‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècle (volume 3)Chapitre 31 sur 99 · LES THÈMES BYZANTINS D'ITALIE 2H · texte numérisé non relu

LES THÈMES BYZANTINS D'ITALIE 2H

par Mouizz, il lui avoua que, lors de cette première visite à Moliedia, il avait vu soudain, cumme en une vision, l'ik-latante lumière qui enveloppait la blanche capitale se transformer vj\ une nuit profonde. Il ne lui cacha point qu'il avait conclu de ce prodige aux plus sinistres présages h son endroit. Mouizz, troublé, baissa les yeux sans répondre. « Presque aussitôt après, poursuit le chroniqueur, le Khalife tomba malade. «Très vite il fui an [ihis mal. Il mourut le 24 décembre l»75 (1), quelques jours seulement avant Jean Tziniiscès, dans le palais vaste, plein d'air et de lumière, qu'il s'était fait construire au Kaire.

L'anecdote n'est peut-être pas tout à fait véridique, elle n'en est pas moins précieuse parce qu'elle nous montre Mouizz, le grand Khalife falimite, vainqueur de l'Egypte, recevant dans sa nouvelle capitale, comme jadis à Mehedia, l'ambassadeur du basileus et conversant avec lui sur un pied (le cordiale familiarité, presque d'intimité.

.Malhi'ureusement, si le fait d'un envoyé de Jean Tzimiscès allant trouver le Khalife jus(pren Egypte parait vraisemblalde, nous ne savons rien absolument ni des motifs de cette ambassade, ni des circonstances qui l'accompagnèrent, ni des suites qu'elle put avoir.

Les sources sont ici d'une pauvreté désespérante. Pour parler plus exactement, elles n'existent pour ainsi dire pas. Nous ignorons jusqu'au nom du haut personnage qui gouvernait en ce moment les thèmes d'Italie au nom des trois basileis. Etait-ce encore le magistros Nicéphore?

La Chronique de Lupus mentionne seulement vers cette époque, à la date de 973, à Bari, la mort d'un certain protospathaire Passaros, probablement un des chefs militaires impériaux dans la péninsule (2). En 97.j, l'année avant la mort du basileus Jean, outre le patrice Michel dont nous allons parler, apparaît un autre chef byzantin, celui-là nommé Zacharias, qui reprend aux Sarrasins Bitonto, petite ville épiscopale à quelques kilomètres au sud de Bari. « Cette année, disent à la fois la Chronique de Lupus ai aussi Iqs Annales de Bari, qui sont vraiment, à elles deux, presque les seuls documents contemporains pour ces régions à cette époque

(1) Le Ui, dit Jlui-alt, op. cil., 1, p. oOU.

(2) Ibicl.. I, p. j.-iT.

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Zacharias prit Bilonlo (1) aux Sarrasins. Isniael fut tué.» Ce Zacharias qui enlève ainsi cette forteresse à quelque parti de pirates africains, lequel s'en était emparé certainement ])ar ruse, était prol)abIement parti de Bari pour cette entreprise. Isniaël étai(-il le nom du ciief des Sarrasins de Bitonto, quelque condottiere nuisiilnuui,qu( Jipic capilaiiie auxiliaire ou d'aventure, ou ce nom est-il pris ici dans un sens générique ? Ces trois mots signifientils simplement que les Arabes, « les fils d'Ismaël )», furent massacrés par les Grecs ?

Un personnage arabe autrement important est encore cité à cette époque comme s'étant mis à ravager les rivages d'Italie. Dès l'an 974, au dire d'Ibn el-Atbîr et d'autres encore (2), Abou'l Kasseni, le nouvel émir du Kbalife Mouizz en Sicile, avait inauguré après une longue accalmie des incursions nouvelles en terre calabraise. Mouizz même, ouljlieux des trêves, dans la très curieuse lettre (ju'ii lui avait écrite à la mort de son frère Ahmed, lui axait (kumé le conseil de calmer sa douleur par l'accomplissemenl de (juelques hauts faits et, puis(jue la Sicile n'élait point un théâtre sultisant pour sa valeur, de porter sur la terre d'Italie les armes de l'Islam (3). D'abord, il est vrai, Abou'l Kassem n'avait ordonné que de simples actes de pillage vers les côtes de Calabre. Ses bandes y avaient enlevé de nombreux troupeaux, puis, gênés dans leurs mouvements par ces immenses impedimenta, ses lieutenants avaient l'ail égorger tous ces animaux. Ce ne fut que plus lard que l^'niir mil eu |ici'sonne le pied sur le continent italien dans des opérations plus importantes.

L'année qui vit la mort de Jean Tzimiscès, en '.)7(i, la Chronique du pj'otospathaire Lupus dit encore que les Sarrasins assiégèrent vainement la forteresse de Gravina. (k'ile-ci est située à environ treize lieues et demie au sud-ouest de Bari. Encore là quelque simple expédition de pillards.

A cette même date environ, nous savons aussi, par un des rarissimes diplômes de l'épocjue parvenus jusqu'à nous, que le catépano impérial pour les tlifUics ilidiens se nonuuait Michel. On possède aux arcbives du

(1) (.(Botontum, Balonlem .u Et non BuUirinlo on linllnolon d'Kpirc, ainsi qu'on l'a cru par erreur.

