TROUBLES A BAGDAD
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SCENES (le la lie il,- Bazar li Bcnjdud. — (Miniatnre d'an très ancien manuscrit arabe,
apjiart.-n'int à M. Ch. Schcfer.)
làclii' .Miillii lui fiiluLiré par uihj l'unie liurlaiilf faisant caust' commune avec les rui^ilifs, réclamanl à çcramls cris la proclamation immédiate de la guerre sainte. Les partisan- du KlialilV' riirnil iiioli'stés. Les émeutiers, finaleiiirnl repdussi's, après ipir les pui'irs ilii palais currnt i''[r l'rrinées, se répandiicnl m imprécations el demandèrent à l'émir Azzad KddaulMi de
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Koiifah de prendre la conduite des opérations et de les mener au bon combat contre les chrétiens maudits. Ils crurent aussi avoir réussi par leurs tumultueuses doléances à réveiller quelque peu de sa torpeur l'indolent maire du palais Bakhtyàr, lÉmîr al-omérâ en qui tout le pouvoir efîectif résidait et qui, oublieux de ses devoirs, avait été jusque-là fort occupé à chasser dans les campagnes de Koufah, tandis que h\ patrie musulmane courait de si pressants dangers. Comme secoué du sommeil, il jura aux principaux habitants de Bagdad délégués auprès de lui par les émeutiers, de fournir un prompt secours aux territoires envahis par les chrétiens et d'en chasser ceux-ci nu lieu de guerroyer contre ses propres coreligionnaires, comme on le lui repiochait (1). En même temps il réclamait du KhaHfe, avec une feinte énergie, l'argent nécessaire pour armer les troupes.
Mais Motbi mit la plus mauvaise vulonté à se plier à ces désirs. Tout ce qui fut tenté auprès de lui le fut en vain. Il semblait vraiment que ce déplorable souverain se moquât de lnut et de tous. Il répondit avec quelque ironie à Bakhtyàr qu'il n'avait point d'argent, qu'il ne comprenait point qu'on lui en demandât, alors qu'en dehors d'un pouvoir tout nominal et de l'honneur d'entendre son nom prononcé le premier dans la prière publique, on ne lui avait en réalité laissé aucune autorité. 11 déclara que si on le poussait à bout, il préférait abdiquer. Bakhtyàr, enfin exaspéré, le menaça des plus graves extrémités, le souunant d'en finir avec d'aussi impies tergiversations. Alors le Khalife, tremblant pour ses jours, donna ordre de mettre en vente son argenti'rie. Le prndnit. (jui ne fut, paraît-il, que de quarante mille dirhems, fut remis au Bouiide. La guerre contre les chrétiens ne profita, du reste, pas pniir un seul maravédis de cette somme si faible. Tout cela n'était quun prétexte pour l'avide Bakhtyàr. Tout simplement il poursuivit sa vie de plaisir, y consacrant tout l'argent envoyé par le Khalife (2). Durant ce temps les dévots, les fanatiques, tous
(1) Par exemple contre ïmran, fils de Cliabin. Voy. Ibn il-.Vtlur, op. cit.. t. ViU, p. 455.
(2) Le récit d'Ibn el-Athir est très détaillé : « Baklityàr, dit-il, permit aux habitants de Bagdad de faire les préparatifs militaires nécessaires. Il envoya l'ordre au chambellan Subukteguin de s'équiper pour la guerre sainte et de lever des troupes parmi la population. Le chambellan se conforma à ces instructions et une foule innombrable de recrues se réunirent sous ses ordres. En même temps, Bakhtyàr écrivit à Taglib, fils de Hamdan, prince de Moçoul, pour lui ordonner de sapprovisionnor en munitions et en vivres et lui fit connaître
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les crovants avides de coinballre le bon combat contre les chrétiens, en dépit de l'inertie des pouvoirs [tublics, continuaient à affluer vers la frontière du nord. Certes, grâce à cette coupable attitude des chefs, ils n'eussent pas réussi à contenir cette anni'e l'cirurl victorieux des Grecs, si, par une sorte lie niiiaclc, la catastrophe d'Auiiila, que je viens de raconter, n'eût arrêté ceux-ci à ce moment même et ne leur eût fait perdre en une heure les avantages remportés au di'luil de celli' rajiide campagne.
