REVUE DE LA FLOTTE
RELILUE I1VZA.\'TL\E orncc de /j/u/yin-s éniaillcc.'i ilimt dru.\- ila .V"" Siuclc, tsiTiant de coavertare à un évanyéliaire écrit en 1135 pour le prince Mstishnv madimirot-itsch, aujourd'Iiui conf:eri'é dans le ii-ésor de la Cathédrale de V Archanije Michel à Moscou.
si lonp;lom[is après avoir abandoiiiu' pour lui les bâtiments croulants du vieux (Irand l'alais Sacré et ceux mêmes plus récents du Boucoléon, n'était point encore occupé par la cour à ce moment. Nous ignorons à quel usage il servait sous les princes de la seconde moitié du dixième siècle, jH'ul-tHre bien au s(''Jour des cbcls de lu lloltc l.c l'enseignement donni' ici par Léon Diacre n'en présente pas moins un vif intérêt. 1! nou.s
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apprend en effet que c'était dans le fond de la Corne d'Or (car Blachernes était construit sur la muraille même de Constantinople, à son extrémité orientale, tout au fond, à l'extrémité du golfe, la porte de ce Palais faisant en même temps office de porte de la Ville), il nous apprend, dis-je, que c'était dans ce lieu reculé que se trouvait le mouillage principal de ces fameux vaisseaux byzantins, porteurs du feu grégeois, dont je me suis efforcé de donner tant bien que mal la description dans le volume que j'ai consacré au règne de Nicéphore Phocas (1). Le chroniqueur ajoute que ces navires, effroi des Sarrasins et des barbares, étaient disposés sur plusieurs lignes dans ce port si sur et qu'ils y occupaient l'espace immense qui s'étendait du palais des Blachernes au grand pont de la Corne d'Or au delà duquel cette baie se confondait avec le Bosphore même. Jean, du haut du fier édifice, dut éprouver une joie profonde à passer en revue cette escadre superbe, pavoisée des plus éclatants et des plus vastes pavillons de soie, merveilleusement équipée, qui rappelait aux âmes byzantines les plus beaux souvenirs des victoires de Crète et promettait de si rudes lendemains aux barques grossières faites de troncs d'arbres des fils de la steppe. Certainement alors le patriarche dut bénircetteescadre. Voici comment, en son langage imagé, un auteur moderne (2) a su décrire cette imposante cérémonie, qui se renouvelait à chaque départ de la Hotte : « Tout à coup des chants pieux retentissent, une longue procession se déroule : le patriarche vient solennellement donner sa bénédiction à l'armée. Un détachement de candidats, soldats de la garde en tuniques blanches, armés de lances dorées, ouvre la marche. Les diacres avec les images des saints, les moines avec des cierges allumés, précèdent une grande croix d'argent jjortée jjar un évêque. Autour de la croix, des prêtres tiennent de longues perches peintes en rouge, surmontées de séraphins dorés; des enfants des premières familles, vêtus de robes en soie rose, agitent des encensoirs. Soutenu par deux évêques, le patriarche en omophorion d'argent, semé de croix d'or, s'avance avec une lenteur majestueuse ; un autre évêque porte, dans un vase de vermeil, la mitre du pontife; viennent ensuite les dignitaires en costume d'apparat, puis la foule des fidèles.
(1) Un Empereur Byzaittin au DUième Siècle, pp. 32 sqq.
(2) .\. Marrast, Esguissrs byzantines, p. 118.