‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 3)Chapitre 14 sur 99 · SIÈGE DE LA GRANDE PEHEIASLAVETS · texte numérisé non relu

SIÈGE DE LA GRANDE PEHEIASLAVETS

Dès le lendemain, de grand matin, an contentement extrême du basileus, on vit apparaître le parakimomène Basile amenant le reste de l'armée avec les machines de guerre et les bagages. C'était la fête du Jeudi Saint, 4 avi-il, le grand jour « cinquième » ou « Pempté » des Byzantins, « ce jour illustré par le souvenir du festin mystique de Notre Seigneur lorsque, prêt à souffrir la Passion, il fit part à ses disciples de ses instructions suprêmes (1) ». Jean Tzimiscès, pour recevoir et diriger en personne l'installation de ces renforts, gravit une éminence d'où il pouvait inspecter, dans tous ses détails, la place forte assiégée, encombrée de la masse des guerriers de Scythie. Les Russes, du haut du l'empart, le distinguaient parfaitement, bien qu'il fût hors de portée de leurs traits, et le considéraient avec une ardente et superstitieuse curiosité. C'est de cette hauteur que le basileus présida à l'investissement de la capitale bulgare. A mesure qu'ils débouchaient dans la plaine, les corps byzantins allaient prendre position tout autour de la cité.

Avant d'ordonner l'attaque, Jean Tzimiscès fîtproposer à Sphengel de se rendre à discrétion, le menaçant au cas contraire de l'exterminer lui et ses soldats. La réponse du chef barbare ne fut pas longue à venir : il refusait tout accommodement. Sans perdre une heure, Jean se croyant sûr d'enlever la ville, très désireux d'en finir avant l'arrivée possible de Sviatoslav, fit donner l'assaut. Au son éclatant des longues trompettes, les troupes byzantines, massées en phalanges en forme de coin suivant l'invariable usage des armées impériales du dixième siècle, coururent, sous les yeux du basileus, à l'attaque des remparts. Jean les dirigeait en personne. L'élan des assaillants fut extraordinaire. La résistance fut non moins furieuse. Sans cesse excités par la voix tonnante du vaillant héros Sphengel, géant dont la taille colossale faisait l'admiration même de ses gigantesques compagnon.s, groupés en rangs pressés derrière les créneaux, les Russes couvraient de javelots, de flèches, de pierres les soldats ortho-

compaliiutt's et assister à cette première bataille sous POréiaslavets. Pour cet historien, le combat eut deux phases. D'abord huit mille cinq cents Russes combattirent furieusement. Puis une troupe sortie de la ville pour les soutenir fut également battue. La cavalerie grecque coupa alors la retraite aux fuyards. La campagne se couvrit de morts et une foule de Itusses furent faits prisonniers.

(1) Voy. Du Cango, Glossar. ad. scr. med. el inf. gr.ecitatis, col. lliS.

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iloxes chaque fois que ceux-ci faisaient un pas en avant. Disposées en lignes sui" les côtés des colonnes d'assaut, toutes les machines de guerre de l'armée assiégeante, toute cette variété de balistes et de catapultes que [)erfectionnait incessamment l'esprit inventif des ingénieurs de ce siècle, jetaient sur la malheureuse ville une nuée de projectiles enflammés ou de quartiers de roc d'un poids mortel.

