‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 3)Chapitre 22 sur 99 · RETRAITE DES DEBRIS DE L'ARMEE RUSSE · texte numérisé non relu

RETRAITE DES DEBRIS DE L'ARMEE RUSSE

obtint, par un sauf-conduit, le libre parcours sur les terres de ces barbares. Qiielli' soulïrance pour son orgueil ! Mais il lui fallait épuiser jusqu'à la lie la coupe de l'inlortunc.

Jean, toujours humain, toujours habile politique, dépêcha aux chefs des Petchenègues son messager ordinaire, l'évèque Théophile d'Euchaita?, qui semble avoir été le diplomate attitré le plus en faveur au Palais Sacré

MINIATURE BYZA.XTIXE du fani,'a.y Meiiologioii rlit ih- Basile II, conservé à la Bibliothéqw^ ihi Vatican, exécuté sut' les ordres du basileas Basile II.

sous ce règne. (Ictle fois, le prélat ambassadeur échoua dans sa mission. Les Petchenègues se refusèrent obstinément à accorder le saur-cnrnliiil demandé, car ils nr |iipu\ aient pardonner à .*>vialoslavle traib' qu'il \rii,ii( de signer avec les Grecs sans leur jiaiiicipaliun. Comme jiour niirux accentuer la portée de ce refus, ils accordèi'out à l'envoyi' du hasileus tout le reste de ce qu'il leur demandait. Ils se déclarèrent « les amis et les alliés de l'empire » et, sans doute en retour de certains avantages sur lesquels les chroniqueurs grecs officiels font le silence, s'engagèrent à ne plus jamais franchir le fleuve Danube, redevenu iVoutièrc de l'empire, à ne

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plus piller et ravager les riches plaines bulgares qui s'étendaient au delà, redevenues terre romaine.

Disons de suite ce qu'il advint du juince liardi qui avait failli détruire l'empire d'Orient en une heure de victoire. Lui et ses troupes décimées reparurent donc sur leurs barques aux bouches du Dnieper. Ils emmenaient leurs blessés survivants. Hélas, la plupart de leurs compagnons étaient demeurés aux campagnes de Dorystoloii et de Péréiaslavets, les uns réduits en cendres sur les bûchers monstrueux, les autres devenus la proie des oiseaux et des bêtes sauvages.

Les Russes vaincus n'emportaient presque aucun butin. Certainement ils avaient dû laisser à Dorystolon avec leurs captifs de guerre toutes les prises pourtant si riches qu'ils avaient faites en Bulgarie. Parvenus au Dnieper, l'antique Borj'sthène devenu leur fleuve national, ils ne purent de suite regagner leurs cités lointaines, soit que la saison fût trop avancée, soit qu'ils se sentissent tnip faibles jiour passer sur le corps des Petchenègues. Ils se retranchèrent pour hiverner sur la rive du grand fleuve au milieu des rochers qui l'encombrent en aval des rapides, et attendirent les secours de Kiev où, avant son départ, Sviatoslav avait établi son ills Yaropolk comme régent en son absence. Ils attendirent en vain et passèrent la mauvaise saison tout entière au-dessous des cataractes fameuses de ce fleuve qui était leur grande voie de communication avec le sud, mais qui ne leur permettait d'atteindre la mer qu'à travers le dangereux pays de leurs ennemis.

Donc ils vécurent cet interminable hiver glacé en pleine terre hostile, sans cesse occupés à se garder des embûches des Petchenègues errant comme le loup autour du troupeau. Nous n'avons aucun détail sur ces longs mois passés sous la tente par le prince et ses droujines. Nous savons seulement que les Russes, ce qui se comprend de reste, souffrirent de la faim. De toute façon, ce durent être des temps fort durs qui se terminèrent par une catastrophe lamentable.

Aux premiers jours du printemps, les tristes voyageurs, lassés de tant de misères, reprirent la route de Kiev, si lointaine encore. Sviatoslav, toujours ardent, était résolu à forcer au besoin le passage. Déjà les infortunés survivants de tant de combats revoyaient en rêve les demeures de

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