutefois ce qui restait des forces byzantines pouvait encore former un appoint très considérable en se réunissant à l'armée pontificale. Ce fut pour empêcher cette jonction redoutée et pour tenter de lutter successivement contre chacun des deux adversaires que les Normands, tous réconciliés par le péril commun, réunis en un seul corps d'armée sous la haute direction de Humfroy de Pouille, du Richard d'Aversa, aussi de Robert alors encore si jeune, s'avancèrent en hâte vers les régions septentrionales de la Pouille, dans la vallée du Biferno, cherchant à barrer le passage au pape qui, lui, descendait celle du Fortore, surtout à l'empêcher d'atteindre Siponto. »
Le 17 juin de l'an 1053, avant que Léon IX eût pu joindre Argyros, les deux armées pontificale et normande, celle-ci comptant trois mille hommes rien qu'en cavalerie, se trouvèrent en présence sur les rives du Fortore, non loin de Civitate (l),sur la frontière de la Capitanate et de la province de Molise. Les Normands firent des propositions très pacifiques qui lurent repoussées par le pape parce qu'ils demandaient en échange de leurs concessions la dénonciation de l'alliance de Léon IX avec les Grecs.
« La bataille fameuse, la plus fameuse peut-être des annales militaires du Saint-Siège, qui s'engagea brusquement le lendemain, vendredi 18 juin, dans la plaine entre le Fortore et la Staina, et dont Guillaume de Pouille nous a donné un long et curieux récit, fut une éclatante victoire du courage normand. L'armée franque était commandée au
(1) F. Lenorrnant, A travers l'Apulie et la Lucanie, t. I, p. 8, dit que c'est à tort que beouroup d'historiens modernes ont appelé cette ville Ci vitella ou Civitate. En réalité elle s'appelait Cività. Cività, disparue dans les guerres du xv»c siècle, a laissé son nom à un gué du fleuve, le l'asso di Cività. — F. Lenormant fait à cette occasion une pittoresque description de cette bataille célèbre.