La posiliiin tics Russes, accablés par cette pluie de feu, devient vite insoutenable. Les traits des assiégeants tuent tous ceux qui se découvrent. Bientôt les défenseurs semblent hésiter et repousser plus mollement l'attaque des Grecs. Le basileus, avec son coup d'oeil d'aigle, apercevant de suite ce flottement, ordonne d'appliquer incontinent les échelles au rempart. Lui-même, sans cesse au milieu de ses hommes, les excite à l'escalade. Les échelles, placées au milieu d'un épouvantable tumulte guerrier, se garnissent en un clin d'œil de combattants pleins d'une furieuse ardeur qui se sentent sous le regard de leur basileus bien-aimé. Chacun se couvre de gloire dans l'espoir de mériter son approbation et une récompense. Tout à coup on voit surgir de la foule des assaillants un tout jeune homme, encore presque imberbe. Théodose Mésonyctès (1), soldat du thème des Anatoliques. L'épée à la main, le bouclier sur la tête, il s'élance sur une échelle, écarte ses compagnons, gravit échelon après échelon sous une avalanche de projectiles et paraît soudain au haut du rempart. Un Russe, se penchant sur lui, cherche à le précipiter en le frappant de sa lance. Lui, d'un coup terrible assené sur la nuque, le blesse grièvement, puis, le saisissant par les cheveux, lui tranche la tête, qu'il jette avec le casque en bas delà muraille. Ensuite il bondit sur le faîte (2). Cette vue surexcite l'ardeur des Byzantins. Poussant des cris de triomphe, ils se précipitent à l'envi le long des échelles à la suite du jeune héros. Les boucliers, placés sur le dos de chacun, forment comme une carapace métallique continue qui protège la chaîne des grimpeurs. Mésonyctès, debout sur le rempart, frappe d'estoc et de taille, blessant et décapitant les Russes affolés, qu'il précipite en bas. La muraille, devenue accessible grâce à cet exploit, se couvre de soldats impériaux. De tous côtés, de nouvelles échelles se dressent. Les

(1) Voy. Léon Diacre, note de la p. 416.

(2) Xylander, dans ses noies à Léon Diacre, met en doute ce récit quelque peu fabuleux.

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Russes, abandonnant le rempart, se jettent dans la ville. Poursuivis de rue en rue par les vainqueurs, ils courent se réfugier dans l'enceinte du palais, l'aonl bulgare, vaste agglomération de constructions en bois derrière les palissades de laquelle se trouve caché le trésor royal de Bulgarie.

On peut difficilement se représenter ce qu'était un de ces aouls (1). Mêlez la barbarie scythique à la plus sauvage, la plus pittoresque imitation du luxe le plus raffiné de Byzance et vous aurez peut-être quelque notion de la réalité. Dans une vaste enceinte fortifiée, des bâtiments nombreux sont épars au milieu de vastes espaces clos de palissades, bâtiments en bois servant à la demeure du roi, de la reine, des dignitaires palatins, des eunuques, des serviteurs, des femmes, des gardes, bâtiments les uns grossièrement installés, simples corps de garde ou offices, les autres, les bâtiments royaux, tendus à l'intérieur des plus belles peaux de bêtes, des plus riches tentures aux couleurs éclatantes, meublés d'objets somptueux, dons des basileis, ou bien acquis par les princes bulgares à Byzance. Dans ces bâtiments, dans ces cours immenses à l'aspect étrange, s'agite tout un peuple de guerriers, de fonctionnaires demi-civilisés, demi-barbares, de serviteurs, de femmes aux vêtements multicolores, ornées des lourds et grossiers bijoux de Scythie.

L'aonl royal de Péréiaslavets, à la fois palais, citadelle et camp retranché, était, je l'ai dit, soigneusement fortifié dans sa vaste enceinte. Toutes les issues en étaient solidement barricadées. On communiquait du dehors avec l'intérieur par une seule très petite et très étroite porte. C'est par celle-ci que s'engouffra le torrcnl des fuyards chassés du rempart.