Durant que ces événements se déroulaient à Bagdad et dans la haute Mésojiotamie, les plus grands préjiaratifs militaires se |)0ursuivaient à Byzance et dans tout l'empire. Jean Tzimiscès s'apprêtait à partir, lui aussi, pour la frontière du Midi, cet éternel champ de bataille des armées chrétiennes et sarrasines. Après en avoir lini avec le péril du nord, il voidail, il espérait en finir de même avec cet autre péril toujours renaissant vers le sud. Son âme guerrière brûlait du désir de revoir ces poudreuses campagnes de Syrie où il n'avait plus remis le pied depuis les luttes brillantes de jadis aux côtés de Nicéphore Phocas, alors qu'il était encore le meilleur ami et le frère d'armes du héros. Les victoires de celui-ci avaient
sa résolution d'entrer en campagne. Taglib lui ivpondit avec des démonslratinns de joie et lui promit de pourvoir à toutes ses demandes.
«En cette mOme année, des troubles sérieux éclatèrent à Bagdad ; les factions se mirent en mouvement et s'insurgèrent; la lie du peuple se souleva ensuite et commit des déprédations dans la ville. La cause de ces désordres était la levée en masse dont nous venons de parler. Des groupes d'insurgés se formèrent sous le nom de parti des fils de famille ou des jeunes braves, puis les Sunnites elles Chiites et enfin la populace. Il y eut des scènes de pillage ; des personnages importants furent assassinés et des lnjtels incendiés, principalement dans le quartier de Kerekh, habité surtout par les négociants et les Chiites. Cette insurrection engendra aussi de l'hostilité entre le nakib el-achraf ou chef des chérifs (c'est-à-dire des descendants ou prétendus descendants du prophète), Abou Ahmed el-.Mousa\vy, et le vizir Abou'l-Fadhl Chiràzy. — Ensuite Bukhtyàr envoya un message au Khalife Mothi lillah et lui demanda des subsides pour la guerre contre les Infidèles ; mais le Khalife répondit : « La guerre sainte, » les dépenses qu'elle entraine et les autres affaires concernant les Musulmans étaient pour « moi une obligation lorsque le pouvoir ét;iil entre mes mains et que je prélevais les impôts. '• Mais aijjiiiircriiui, dans la situation où je me trouve, je suis affranchi de ces devoirs, ils Il incombent à ceux qui gouvernent le royaume. Quant à moi, il ne me reste plus que la kliot- (■ bah fpn'me du vendredi où le nom du Khalife régnant est proclamé dans toutes les grandes (I mosquées) : si vous voulez mon abdication, je suis tout prêt. » 11 y eut entre eux de longs échanges de lettres; enfin, sous le coup des menaces, le Khalife Almothi donna 400.000 dirhenis, mais il dut, pour réaliser cette sonnne, vendre ses vêtements royaux, des matériaux provenant de son palais, et d'antres choses encore, ce qui fit dire aux gens de l'Irak, aux pèlerins du Khorassan et au peuple que les biens du Khalife étaient confisqués. — Quant à Uakhiyàr, après avoir touché cette somme, il la dépensa pour ses besoins personnels, et il ne fut plus question de la guerre. »
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hion |ni reculer les bornes des terres chrétiennes, rendre à l'empire la (lilicie, Antioche et les forteresses syriennes, faire d'Alep une terre vassale, elles n'en avaient point fini pour cela avec l'adversaire musulman, cet adversaire opiniâtre, infatigable, acharné, qui, sans cesse relevant la lèle, chacpie année, les beaux jours venus, inaugurait à nouveau la guerre sainte sur toute une frontière. Certes du côté de Bagdad, le point de départ des temjiètes de jadis, cet adversaire était à terre, très himiilié par tant de défaites, affaibli par mille discordes, divisé et armé contre lui-même. Mais même de ce côté il n'en existait pas moins à l'état de danger permanent. Il pouvait à chaque instant susciter un trouble grave sur la frontière, organiser des expéditions désastreuses, inquiéter horriblement les populations des llièmes frontières, exterminer même des armées impériales. On venait de le voir par le sort lamentable du grand domestique Mleh et de ses troupes infortunées. Mais ce n'était là qu'un détail. Dans une autre région de cet immense Orient, l'ennemi héréditaire venait en ce moment même d'acquérir une force nouvelle prodigieuse par l'établissement d'un grand et puissant pouvoir de sa race en Egypte, l'empire du Fatimite Mouizz, élevé sur les débris de la souveraineté des Ikhchidites. Les armées égyptiennes, qui avaient à peine compté sous les plus récents basileis, étaient subitement redevenues redoutables ; elles pouvaient maintenant d'un jour à l'autre icpriiidre. elles reprenaient en fait l'ollensive de la guerre sainte, capables de lutter avec avantage contre les meilleures troupes impériales. Déjà, nous Talions voir, Mouizz, à peine installé dans sa nouvelle capitale de Kahira depuis l'été de l'an 973, sur le point aussi d'être définitivement délivré des Karmathes, un instant si dangereux pour sa naissante monarchie (1), s'occupait avec succès de recommencer la conquête de la Syrie du Nord après celle du Sud dont il avait détlnitivement hérité avec les autres dépouilles des lîls d'Ikhchid. Tous ses elîorts allaient tendre désormais vers l'accomplissement de cette vaste entreprise. Déjà ses troupes étaient rentrées dans Damas, qu'elles avaient enlevée de force aux Kai'mathes. On ne pouvait sans un infini danger laisser ainsi grandir et se rapprocher chaque jour des frontières de l'empire cette puissance nouvelle. Il fallait
(l)Leur dernière invasion en Egypte se termina par leur défaite co.iiplète dins le mois de ramadhan de Tan 363 de l'Hégire (26 mai 973 au 25 juin 974).