(2) Le cadi Sehehàb od-Din, Nowa'iri, Aboulféda, la Chronique de Salerne.

(:i) Nnwaïri et Scheliàb ed-Din dans U. di Gregorio, Rerum arubicarum, qiiie ad hisloriiim iirulain speclant, ampla Collectio, l'alorniu, HOu.

LES THÈMES BYZANTINS iriTAUE

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PHOTOGRAPHIE réduite d'an Dliihjme sav parclu-inin au nom df Michel "unthypatos, patrice et catépano d'Italie », en date de mai 073, conservé aiuv arch'n-es da Mont-Cassin . Ce document est encore muni de son sceau, de plomb.

Mont-Cassin (1) un (lucuiiiriil ilii mois de mai de l'année 973 par lequel ce

(1) Voy. Triiichera, op. cit., p. VI, n" VU, annus mundi (J183, Imlicl. Vil. Voy. dans Kr. Lenormant, La Urande Créce, II, p. 402, l'onyinc (Je ce titre bizarre porté par le gouverneur en cher des thèmes byzantins d'Italie. En ICIj encore, le titre de catapan se maintenait il Bari dans les fonctions municipales. Voy Ueltrani, op. cil., p. i,v.

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personnage, qui s'intitule « anthypatos (1), patrice et catépano d'Italie », confirme un privilège aux moines de l'église et du couvent de Saint-Pierre dans la cité de Tarente. C'est même le plus ancien document connu dans lequel figure ce titre nouveau de catépano d'Italie. Le haut fonctionnaire y raconte que, comme il s'apprêtait à aller prier « dans le temple du prince des apôtres qui, avec le monastère auquel il est annexé, se trouve situé dans le kastron de Tarente », il a vu venir en suppliants les moines de ce couvent, se plaignant à lui de ceux qui sans droit traversaient leur propriété, lui apportant pour qu'il en })rit connaissance certains privilèges à eux jadis accordés, il ne dit point à quelle époque, par le spathaire et chrysotricliniaire impérial et stratigos du thème de Longobardie Constantin et par le patrice et illustrissime catépano d'Italie Michel, évidemment un de ses prédécesseurs homonymes. Ce sont ces mêmes privilèges qu'il confirme dans ce document. A ce parchemin précieux est encore appendue la bulie de plomb de ce haut fonctionnaire, un des Ijien rares sceaux de cette époque ipii aient échappé à la destruction. Sur une face figure la croix; >nr l'autre, mi lit le nom du catépano et ses titres (2).

Si rilalie du nord et du centre jouit d'une grande paix immédiatement après la mort d'Othon P' et l'avènement de son fils, il n'en fut donc pas tout à fait de même pour les provinces méridionales de la péninsule, où les calamités de cette guerre incessante de déprédations et de pillages recommencèrent vite. Même en dehors de l'état de guerre, l'empire d'Orient fit encore une grande perte en ces parages, celle de sa suzeraineté sur Salerne. Voici le récit de cet événement tel à peu près qu'il nous est donné par Giesebrecht d'après les sources.

Bien que, depuis le mariage d'Othon avec Théophano et dui'ant tout le reste du règne de Jean Tzimiscès, la paix fût censée régner officiellement dans l'Italie méridionale entre Byzantins et Allemands, les deux partis n'en demeuraient pas moins constamment sur le qui-vive, et le vieil esprit d'hostilité entre Orientaux et Occidentaux se signala maintes fois par des conflits

(1) Proconsul.

(2) Voy. ce document gravé sur la page précédeute. C'est certainement ce catépano Michel qui aura en cette année g'ÎS envoyé son lieutenant Zacliarias reprendre sur les Sarrasins la place de liitonlo.

/,£"*■ THEMES BYZ.iNTl.XS D' ITALIE

jiarliels qui monacniciil chaque fois (1(> ralluuii'i- uu incendie général. A la lète (lu ]iarti allciuund se trouvait toujours encore le prince de Bénévenl, I^andolfe Tète de For, alors sans contredit le prince le plus puissant de la ])éninsule. Outre ses principautés héréditaires de Capoue et de Uénévent, OUion I" lui avait donné en fief du royaume d'Italie le heau duché de

MINIATURE d'an innnaiicrit de la Bibliothèque Casanainnsc à-Rojne, manuscrit dit E\ultet Casanatonse, exécuté vers la (in du X"" Siècle pour Landol^c l"', archcvéïjac de Bénévcnt. — La Vierge et l'Enfant Jésus entre deux anges.

Spolète avec la marche de Camerino. Il lui avait aussi laissé une armée pour défendre l'Italie centrale contre toute agression des Grecs.