Durant que les guerriers russes trouvaient ainsi un refuge momentané, la Grande Péréiaslavets tombait aux mains de leurs vainqueurs. Tandis que les premiers assaillants, qui avaient gravi la muraille, se précipitaient dans la ville par les escaliers de la face intérieure, la foule des impériaux, massés encore au pied du rempart, voyant les Russes disparaître, se jettent sur les portes, qu'ils enfoncent, et ce flot de nouveaux combattants se répand instantanément dans tous les quartieis de lu ville, massacrant les fuyards, capturant les femmes, les jeunes gens, les enlaiils. Chose (drange,

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parmi les prisonniers de marque, on trouva le nouveau roi légitime des Bulgares, le fils aîné du maltieureux tsar Pierre. Il avait nom Boris. Les Russes le retenaient en demi-captivité depuis la mort de son père. On le reconnut à son épaisse barbe fauve. Il était revêtu, dit Skylitzès, des insignes royaux : certainement le diadème et les bottines rouges que les rois de Bulgarie avaient seuls le droit de porter à côté des basileis. On le prit avec la jeune reine, sa femme, et ses deux enfants (1), et on le conduisit à l'autocrator. qui lui fit un honorable accueil, le saluant du titre de prince des Bulgares (2). « J'ai franchi les monts, » lui dit ce profond politique, (( pour venger les injures et les mauvais traitements dont t'ont accablé les Russes. Je ne suis point venu conquérir la Bulgarie, mais bien l'affranchir. Les seuls ennemis de ta nation sont les Russes. » Comme toujours plein do finesse, pour s'attirer encore davantage la confiance du jeune prince, il ordonna de mettre aussitôt en liberté tous les prisonniers de sa nation qu'on avait faits depuis l'ouverture des hostilités. Il y avait nécessairement beaucoup de Bulgares dans les rangs des Russes. Tout cela n'était du reste que bonnes paroles nécessitées par les circonstances, actes sans signification pour le bien futur de la Bulgarie. La suite de ce récit le fera bien voir.

Le massacre dura longtemps par les rues de la ville. Quand tout ce qui n'avait pu se réfugier dans l'aoul eut été tué ou pris, la foule des assaillants commença à entourer cet enclos suprême, où se trouvaient réunis les derniers débris de l'armée ennemie. Skylitzès les évalue à huit mille combattants. Pour le moment ils demeurèrent sur la défensive, se contentant (Ir lundre à l'iniproviste sur les soldats byzantins qui, attirés par la curiosité ou respuir du jiillage, rôdaient do plus ru plus nombreux autour de l'aoul, cherchant à se glisser dans la mystérieuse enceinte. Ces imprudents étaient aussitôt massacrés.

Les impériaux, au dire de Léon Diacre, tentèrent alors de s'introduire en masse par la petite porte unique qui avait livré passage aux

(1) Probablement des ûUes, du M. Uriiniv, op. cit., p. 197 et note 69.

(2) Koipavo;, de xjp, seigneur. Skylitzès dit roi. Pour cette dernière période des combats dans Péréiaslavets, Skylitzès donne cette fois bien plus de détails que Léon Diacre. Il a eu évidemment à sa disposition des sources différentes, malheureusement aujourd'hui perdues.

l'HISE DE LA GRANDE PERE[A.'?LAVETS

MISIAIVUE d'un évamjéUaiiv byzantin </u A'/"" Sicdc conseivi au couvent d'hirùn ou des Ibériens au Mont Atlws. — La Présentation de Jésus au Temple.

fuyards russes. Mais les dêfensenis, ayant l'avantage de la position, tuèrent successivement tous les soldats grecs qui se présentèrent à cette entrée. 11 parait ([ue plus de cent cinquante guerriers d'élite périrent de la sorte. Jean, averti, accourut de toute la vitesse de son cheval et, mettant pied à terre, prit inimédiatement le connnandemenl.

« 11 semble bien, dit .M. Drinov (1;, lors même que les sources soient

(1) Op. cit., p. 20j.

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muettes sur ce poiiil, «lu'im doive, dans la prise ]>ar les Byzantins delà capitale bulgare, faire une large part au concours des habitants. Ceux-ci supportaient difficilement, on le conçoit, le dui- joug russe. Cette supposition semble même recevoir une confirmation dune des miniatures du fameux manuscrit slavon de la Bibliothèque Vaticane (l) qui montre les habitants de Péréiaslavels ouvrant eux-mêmes les portes de leur cité à Tzimiscès au-devant duquel ils accourent avec des présents. » Je ferai remarquer toutefois que ces miniatures datent du XIV' siècle et qu'on ne peut par conséquent les considérer comme des documents historiques d'une importance absolue.

