‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 3)Chapitre 23 sur 99 · MORT DE SVIATOSLAV · texte numérisé non relu

MORT DE SVIATOSLAV

leur sauvage capitale ; déjà ils croyaient apercevoir leurs éi»ouses fidèles, leurs enfants blonds, accourir vers eux, descendant de la haute falaise pour sécher les larmes de tant de mois de misères vaillamment supportées, leur tendant leurs bras blancs. Ils comptaient sans le Petchenègue im\ntoyable (jui les guettait. « Les l%lciirn('j;ues, dit simplement Léon Diacre, race errante et innombrable, barbares, mangourts d'insectes (1), aux maisons roulantes (2), tendirent des embuscades aux Russes de Sviatoslav et les massacrèrent tous. » De cette grande armée, à peine quelques-guerriers revirent leur patrie. Sviatoslav demeura parmi les morts. 11 avait l'égné vingt-huit ans sur la nation des Ross. Ceci se passait au printemps de l'an 973. Qui sait si dans celte attaque des Petciienègues contre cette troupe si réduite et désorganisée il ne faut point voir encore la main de l'astucieuse Byzance (3) ?

Ce retour des Russes, ce drame final sont racontés un peu plus en détail dans la Chronique dite de Nestor : n Sviatoslav ayant conclu la paix avec les Grecs s'en alla en bateau jusqu'aux cataractes du Dnieper, et le vdïwode de son père, Sviénald (4), lui dit : « Prince, tourne les cataractes à cheval, car les Petchenègues t'attendent aux cataractes », Et il nel'écouta pas et il vint en bateau. Et les habitants de Péréiaslavets (o) envoyèrent vers les Petchenègues, disant : « Voici que Sviatoslav revient en Russie après avoir pris en Bulgarie beaucoup de richesses et fait beaucoup de butin (6), et il n'a que peu de compagnons ». Les Petchenègues, ayant entendu cela, se mirent en emlniscade aux cataractes; et Sviatoslav vint aux cataractes à l'Ile de Biélo-Béréjiè (non li>in de l'embouchure du fleuve) et les vivres commencèrent à lui manquer et il y eut une grande famine; on payait une tète de cheval la muilii' d'une grivna. Et Sviatoslav ]>assa

(1) Littéralcmenl : « mangeurs de poux ».

(2) Littéralement: « vivant presque toujours dans leurs chariots «.Voyez dans Tchertkov, op. cit., note :)2, pp. 178 sqq., les longs et intéressants détails sur ce trajet de Kiev au Danube ((ue parcouraient les Russes pour aller de chez eux en Bulgarie et vice-versa.

(3) Voy. Tchertkov, op. cit., p. 242.

(4) C'était ce vieux chef expérimenté cpii, déjà, avait comballu sous Igor et qui avait signé au traité' de Dorystolon immédiatement après le prince.

(5) C'est-à-dire les tarées et les bulgares leurs alliés.

(6) Ceci me parait pure l'orl'anti'iie dans la bcmche d(^ l'historien national. Jean Tzimiseès n'eût pas permis aux Uoss, si complètement ii sa merci, d'emporter do l'or et du butin conquis en lluigarie.

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