Dans les Etals de ce prince, l'influence allemande doniinail donc sans conteste. Il n'en était point de même dans la principauté voisine deSalerne. Dès 973,PandoIfe, avide de vengeance et de pouvoir, avait tenté de détacher violemment le vacillant Gisulfe de l'alliance qui lui avait été imposée par les Grecs. Après avoir ravagé le territoire de Naples, il avait i)aru devant Salerne avec une armée, mais il avait trouvé cette petite capitale admiraliirinent défendiu' cl Gisulfe si hien jm'paré à le recevoir ((u'il avait dû se

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retirer. Sa fortune cependant devait lui fournir peu après une autre voie pour arriver à son but. A Salcrne vivait pour lors un prétendant à ses propres États à lui ; c'était Landolfe, le fils d'AténuIfe II, l'ancien prince de Capoue. Après de longues adversités dans un dur exil, ce personnage errant avait reçu de Gisulfe un accuril liiiiivi'illant. Mais sa vive ambition ne le laissait pas en repos. L'ingrat ne songeait qu'à se substituer à son bienfaiteur jiour jtouvoir attaquer ensuite plus sûrement Pandolfe avec les forces de la principauté de Salerne. L'attitude ambiguë de Gisulfe avait dès longtemps inspiré une vive méfiance au parti grec dans cette dernière ville. Landolfe se posa habilement comme son champion. Avec l'aide de ce groupe nombreux, énergiquement appuyé d'autre part par les républiques de Xaples et d'Amalfi, sous la conduite de leurs ducs et patrices Marino (1) et Mansone toujours favorables à l'alliance grecque et ne iiouvant se résoudre à renoncer à leurs antiques liens avec Constantinople, même lorsque celle-ci se voyait dans la nécessité de les abandonner, il réussit à détrôner Gisulfe dans l'été de 973 et l'expédia secrètement sous bonne garde avec sa femme à Amalfi. Le traître croyait toucher au succès. Il avait compté sans Pandolfe Tète de Fer qui apparut aussitôt. Menacé dans ses intérêts, le prince de Capoue et Bénévent se posait encore en vengeur et en sauveur d' autrui. Dès le mois de mai 974, malgré la courageuse résistance des Amalfitains, il réussit à s'emparer de Salerne et à y restaurer l'autorité de Gisulfe. Celui-ci dut, pour prix du service rendu, accepter pour corégent de sa principauté le second fils de Tète de Fer, appelé comme son père Pandolfe. Depuis ce moment Salerne aussi reconnut la suzeraineté de l'empereur germanique, se trouvant ainsi détachée une fois de plus de sa vassalité byzantine. Landolfe détrôné se réfugia à Constantinople, devenue de plus en plus le lieu de rendez-vous pour tous les mécontents

(1) Marino II élait le fils du duc Giovanni III, partisan de l'Allemagne. Il lui succéda à l'époque du retour de Luitprand de son ambassade à Constantinople. Il pencha de suite pour l'alliance avec Byzance, qui était pour lui la politique naturelle. Il en fut récompensé par les titres de patrice et d'anthypatos impérial. De même, Mansone III d'Amalfi se rallia aux Grecs au i.'rand mécontentement de l'empereur allemand et du pape, à ce point dévoué à ce dernier, qu'il maintint l'infériorité de grade ecclésiastique des sièges de Xaples et Amalfi par rapporta ceux de Capoue et Bénévent. Les deux capitales du fidèle Pandolfe Tête de Fer. premières entre les cités du sud de la péninsule, furent élevées au rang d'archevêché en 968 et 969. Naplcs et Amalfi ne le furent, la première qu'en 99S, la seconde que plus tard encore. Salerne le fut en 999. 'Voy. Schipa, // ducato di Napoli [Arch. stor. perle prov. napol., 1893, fascic. 111).

MiyiATVRE d'an manut^crit de la flihliutht-tiuc Casaiiiitt'nst^ à lioriic, dit KxuUot Casanatens«, iwmité vers la fin da .Y"" Siècle lutur Landùlfe !''>', archevéïjae de Bénci/ent. — La bénédiction da cienje pascal.

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(lu nouvel ordre de choses établi en Italie. Il y réclama aussitôt l'aide du hasileus Jean. Certes ce prince à l'âme guerrière n'eût pas demandé mieux que de soutenir vivement par les armes aussi bien les prétentions de ce personnage que celles de cet autre réfugié à sa cour qui avait nom le pajie Boniface. si loulc son ailenlion n'avait été impérieusement sollicitée du côté de l'Orienl. innuédiatement après la défaite définitive des Russes, et cela durant tout le reste de son règne si court.

I>u bien rares documents sont parvenus jusqu'à nous de cette période de la ilomination byzantine en Italie. Cependant, outre celui que j'ai déjà cité {1\ les archives de JN'aples contiennent d'assez nombreux actes d'ordre administratif délivrés dans cette ville aux noms de Jean Tzimiscès et de ses deux jeunes collègues, preuve que la répulijique napolitaine reconnaissait toujours, du moins officiellement, la suprématie de l'empire d'Orient. Ces actes sont datés des années 970 à 976 : il y en a de chacune de ces années 2 . In du mois de novembre de l'année 973, du duc de Xaples .Mariuii. jimlanl niniirmation de biens à un abbé, est rédigé, probablement par suite dun oubli de l'officier civil, au nom des seuls Basile et Constantin, Jean Tzimiscès ne se trouvant pas mentionné (3). Ce duc Marino, second duc de ce nom, fils de Jean, et qui, dans ce document, se qualifie d'anlhypatos impérial el de patrice, gouverna la république napolitaine pendant Inut le règne de Jean Tzimiscès, de 969 à 976. Durant tout ce temps, je I ai dit, il se montra le partisan zélé et résolu de l'alliance byzantiiir. il ninui'ut \iTs 977 (4).

i^iluc entièrement du côté des Russes et de la Bulgarie, en |)aix en Italie avec l'empire allemand par le mariage de Théophano, débarrassé de tout grave souci inlérieiu' drjuiis la défaite du ]irélen(lant Bardas l'iiocas, plus populaire (pie jamais à Byzance par ses victoires éclatantes sur le Danube, aussi par les mesures heureuses décrétées par son gouvernement

(1) Voy. p. m.

