‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 3)Chapitre 27 sur 99 · LES MANICHEENS TRANSPORTES EN BULGARIE · texte numérisé non relu

LES MANICHEENS TRANSPORTES EN BULGARIE

jiriiicipal de la première nionarcliie bulf^are lirenl ainsi jxiur un lumps retour à l'empire grec. Tant que Jean Tzimiscès vécut, elles obéirent à ses lieutenants sans cpi'il paraisse avoir subsisté l'ombre d'une résistance, d'une opposition quelconque dans toute l'étendue de ces immenses territoires, d'abord comme écrasés sous la terrible tyrannie des Russes, rapidement pacifiés ensuite sous la main de ter des * stratigoi » byzantins. Quant à cette administration même de la liulgarie sous ce règne, nous ne possédons pas, hélas! sur elle le moindre renseignement. Elle dut être administrée militairement, comme c'était toujours le cas pour les territoires impériaux de conquête récente, par des « stratigoi » et des iurinar- (pies installés dans les pi'incipales villes fortes et les forteresses à la tête de troupes nombreuses, surtout de détachements de cavalerie. Léon Diacre et Skylilzès citent en ]>remière ligne Dorystolon parmi les villes dans lesquelles le basileus établit de fortes garnisons.

Quelques mots épars dans les sources nous apprennent encore que, pour assurer l'occupation de ces provinces reconquises, Jean Tzimiscès eut recours au procédé, si fréquemment en usage à Byzance à cette

époque, de la transplantation en bloc <le populations arrachées à d'autres extrémités de l'empire. l*ar son ordre, les l'auiiciens, derniers survivants de ces célèbres Manichéens tant massacrés jadis par Tbéodora, puis par Basile l", ces « calvinistes de l'Orieiil », hérétiques obstinés dont les docliines prétendues funestes avaient jadis risqué d'infecter tous les thèmes d'Anatolits, furent transférés en niasse de leurs lointaines places fortes de Mélitène et de Théodosiopolis, de leurs fameux « châteaux d'Asie (1) », en Thrace, dans la province île Philipiiopolis, au

(I) 'Atiotôjv XxWfJuv y.ai lôiv 'Ap|j.£vixx<i« t'Itîwv, dit .Viim.' lluiimùlie. — Voy. p. 2'.».

TRIPTYQUE BYZANTIN d'hoir,- (les X""oa XI"" Siècles. {Panneau central conservé à l'Evêché de

Lièije.

18â JEAN TZIMISCES

pied du Balkan. La garde militaire de celte cité et de son vaste territoire leur fut spécialement confiée. Tout cela, au dire de Skylitzès (1), fut fait sur le conseil de ce pieux moine Thomas que Jean Tzimiscès avait nommé patriarche d'Antioche au début de son règne. Ce prélat vigilant redoutait dans son immense diocèse frontière l'alliance secrète de ces sectaires avec les Sarrasins et ne voyait d'autre moyen d'en finir avec ce danger que de se débarrasser d'eux à tout prix. Jean Tzimiscès, de son côté, qui se préparait à aller combattre les Musulmans en Asie, ne se souciait pas de laisser à ceux-ci de tels auxiliaires dans ses propres Etats. C'étaient de libres, intrépides et parfaits guerriers que ces Pauliciens. Unis-aux descendants de leurs propres coreligionnaires transportés en ces contrées deux siècles auparavant par Constantin V, aussi aux Arméniens et aux Jacobites déjà précédemment installés dans ces mêmes régions de Thrace et de Macédoine, ces nouveaux colons militaires tyrannisèrent bientôt les populations qu'ils étaient chargés de protéger et qu'ils protégèrent du reste à merveille. Leur hérésie se développa vite, grâce à une propagande passionnée, sans obstacle possible dans ces régions nouvelles. Elle ne devait succomber bien plus tard qu'à l'action violente du basileus Alexis Gomnène, qui dut venir s'installer à Pliilipp(jpolis à cet eft'et (2).

R Tout le temps que ces sectaires habitèrent ce pays, nous dit Anne Comnène, historien plus récent, ils y formèrent une colonie militaire de deux mille cinq cents guerriers indomptables, fanatiques de leur religion, qu'on avait dû leur laisser, cruels comme des barbares et farouches comme des sectaires», devrais buveurs de sang en un mot, toujours prêts à goûter celui des ennemis et ipii devaient, on l'a dit fort bien, inspirer à leurs voisins slaves ou bulgares le respect ilunc majesté impériale disj)nsant de tels ministres punr ses vengeances. C'est là que les croisés de la quatrième Croisade les rencontrèrent encore, subsistant malgré les cruelles mesures prises contre eux par Alexis Comnène, et préludèrent en les mas-

(1) Cédivnus, II, p. ;J!>2.

(2 Voy. Anne Comnène, Ale-iias, 1. XIV. — Sur les Pauliciens voyez surtout Karapel 1er Mkrtlschian, Dii: Paulikiaaer iin byzuiUiiiisclien Kaiserreiclie und vertvandte kelzerische Ersilieinuiujen in Annenein, Leipzig, 1893. Voy. encore Rambaud, op. ctl.. p. 217, Du Cange. Ad Villehardouiu., n. 227 ; Gfrœrer, op. cit., t. III, p. 80.

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