‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 3)Chapitre 26 sur 99 · LE PATRIARCHE BULGARE EST CHASSE \TJ · texte numérisé non relu

LE PATRIARCHE BULGARE EST CHASSE \TJ

destruction de raulononiie bulgare, Ions les évèchés de la vieille monarchie de Syniéon furent à nouveau subordonnés directement au pouvoir du patriarche œcumi'niquc d(^ flonstantino])!!' (1). Dorysloloii redevint une simple métropole i)yzantiiif.

La portion orientale, danubienne et l)allvaiii(|ue du royaume bulgare avait été seule touchée par cette guerre; seule aussi, à la suite du désastre des Russes, elle venait de retomber sous le pouvoir de Hyzance. (j'est même ce fait qui explicpie en [larlic la facilité et l'étendue des succès si rapides de Sviatoslav d'abord, de Jean Tzimiscès ensuite. L'un cl l'autre de ces princes n'avaient jamais eu affaire (pi'à une moitié des forces bulgares, la moitié orientale. Dans la portion occidentale, tout au contraire, l'indépendance bulgare s'était maintenue et se maintint dans la suite, sous la dynastie nationale des Schischmanides, issus de la révolution intérieure de l'an 967. En un mot, ainsi que l'a, le premier, fait remarquer avec grande justesse un savant écrivain i-usse, .M. Urinov (2), tous ces événements guerriers de ces dernières années n'avaient, en réalité, inl('ressé (]ue les seules provinces orientales de la Bulgarie, c'est-à-dire celles de Dorystolon, de la Grande et de la Petite Péréiaslavets, et de l'hilippopolis, unique apanage demeuré aux mains du fils du tsar Pierre, du petit-fils de Syméon (3). Quant aux j)rovinces bulgares occidentales, celles qui s'étaient séparées cinq ans auparavant de ce prince pour former un corps politique à part sous le gouvernement de Schischman et de ses successeurs, elles ne perdirent poinl leur indépendance politi<jue et ne fuivnt point conquises par les Grecs.

l-"n même temps que Jean détruisait l'antique patriarcat national dr Dorystolon, un nouveau siège patriarcal remplaçant celui-ci s'éleva donc tout natiu-ellement dans cette Bulgarie occidentale demeurée indé})endante. Installé d'abord à Sophia, puis, durant quelque temps, errant dans diverses grandes cités de cette région de l'ouest, à Vodhéna, à Mogléna, à

(1) Voy. dans Du (JaiiLT, Fain. I>yz.,i'd. di' l'.iris, |i|i. l'ii >ii|'i.,li' Cululof/ue des archevêques bulgares. — Voy. encore Xliiii|i(iI: i Église hiitijtire. diuis la Iteiiie liialorique de 1892, cl Zacharia*, Beitrœge zur ('•escitichli'. der bulijarisrlien Kirrlti; pp. Il à 11, 14 et IG.

(2) Op. ci/., p. lOSi.

(3) Voy. dans Drinov, op. cil., p. I KS, les liniiles yOugrapliiiiues de celle porliou de la Rulgarie k celle époque.

180 JEAN TZIMISCES

Prospa (1), il finit par se fixer enfin pour plusieurs siècles à Ochrida. L'existence dès ces temps reculés de ce siège ambulant et sa première installation à Sophia, immédiatement après l'abolition par Jean Tzimiscès de l'ancien siège de Dorystolon, nous ont été récemment révélées par une source byzantine tout à l'ait indubitable, qui est une novelle du basilcus Basile II retrouvée depuis peu dans un document d'époijue postérieure (2).

Tout naturellement, dit M. Drinov (3), le jtiih'iarcho Damien, après sa déposition par le vainqueur, ihil chercher un refuge dans la Bulgarie occidentale, demeurée indépendante. II se fixa d'abord à Sophia, où il dut certainement être réélu patriarche par un synode des évèques bulgares qui se refusaient à reconnaître le nouvel état de choses (4). L'important pour nous est de savoir non de quelle manière cette transformation s'est opérée, mais bien qu'elle a eu lieu vraiment, et elle n'a pu avoir lieu (jue jiarce que les volontés de Jean Tzimiscès n'avaient aucune autorité, aucune sanction dans ces jirovinces bulgares de l'ouest qui n'avaient nullement été ramenées sous le sceptre de ce prince, ainsi qu'on l'a cru si longtemps.

(les observations, comme d'autres encore dont il sera question plus loin, ont une bien plus grande importance qu'on ne pourrait le croire tout d'abord. Il semble, en effet, résulter très clairement de tous ces faits que la guerre russo-byzantine n'atteignit jamais que la moitié orientale de la Bulgarie (îi), qui seule lui rtMinic à nouveau à l'empire grec. C'est ce qu'on avait ignoré jusqu'ici. Je reviendrai sur cette question d'importance capitale dans un autre chapitre de cette histoire.

Les vastes provinces (jui avaient si longtemps constitué l'apanage

(1) Oi'i il se trouvait on l'an liSU.

(2) Voy. plus loin.

(3) Op. cit., p. ITi.

[i] Il eut plus tai'd pour sucwsseurs, à Vodhéna d'abord, puis à Prespa et à Ochrida où se transporta successivement le patriarcat bulgare autocéphale, Germain, aussi appelé Gabriel, qui résida à Vodhéna et à Prespa, puis Philippe, dont on ne sait rien, sauf qu'il fut le premier à résider à Ochrida ; enfin Jean, qui survécut ii la ruine delà monarchie du tsar Samuel, fut conflrraé par le basileus Basile II dans sa charge et inaugura la série des archevêques bulgares sous le sceptre byzantin. Il avait été auparavant hiL'oumène du monastère de la Mère de Dieu do Devre. Zachari», Beit);v(je, etc., p. Ij.

(ji Voy. par contre dans Drinov, op. cit., p. 119, le témoignage fort douteux du « Prêtre de Dioclée » sur la prétendue conquête de la Rascie par les lieutenants de Jean Tzimiscès. La Rascie est la province actuelle de Novi-liazai-.

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