(2) Capasso, Mtmum. ad neapolil. hist. peilinentia, t. II. i" partie, pp. 122 à 139, numéros 191 à 209. Voici la suscrlption d'un de ces actes daté de l'an 972: « imperanle d. n. Basilio m. i. an. li sed et Conslanlino m. i. fralre ejits an. 0 sed et Johannem. i. an. in. On le voit, Jean Tzimiscès n'est cité qu'en troisième ligne, ce qui était da reste régulier.

(3) Il Basilio nosiro magno imperatore el C. »

(4) Scliipa, // dticato di Xapoli, cliap. x, p. 472.

ÉVÈyEMESrS DE SYRIE 219

flans cet hiver de 972 à !»":'> •jii'il venait «le |tasser à Gonslantinople, le basilcus Jean |iniivail onliii rr|Hiil('i- toiilcs ses pensées, loiile sa i:'iiornère énergie vers cet Orient sarrasin toujours gros de menaces, vers ces i)rovinccs de la Haute Syrie, de la Phénicie du nord et de la Cilicie i|ui venaient à peine d'être reconquises par Nicéphore Pliocas sui- l'éternel ennemi musulman.

La silualion île ces nouveaux territoires dem|iire. imparfaitement protégés contre le constant pi ri! sarrasin, n'clamait impérieusement les soins du basileus, car déjà ils menaçaient d'échapper derechef à leurs maîtres chrétiens. La prise d'Alep parles troupes grecipies. (pii avait ilélerminé prescpie au moment de la mort de Xicéphore, sur la limite des années 9C'J et !)70, la signature du traité de paix pla(;ant sous la suzeraineté des empereurs de Roum la principauté' des Ilamdanides, les nombreuses défaites des armes musulmanes, la conijut'tc par les guerriers byzantins de plusieurs forteresses syriennes, surtout <i'lie de la Grande Antioche, la mélro|iole du Sud, avaient violemment consterné et agité les esprits de cet immense monde musulman à cette époque encore si fanatitpie. Tout hou croyant en Asie ne rêvait ijuc île venger tant d'Iiiiniiliations.

Il nous faut revenir aux débuts du règne de Jean Tzimiscès. «. Tous les enfants d'Agar, disent les chroniqueurs byzantins 1;, habitant toutes les régions du monde, toutes les nations attachées à la religion de Mahomet, les Musulmans d'Egypte, de Perse, les Arabes de l'Llam et ceux habitant l'Arabie heureuse, les Sabéens eux-mêmes avaient été vivi.'nient aiTectés jiar la j)erte d' Antioche et des cités syriennes. » Dès la lin de l'année '.iTtl. Imis cent suixaiitiéme année de rilégirc. an dire de Sl<ylitzès, de Cédrénus, de Zonaras, une vaste coalition s'était formée pour rejirenilre aux chrétiens ces grandes cités d'Alep et d' Antioche, et ces annalistes affirment qu'il y eut à ce moment une levée d'armes presque générale, un mouvement (drensif très important des forces sarrasines. 3Ialheureusement ils ne nous parlent de ces faits que tout à fait en passant et ajoutent seule-

(I) Skylilzi'js surtout, puis, d'après lui, Cédrénus et aussi Zonaras, nous fournissent le plus lie détails sur ces faits. Léon Diacre ne dit presque rien de la lutte gréco-arabe sous le rogne de Jean Tzimiscès.

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ment que « des troupes musulmanes régulières et irrégulières, accourues en nombre de partout, surtout d'admiraldcs contingents africains, tous, au nombre de cent mille, sous la conduite de l'émir Zoliar, chef aussi brave qu'éprouvé, vinrent assiéger Antioche ». Suit le détail du siège.

Ce récit obscur des historiens byzantins n'est qu'un lointain écho d'un des principaux incidents de la grande marche en avant exécutée en Syrie par les lieutenants de Djauher, immédiatement après l'entrée de celui-ci au vieux Kaire au nom de son maître le Khalife fatimite Mouizz. Longtemps on n'a possédé sur cette attaque des Egyptiens conlie Antinclie que ce seul renseignement. Grâce à Yaliia nous sommes aujourd liui inliniment mieux informés.