Le hasileus luttait au jiremier rang. Les soldats orthodoxes hésitants refusaient maintenant de marcher, non par lâcheté, mais parce que cette formidable enceinte peuplée de combattants désespérés leur semblait à toujours imprenable. Pour enlever ses hommes, Jean dut s'élancer luimême au-devant de tous. A la vue du danger couru par le hasileus, eux, saisissant leurs armes, voulant à tout prix le devancer, se jetèrent sur les palissades de l'aoul en poussant de grands cris. Cette fois encore, le succès Iraliit les etTorts de ces vaillants. Les Russes, conduillaut à couvert, mais, comme toujours, en vrais héros d'Odin, ipii ne connaissaient pas la peur, réussirent de nouveau à tuer à coups d'épée tous ceux qui pénétraient au delà de la tei'rible petite jiorlr.

II fallait en finir. Le hasileus ordonna de lucltre de toutes parts le feu à l'enceinte de l'aoul. En un instant les hautes palissades furent en flammes. L'incendie se propagea avec une foudroyante rapidité aux bâtiments intérieurs, d'où les Russes se virent forcés de sortir. Le feu dévora instantanément tout cet ininiense amas de n instructions légères. Ici encore, beaucoup de barbares périrent. Ce dut être une scène d'horreur sans nom. Les uns, en grand nombre, furent brùii's \il's; les autres furent tués ou jiris par les légionnaires grecs qui se précipitaient de tous côtés, enjambant les d(''l)ris fnm;uils. Réduits à (jiujlques milliers (2), ces braves sortirent de tous ces brasiers, chassés par l'épouvantable chaleur, et se massèrent dans la cour centrale, vaste espace di'couvcrt, iirobablcment situé

(1) Voy. Un Empereur Byzantin au DUième Siècle, pp. oD» el 7i5.

(2) « Sept mille » au dire de Léon Diacre.

DESAsrni-: des russes io7

(levanl les liàtimenls réservés ;'i la ilcineure du roi. Alors le liasileiis commanda à Bardas Skléros d'aller avec des troupes fraîches enlever ce dernier refuge. Franchissant les espaces incendiés, le rude chef entraine ses hommes à cette lutte finale. Les Russes sont assaillis de tous les côtés à la fois. Il y eut là un dernier et terrible corps à corps. « Pas un Russe, dil Léon Diacre, ne tourna le dos. » Après s'être défendus avec rage, tous périrent. 11 en fut de même d'une foule de leurs auxiliaires bulgares, qui, malgré les avances du basileus, persistèrent à combattre les Grecs jusqu'à la mort, les accusant de tous les maux qui accablaient leur infortunée patrie. La lutte ne linit que faute de combattants du côté des vaincus. Le soir de cette colossale tuerie vit cette grande cour couverte des cadavres géants des lils de la steppe. Slvvlitzès, je l'ai raconté, dit que huit mille Russes s'étaient enfermés dans l'aoul (1). Seuls Sphengel, le Sviénald des chroniques russes, et quelques guerriers réussirent à s'échapper à la faveur des immenses tourbillons de fumée et de l'obscurité de la nuit. Ceux-ci furent assez heureux pour rejoindre Sviatoslav.

Aucune description ne peut donner l'idée de ce que dut être, ce soir-là, l'aspect de la ville bulgare, l'iirhiul des flammes dévorant les maisons de bois, partout des cadavres par milliers, partout des soldats byzantins, rendus furieux par l'ivresse du combat, poursuivant les vaincus, s'efforçant de capturer les femmes russes ou bulgares, dont plus d'une dut périr en se défendant les armes à la main. Quelles scènes horrildes rappelant les plus affreux souvenirs des grandes invasions barbares !