[•RL-PARArii:< DE CUERHE
PREDICATIOS populaire dans liaydatl. — {Minlatare d'un très ancien manuscrit arabe
appartenant à M. Ch. Scliefer.)
à linil jirix l'abattre aussitôt, du moins l'cmpècher de devenir formidable de ce côté. Il fallait de même profiter de l'anarchie présente du Khalifat
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de Bagdad pour prévenir el empêcher dans cette cité comme aussi à Alep toute re-;lau ration d"un pouvoir fortement centralisé. Car, à supposer que le Khalife Moilii à Bagdad, Saad dans son ancienne principauté, ou bien encore Abou Taglib à Mozala ou à Amida, réussissent à triompher de cette anarchie, à grouper aulmir d'un de leurs noms Iruiles les forces éparses des Musulmans d'Asie, alors loul pouvait être à redouter à nouveau, tout ])0uvail être à recommencer pour défendre et conserver la frontière si péniblement reconquise, au prix de si sanglants sacrifices, par le héros Nicéphore et ses vaillants généraux. En un mot, à tout prix, il fallait profiter de ce moment précis pour parfaire l'ceuvre si vaillamment commencée, pour abattre définitivement le Khalifat oriental moribond et tenter de l'aire de lnule l'Asie musulmane une terre d'empire ou du moins une terre vassale. Jean Tzimiscès, dans ses belliqueuses veillées du Palais Sacré, ne pensait à rien moins, et, il faut le dire, cette politique de conquête hardie ri immédiate lui élail en (juelque sorte imposée par les circonstances. Il n'y avait pas jusqu'à l'idée religieuse, si puissante à Byzance, qui ne l'y poussât avec la dernière vigueur. Jérusalem, la cité sainte, but de l'ardent désir de tant de millions d'âmes pieuses, alors déjà centre de tant de fervents pèlerinages, cité unique vers laquelle tous les regards de la chrétienté étaient déjà tournés, gémissait sous le joug cruel des lieutenants du Fatimite. Il semblait de toute nécessité qu'un basileus plein de piété, un empereur* pliilochrist», comme on disait à Byzance, accoui'ùt pour délivrer de ses chaînes la ville du Sauveur.