En attendant la venue de Mouizz au Kaire, lequel n'y devait faire son entrée qu'en juin 973, son fameux généralissime Djauher, le conquéi'ant de l'Egypte, avait envoyé en Syrie l'émir Djafar ben Fallahqui s'était successivement emparé au nom ilu Fatimite des principales villes de cette province. En dernier lieu ce capitaine était entré à Damas au mois de moharrem de l'an 359, c'est-à-dire dans le courant des mois de novembre ou de décembre 9(i9; mais dès le jeudi, sixième jour du mois de dsoulkaddah de l'année suivante (1), il avait été battu et tué sous les murs de cette ville parles terribles envahisseurs karmathes alliés aux partisans des Ikhchidites et des Abbassides, dont le chef, le chérif Aboul-Kassem Ismaïl ben Abi lali, qui fut pris, avait revêtu le costume noir. Le généralissime des Karmathes Hassan ben Ahmed, surnommé El-Acem, maître de Damas, avait, du haut du niernber ou chaire à prêcher de la grande mosquée, prononcé des malédictions contre Mouizz et ses ancêtres et fait rétablir le nom du Khalife abbassidfi Mothi dans la prière officielle. S'emparant rapidement de toute la Syrie, il s'était mis en marche incontinent sur Ramleh, et de là sur rÉg\ptc, qu'il avait envahie. Mais il s'était fait battre par Djauher sous les murs du Kaire le 24 décembre 971 après une lutte acharnée. Il menait à sa suite, disent les chroniqueurs, quinze mille mulets chargés de coffres qui renfermaient ses trésors, des vases d'or et d'argent et des armes, sans compter ceux qui portaient les lentes et les bagages. Les vainqueurs pillèrent ce camp somptueux. Djauher fit publier dans toute la ville du Kaire (1) Aoùt-scptembre 971.

L'EMIll DJAFAR

que quicon(|ue amènerail le chef des Karmathes vivant, ou présenterait sa tète, recevrait pour récompense trois cent mille pièces d'argent, cinquante vêtements de gala, autant de clievaux tout sellés, et une triple paye. Hassan réussit à s'échapper, mais son armée éprouva des pertes énormes (1).

MUR.ULLE Byzantine d'Antiùche vers le soiniÊiet île l'enceinte. — J'Iiotuijraphie comnianiquée

par M. M, Van Berchem.)

Voici ce que Yahia raconte de ce Djafar qui est, on l'a reconnu déjà, le même que le Zohar des Byzantins (2), durant le court espace de temps pendant lequel il gouverna la Syrie au nom de Mouizz : « Djafar ibn Fallàh envoya de Damas une grande armée sous le commandement de son esclave Foutonh contre Antioche en l'an 360 (3), et celui-ci assiégea cette ville durant cinq mois et ne put rien faire contre elle ni par force ni par ruse, et

(1) Au mois de ramaJhan de cette même aaaée 361, Djauher reçut au Kaire une ambassade et HU présent du basileus Basile- Voy. Quatremùre, op. cit., p. 84.

(2) Cédivnus, II, p. 383. — Yahia le nomme Djafar ibu Fallàh. Voy. Rosen, op. cil., p. 63. — Voy. Lambine, op. cil., p. 71, <(ui confond à tort le Zohar des Byzantins avec Djauher, lequel ne vint jamais jusqu'à Antioche.

(3) 4 nov. 970 au i oct. 971. Ou voit que les dates concordent exactement avec le récit des BvzautiDs.

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Jean Tzimiscès était à ce moment occupé à faire la guerre en Bulgarie. Et le KarmatheEl-Acem étant venu en Syrie, Djafar ibii Fallàh fit rappeler Foutouh et son armée pour le renforcer dans sa lutte contre le chef karniathe, et alors les Africains s'éloignèrent d'Antioche, après que ses habitants eurent bien souffert delà détresse et du siège. Et quand Foutouhse futainsi éloigné, un tremblement de terre eut lieu à Antioche et une partie considérable de ses murailles s'écroula. Et le basileus Jean Tzimiscès envoya Michel al- Bourdgi (le célèbre Bourtzès) avec douze mille ouvriers et maçons, et celuici reconstruisit les portions du rempart écroulé et remit la nniraille dans son état primitif. »

Ce précieux récit de Yahia, si court, mais si précis, nous renseigne merveilleusement sur cette attaque dirigée contre la grande forteresse chrétienne du sud par les troupes africaines de Mouizz le victorieux. C'est donc le retour offensif des Karmathes en Syrie dans cette même année qui fut l)ien le vrai motif de la retraile îles lieutenants de Djafar ilm Fallàh.

Nous allons voir ipir la \ti-~i(in des Byzantins est quelque peu différente. Ils affirment, en elVet, que les Egyptiens durent se retirer parce que les Grecs les avaient battus. Suivant eux aussi, le siège traîna en longueur. Le danger cependant fut immense, car les contingents africains de Djafar, les fameux guerriers du Magreb (c'est ainsi qu'on désignait à cette éj)oque l'Afrique du Xordj, les Maugrebins en un mol qui, sous la conduite de Djauher, avaient conquis l'Egypte, passaient en ce temps pour les meilleures troupes arabes de terre comme de mer. Mais la garnison byzantine opposa la plus obstinée résistance à ce grand |iéril. De son côté, poursuis eut les Byzantins, Jean Tzimiscès, dès qu'il eut ajqiris ces graves événements, retenu (|iril (■(ail lui-nirnie au Palais Sacré par les soucis de la résistance à opposer aux Russes, avait mandé, sans perdre un jour, au stratigos du thème de Méso|)otamie, probablement le chef militaire le plus voisin du théâtre des hostilités, de voler avec ses troupes au secours des assiégés. En même temps il avait expédié directement avec d'autres contingents un de ses [dus dévoués eunuques, capitaine renommé, le patrice Nikolaos, peut-être le même personnage que l'ambassadeur auprès du Khalife, dont j'ai parlé plus haut 1 , auquel il confia le commandement

(1) Voy. p. 210.

