FÊTES A CONSTANTINOPLE
sacrant dans d'affreux supplices aux liorreurs de la guerre albigeoise. C'est eux que notre Villchardouin nomme les Popelicans. En tout cas, le but |)oursuivi par Jean Tzimiscès fui atteint. Les Pauliciens el leurs descendants demeurèrent pour l'empire d'admirables gardiens delà frontière du nord. C'est ainsi que le gouvernement de Jean Tzimiscès s'efforça d'helléniser quelque peu brutalement la Bulgarie orientale reconquise. Nous avons vu que ses deux capitales perdirent leurs noms anciens pour ceux Idiil byzantins de lohannoupoliset de Théodoropolis. De même j'ai dit que son indépendance religieuse avait été abolie du même coup par Jean Tzimiscès. Enfin nous avons une preuve de plus de cette vigoureuse prise de possession par ce fait que, lors du début des grandes guerres contre Basile II, le tsar national Samuel trouva toutes les villes bulgares de ces régions balkaniques et danubiennes fortement occupées par des garnisons byzantines.
L'empereur Jean, après avoir ainsi replacé sous le sceptre romain la péninsule balkanique jusqu'au Danube, passa l'hiver de 972 à 973 à Constantinople, faisant faire au peuple force largesses et distributions de vivres, lui offrant d'immenses festins, le comblant des mille marques de sa faveur. Pour réduire les charges sous le poids desquelles les contribuables succombaient, en véritable père de ses sujets, il abolit à ce moment, dans l'ensemble des thèmes de l'empire, le très impopulaire impôt de capitation dit du « kapnikarion », appelé aussi simplement le « kapnikon «(l), autrement dit «impôt de la fumée », institué un siècle et demi auparavant par le basileus Nicéphore I" Logothète, d'exécrable mémoire (2). Cette taxe établie sur chaque cheminée ou foyer était, pour cette cause, désignée sous ce nom bizarre (3). Elle était vexaloire entre toutes, aussi la joie fut-elle extrême par tout l'empire. Nous ignorons au moyen de quelles ressources le gouvernement impérial combla le vide ainsi créé dans le Trésor.
(1) Cédrénus, II, p. 413. Tô >-i'i|X£vov xanvixiv.
(2) Voy. Theophancs L'on/essor au règne <lo ce souverain.
(3) DexïTivo,-, fumée; xijtv/;, cheminée. C'éUiil l'impôt du fnuage de nos pays d'Occident. M.Wassiliewsby {Matériaux pour l'Idstoive de l'Èlat à Byzunce, Journal du Ministère de l'Ins- Iruction puhliriue de liussie, t. CCX, p. 370) estime (jue ce ne dut être de la part de Jean Tzimiscès qu'une simple mesure gracieuse pour l'année courante, en commémoration de la victoire sur Svialoslav, et non une disposition U-gislative définitive.