Le lendemain, qui était le Vendredi Saint, Jean Tzimiscès accorda aux troupes, si rudement éprouvées par les combats incessants des deux jours précédents, un repos qui se prolongea encore les deux jours suivants. Le dimanche 7 avril, jour de l'.'iques, l'empereur et l'armée

(1/ L'historien Tchrrlliov, op. cit., iH). Ijii siin- d nn\r jl, JuinoiUro clairi'iiiciit coin bien tous ces chiffres fantaisistes l'onrnis comme il plaisir par les chronit[ueurs byzantins sont sans valeur historique réelle. L'aoul en bois do ces sauvages rois bulgares du x" siècle qui portaient des pelisses de peaux de mouton, était-il de dimensions assez considérables pour contenir, même dans ses cours, une telle foule de combattants '.' Dans cette niénie note M. Tcliertkov a étudié avec grand soin la ipiestion des forces qui pouvaient composer les diverses expéditions dirigées au cours de ce siècle et du précédent par les Russes contre Conslantinople, en particulier celle de Sviatoslav il l'époque de sa première arrivée en Uuigorie en 91)7. L'historien russe en arrive à cette conclusion, dont je lui laisse la responsabilité, ipie Sviatoslav n'avait pas eni'uené avec lui de Uussie plus île dix mille linnunes.

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célébrèrent dans la vieille capitale bulgare, dans sa basilique à demi ruinée, la fête de la Résurrection. Des prêtres en liiand noinl)r(', des moines aussi, accomjiagnaient les troupes byzantines dans leurs campagnes et (diaiitnient les onices divins avec une pompe solennelle qui soutenait les courages des soldats et en imposait aux populations vaincues.

Avant de poursuivre sa marche, Jean Tzimiscès donna ordre de remettre immédiatement en état les portions détruites du rempart de la ville prise. Pour éterniser sa victoire, il enleva son nom à la vieille Péréiaslav'ets et l'appela d'après lui Idliannoupolis, mais cette désignation nouvelle n'a pas prévalu. 11 y fit réunir encore des approvisionnements très considérables et détacha un corjis nombreux pour y tenir garnison.

Ces mesures prises, le basileus se remit immédiatement en route à marches forcées vers le nord, ne voulant pas laisser à l'ennemi le temps de se préparer à le recevoir. Des prisonniers russes furent expédiés à Doryslolon auprès de Sviatoslav, pour lui annoncer officiellement le désastre de Péréiaslavets et la destruction de ses soldats. Le basileus lui donnait le choix entre une soumission immédiate sans conditions avec l'évacuation de la Bulgarie, ou une allaque sans merci.

Dès le lendemain de Pâques donc, le lundi S avril, l'armée prit la route de Dorystolon où allait se livrer la partie suprême. Sviatoslav, en effet, av'ait concentré tout le reste de son peuple de guerriers dans cette seconde capitale des rois bulgares, jadis magnifiquement rebâtie par Constantin lors de sa guerre contre les Scythes. Sur le chemin, des détachements impériaux enlevèrent diverses places secondaires, entre autres Pliscouba (1), bâtie également par Ciinslantin au dire des chroniqueurs, et Dineia, toutes deux situées sur la livière ïaban qui s'écoule vers Silistrie pour se jeter dans le Danube. D'autres cités encore, dans cette région septentrionale de la Bulgarie, secouant le cruel joug des envahisseurs, ouvrirent leurs portes aux Gi'ecs. Parmi elles, Skylitzès cite Constantia, la Kustendjé d'aujourd'hui, sur le rivage de la luer. Tous ces districts, toutes ces villes, (jue la peur avait retenus jusque-là, sitôt que les affaires de Sviatoslav conunencèrent à se gâter, se hâtèrent de se séparer de lui

(1) Ou Pliscuha.

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