ANTIOCIIE ATTAQUEE PAR LES EGYPTIEXS 223

en chef (les opérations. — Xikolaos, anssilùt qu'il eut rallié le stratigos de !Mé.sojiotamie, marcha sur Antioehe. Bien qu'avec des forces infiniment moindres, dans un unique et brillant combat, il battit l'ennemi et le mit en fuite, si bien qu'Antiocheet les cités voisines se virent du coup délivrées (Ir Iniil péril. Les seuls historiens byzantins et Yahia, je le répète, ont jpaib- (le cette infructueuse agression des troupes égyptiennes contre Anlioche, en 970. Les historiens arabes n'en soufflent mot. Combien il eût été intéressant d'en savoir davantage sur ce premier choc en Orient, dans les campagnes de Syrie, entre les troupes impériales et ces noirs soldats africains du Fatimite avec lesquels les Byzantins ne s'étaient jusqu'ici mesui'és que sur les rivages d'Italie et de Sicile.

Yahia, qui est seul parmi les Orienlaiix à nous parler de ce siège, est seul aussi à nous apprendre que le duc inijtérial à Antioche, après cet événement, fut de nouveau ce Michel Bourtzès dont cette ville avait vu l'an d'auparavant les premiers exploits glorieux. La part que ce chef avait prise au meurtre de Xicéphore n'avait guère entravé sa brillante carrière. Enfin, c'est toujours par le même écrivain que nous apprenons les dégâts terribles causés dans; la capitale de la Haute Syrie par le tremblement de terre qui suivit de si près l'attaque des Africains. C'est par lui que nous connaissons ce détail curieux de cette armée d'ouvriers fournie au nouveau duc d'Antioche par le basileus pour réparer de suite les remparts jetés bas par cette catastrophe et mettre la grande forteresse en état de repousser toute attaque des troupes d'Egypte. Les Karmathes, en battant et tuant Djafar ilm Fallàh, se chargèrent de rendre, pour le moment, impossible cette agression nouvelle qui semblait imminente, puisque le basileus croyait devoir, pour la conjurer, prendre des dispositions extraordinaires.

Certainement .Michel Bourtzès avait obtenu de Jean Tzimiscès ce grand commandement en récompense de la part prise par lui à la tragédie de la nuit du 10 décembre (1).

Les deux corégents d'Alep, Bakgour et Kargouyah, vassaux de l'empire grec, qui avaient dépossédé de sa cMpilalr leur ancii'U maître, l'émir

(1) Skylitzés et CédrOuus, II, p. 417, disent aussi, iaciiiemment, que MicUel Bourtzès fut nommé duc d'Autioche, ce qui correspond bien au récit de Yatiia, mais ils ue disent pas à quelle occasion.

224 JEAX TZIMISCES

Saad, seniLlùiit ùlre demeurés eu ces graves circouslauces fidèles au basileus Jeau. Du moins ils paraissent avoir conservé une neutralité expectante durant ces ju-emières hostilités en Orient sous le règne de ce prince.

11 faut vraisemblablement rapporter environ 'à celte même époque de l'année 970 l'attaque par les impériaux de plusieurs places de la frontière d'Arménie et de la région de l'Euphrate, notamment celle de Homs, l'antique Énièse, attaque dont font mention certains chroniqueurs arabes, entre autres Aboulféda. Voici le récit de ces faits tel qu'il nous est donné par Freytag (1). On a vu qu'après le traité d'Alep en décembre 9G9ou dans le mois de janvier suivant, les troupes grecques ayant évacué cette ville, et les infidèles lieutenants du prince hamdanide, devenus les vassaux du basileus, ayant continué à exercer conjointement le pimvoir dans cette grande cité dont ils avaient chassé l'émir Saad, celui-ci avait dû se retirer successivement à Hamah, puis à Raphanée ou Rafeniyah, ensuite à Emèse, enfin à Maarret en Noaman, toutes cités qui reconnaissaient encore plus ou moins son autorité et qu'il habitait les unes à la suite des autres suivant les hasards de sa vie errante et de sa mouvante fortune. Durant ce même temps c'était sa courageuse mère '2) qui exerçait toujours encore en son nom le pouvoir dans une autre de ses villes, celle qui lui était la ])lus chère, comme à tous les Ilamdanides, Mayyafarikin, l'antique Martyropolis, où se trouvait la sépulture des princes de sa race. A ce même nionient. parait-il, les troupes grecques de ces parages se préparaient à une expédition contre les places fortes sarrasines du haut Euphrate, contre Malazcarda ou Manazkerd d'Arménie entre autres, qui fut prise par elles (3). Le Diàr-Belvirétaitégalementà nouveau l'objet des convoitises des Byzantins. La mère de Saad, ayant appris qu'ils se mettaient en marche pour envahir cette [irdvince, craignit de ne pouvoir avec ses seules forces défendre Mayyafarikin. Elle se démit donc du puuxdir et laissa les habitants se tirer d'affaire à leur gré. Alors ceux-ci demandèrent à leur voisin l'émir Alton Taglib, cousin de leur seigneur, de leur donner un gouverneur. Il leur

(1) Op. cit., XI, p. 235.

(2) Voy. Un Empereur Byzantin au Dixième Siècle, p. 714.

(3) Elmacin [op. cit., p. 280) rapporte ceUe prise de Manazkerd à l'an 3j3 de l'Hégire^ sii aQuées auparavant. La vérité est probablement que Manazkerd, prise à cette époque par les Grecs, plus tard reperdue par eux, retomba en leur pouvoir en l'an 339 de l'Hégire.

liESTESdc la MuraiU, Dy,.,n„nc ,/ .-UmocUc dans .a i.arù, ..,, aui^oinl appelé Bal, Al-Uadid (Pnotoyrajjhie comrauniijuéepar M. M. Van BcrcUem.)

2i6 JEAN TZlMl.^CEi:

envoya Aboul-Fewaris Ilfzarmai'd, jadis un des principaux niamlouks do son illustre oncle Seîf Eddaulèh.

On ne nous dit point si cette lois les Grecs assiégèrent Amida. Us attaquèrent en tout cas Émèse et voici dans quelles circonstances : On a vu que, [lar suite du traité d'Ale|i. la principauté de ce nom était tenue lie iiaver à l'empire de Rouni un Irihut annuel fort considérable. Une porlinii de ce tribut avait été altiihuée, bien que le texte même du traité, qui nous a été consené, demeure muet sur ce point, à l'ancien émir dépossédé, pour les territoires qui lui avaient été laissés en toute souveraineté et proportionnellement à rim]iorlance de ces territoires. Saad, auquel les deux régents d'Alep et les anciens de la ville avaient écrit à ce sujet dès la fin de l'an 3o8 de l'Hégire (1), n'ayant point jiu ou voulu remplir les obligations qu'un lui avait ainsi imposées, apparemment sans le consulter, des troupes grecques fpro!)ablemenl un détacbenienl de la garnison d'Antiocliei assailliniit à l'inqiroviste et saccagèrent la ville d'Emèse. Sur le sommet de l'antique église de cette ville transformée en mosquée on admirait une statue de bronze portant un poisson d'une main. Cette statue tournait aux quatre vents. Les Sarrasins la tenaient pour un talisman redoutable [2). Koktàs, lui aussi ancien traban de Seif Eddaulèb, actuellement gouverneur de la forteresse de Barzouyeh pour Saad, auquel il était demeuré fidèle, accourut rejoindre celui-ci avec un immense convoi de vivres et de fourrages qui permit à l'émir de ravitailler ses guerriers fort dépourvus. Aussitôt ajirès la retraite des impériaux vainqueurs, Roktâs mena ces troupes ainsi restaurées dans cette malheureuse cité d'Emèse si brutalement violée, et la fit relever de ses ruines pour le compte de l'émir, Celui-ci était, nous ne savons pour quelle cause, demeuré dans les parages de llamah et de Rafeniyah.

Lorsque Émèse eut été débarrassée des souillures de l'invasion (3), Saad, abandonnant ses dernières résidences, vint s'établir dans cette cité, une des plus puissantes de la Syrie à cette époque (4), défendue par une

(1) 25 nov. 968 au 12 uov. 969.

(2) Voy. .Mokaddasy, op. cil., p. lo.

(3) « CeUe Tille a soulTert de terribles iiirortunes el menace actuelleuieat ruine », dit .Mokaddasy qui écrivait ver$ l'an 98j, op. ol., p. lo.

(4) l/jiJ., p. 13.

SITU.lTinX HE L'ISLAM l-:.y iSIE 227

Imiili' cilndcllr. De ce moment ses airaire:^ Ipi-irciil une loui-nure quelque peu meilleure. Kn elîet un accord était sur ces euln l'ailes intervenu entre; lui et Karijouvah. accord en suite duquel la |iricn' lui dite à nouveau à sou iKiin dans Aleji en signe de sa suzeraineté.

Ahuulféda, rapportant de son cùlé la prise de .Manazkord par les chrétiens,s'écrie avec l'accent de la ilnuli'nr qu'à crllr dalc ijr '.170 (!', « toute la Syrie maritime comme les régions de l'Kuphrate se Iroiivaiint iivn-es sans défense aux ciilrrprises des Grecs, pcrsuime n'étant plus là puni- n'imusser ceux-ci, personne ne protégeant jdus le pays, qui (■tait comme vide de défenseurs! » Dans ces quelques mots le chroniqueur national a l'ait une peinture vraie de ce qu'étaità cette époque, depuis les victoires de Nicéphore, la situation de l'Islam en Asie. Les Grecs étaient maîtres sans conteste dans toutes ces régions de la Syrie du Xord que venaient à peine de fouler les victorieuses légions du basileus assassiné. L'infortuné prince d'Alip. l'héritier des l)riilaiils llanidanidrs, lianni de sa capitale par ses lieutenants infidèles,errait de villeen ville parmi ilrs populations qui recunnaissaientàpeine son autorité. Ces lieuteuants eux-mêmes étaient irs iiumbles vassaux du basileus. Abou Taglib, lereprésenlant de l'autre branche des Hamdanides, le fils et le successeur de Nasser, bien déchu de sa puissance de jadis, ne faisait presque plus parler de lui sui' la frontière chrétienne, trop absorbé qu'il était par d'incessants conflits avec son suzerain direct le Khalife de Bagdad (2). Toute cette situation si favorable aux armes chrétiennes allait brusquement changer par le triomphe des Fatimites africains en Egjpte et l'apparition de leuis troupes victorieuses en Syrie. La levée du siège d'Anlioche n'était qu'un inrident heiu'eux [lour les Byzantins, qui ne devait point réussii' à ein-ayer l'exiiansinn africaine dans ces contrées.

Durant les premiers mois de l'an 972, Jean Tzimiscès fut complètement absorbé par les soins de la lutte formidable contre les Russes. De même il semble avoir consacré toute l'année suivante aux préparatifs de sa première grande expédition de Syrie, qui eut lieu en 97 i. Cependant il y eut certaine-

(1) Année 3:i9 ile l'Hégire, 1:5 nov. 9G!) au 3 nov. 970.

(i) En l'an 971 i'0|)eud,iut, dans une de ces notes si concises qui constituent à proprement parler les Annales JAbouIféda, nous voyons .\bou ïaglil) imposer ans cbrétiens de Mozala une amende de liOOOO <> zuzes « pour avoir tué deux Arabes qui s'étaient cachés de nuit dans l'église nestorienne (prœlef cœnobium Micliaelis).

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nieiil dans la fin de celle année "J72, jilulùl eueore dans le couranl de 'J7o, période qui correspond à peu près à l'an 362 de l'Hégire musulmane, ime nouvelle campagnede divers contingents grecs surle haut Euphrate, et cette campagne malheureuse fut même, semldc-l-il, une des causes principales (jui hàlèrenl celle de l'année suivante. De cette première expédition les chmniqueurs arabes, Aboulfaradj entre autres, et les historiens nationaux d'Arménie. Etienne de Darùn, dit Acogh'ig (1), et Malhieu d'Edesse, disent uniquement ceci : « Le grand domestique des forces impériales en Orient, -Mleh (un Arménien certainement, ainsi que l'indique son nom, personnage sur lequel se taisent du reste entièrement les chroniqueurs byzantins et qui ne se trouve cité que dans cette seule occasion), franchissant le haut Euphrate avec des forces considérables, pénétra, dans le cours de cette année ',173, dans l'Al-Djezirah (c'est-à-dire la Mésopotamie; et mit une fois de plus à sac toutes ces i-égions infortunées, les ravageant aiïreusemenl, semant l'épouvante devant lui.

Il saccagea surtout horriblemeiil la ville et les campagnes de Nisibe vingt-deux jours durant, ruina celle cité prospère, dévasta et brûla ses riches moissons et celles de Mayyafarikin et d'Edesse, battant « avec la protection évidente du Christ » les Infidèles dans une foule de rencontres, réduisant les habitants en esclavage ou les massacrant (2). Fier de ces succès, il \\n{ ensuite mettre le siège devant Malatya, la Mélitène des Croisades, (jue Alalhii'u d'Edesse nomme encore imniprusement Tigranocerte. Il la conquit |iar la famine, puis alla atlacpier Amida qui est Diàr-Bekir, sur le Tigre yi). Tout ceci avait pris plusieurs mois.

Le gouverneur d'Amida, Abou'l-lliai (i), éperdu devant l'agression des impériaux aussi subite que violente, appela à son secours Abou Taglib, son suzerain, qui résidait pour lors à Mozala (5). Celui-ci lui

(1) Op. cil., 1. III, cbap. X. — Tcliamtchi.in .iiissi, op. cit., Il, 843.

(2) D'après Ibu Khaldouu, cette prise de Nisibe par les Grecs eut lieu déjà le 17 de moharrem de l'au 362 de l'Hégire, soit le 29 oct. 972 (Weil, op. cit., 111, note 1 de la p. 20).

(3) Aboulfrda est ici le seul à citer Edesse comme ayant été également attaquée cette fois par les Grecs.

(4) Ibn KbaUbiun (Weil, op. cil., III, 20, note 1), et llm el-Albir aussi (o/^. cit., VIII, p. 401) disent qu'il s'appelait Ilezarraard (voy. p. 2261, un esclave (ou écuyer) d'Abou'l-Ileïclji'i ilm llamdan. Murait, lui, dit, probablement par erreur, qu'Abou'I-Hiai était gouverneur d'IIezarmard? (op. cit., 1, p. 557, note 6).

(5) Voy. la note 2 de la p. 227.

EXl'F.D/riO.X PIC MLi:iI E.y MÉSOPOTAMIE

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CHEF TURC de la Police à Baijdad, siégeant d son Tribunal. — (Miniataro d'an ti'és ancim manuscrit ai'abe, appartenant à M. Sche[er).

expédia des Iroujics sdus le (•oniniaiHlcnicnl de sdii frère Abou'l-Kassem Hibet Allah (1), guerrier intrépide, aulre iils de Nasser Eddaiilèh. Ceci se

(Ij V.iy. Ihn el-Athir, loc. cit., ri Woil. op. cil., III, pp. l'J-20. 11 dit « frèro », dans la note de la page 20, d'aprî'S Ibn Kliukldim.

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