Tels étaient les pieux et glorieux projets que roulait dans sa tête l'hé. ro'ique arménien couronné, vainqueur des Russes, dompteur des Bulgares. Ces projets, Nicéphore Phocas, non moins héro'ique, les avait nourris avant lui. Une mort cruelle l'avait fauché avant qu'il ne pût les poursuivre, alors (ju'il n'avait encore pu que les inaugurer brillamment. <c Jean Tzimiscès, dit forl l>ien le sentencieux Lebeau, pensait à tirer Jérusalem des mains des Infidèles et à leur enlever toutes les conquêtes qu'ils avaient faites en Syrie et en Mésopotamie. Le dessein de ce prince prévoit de plus de cent ans celui des Croisades. Les droits anciens de l'Empire, toujours soutenus par les armes, quoique souvent sans succès, suspendus quelquefois par des traités, mais jamais abandonnés, légitimaient son entreprise, plus sans
CO.VriïA'T/O.V ENTRE LES VEXITIEXS ET LES riVZAXTINS 2:i:i
(Imite que les motifs de la rU'lip:ion, qui no mit jamais le fer entre les moyens de s'établir. »
Une aussi formidable entr(q)rise e\ii;eail d'immenses |iréparatifs, surtout succédant immédiatement h la g\ierre russe qui avait cuùté tant d'hommes et tant d'ari:cnl. .l'ai dit que ces préliminaires semblent avoir al)Soriié toute l'aclivili^ du liasilms .lean durant la lin de l'anm'e !I72 et toute l'année 973. L'expédition de Micli, si heureuse au début, terminée par un complet désastre, fut comme la préface de ce grand effort. .Naturellement ces préparatifs gigantesques ne purent être cachés aux Musulmans, ce qui est une explication de plus de la fureur ressentie par beaucoup d'entre eux contre l'incapable Khalife Mothi. Ils paraissent du moins ne point avoir été ignorés en Occident, et ce fut sans doute pour les favoriser (pu' les Vénitiens, vassaux du basileus, qui faisaient presque seuls alors en Europe, avec les Pisans et les Amallitains (1), le commerce d'Orient, et qui le faisaient déjà dans de très grandes proportions, défendirent dès l'an 971, par la voix de leur doge Pierre IV Candiano, sous peine de la vie à défaut d'une amende de cent livres d'or, à tout marchand de leur pays « de porter aux Sarrasins ni fer, ni bois pour construire ou armer des navires, bois provenant surtout des forêts de la Dalmatie, du b'rioul et de rislrie, ni armes d'aucune sorte, cuirasses, boucliers, épées, lances, ni aucune autre arme offensive ou défensive (armes sortant peut-être des forges de la Styrie et de la ('arinthie), rien en un mol dont ils pussent faire usage contre les chrétiens y>, défense, dit Muratori, souvent renouvelée, toujours violée par l'avarice et la cupidité. Les planches de frêne ou de peuplier de cinq pieds de long et les ustensiles en bois tels qu'écuelles, jattes, etc., étaient seuls exceptés. Les empereurs guerriers de la dynastie macédonienne devaient naturellement voir avec colère que des capitaines de vaisseaux vénitiens ne craignissent pas de fournir des munitions de guerre à ces mêmes Sari'asins cnnlre lesquels ils soutenaient une hiiU: acharni'c sur tous les rivages de l'Asie.
(I) Un contrai crrcliaiige conclu enlrc plusioui-s Aiuainiains ;i Salcrne, eu l'an 973, osl la prouve lii plus ancionno (juo l'on possMc dfi voyages on Egypte pour affaires de commerce enlropris par coito population iliî marins. On y lil i|uo lo traité ne devait entrer en vigueur qu'au retour de l'un dos coulractants, qui se trouvait en ce moment à « liabylone », c'està-dire au Kairo. Voy. Ileyd, o/i. ciL. I, p. 'M.
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On possède encore une copie ancienne du curieux document édictant ces dispositions (1). Il débute comme suit : « Au nom de Dieu et de notre Sauveur Jésus-Clirist, sous le règne du grand basileus Jean, dans la seconde année de son règne, en juillet, en l'Indiction quatorzième de Rome, délivré au Rialto (2). Des envoyés impériaux sont arrivés récemment à nous envoyés par Jean, Basile et Constantin, les très saints basileis, se plaindre du commerce d'armes et de bois pour la marine qu'entretiennent les vaisseaux vénitiens avec les Sarrasins et nous menacer terriblement (3), de la part du très glorieux empereur (4) au cas où ces transactions impies ne cesseraient point, de détruire impitoyablement par le feu ces navires avec leurs équipages et leurs cargaisons. C'est pourquoi le seigneur Pierre, le très haut duc notre maî.re, a tenu conseil avec Vilalis, le très saint patriarche (3) son flls, avec Marin, le vénérable évèque d'Olivolo, et avec les autres suffragants du pays de la Mer. Étaient encore présents beaucoup de membres de la nation, lanl notables que de silualinn moyenne, mais de cette dernière catégorie en petit nombre. Ils se mirent à délibérer de quelle manière et comment on arriverait à calmer la colère du basileus et à remédier à cet état de choses. »
Suit le long dispositif de l'accord intervenu, accord ]iar lequel les marchands de Venise s'engagent vis-à-vis de leur doge à ne jilus poursuivre avec les Sarrasins ce commerce aussi réniunéralif qu'indigne et impie. L'acte est signé (hi m un du jialriarche et de quatre-vingts autres, dont dix" huit seulement ont su écrire leur signature. Ce document est fort précieux: il nous montré les princes sarrasins faisant venir alors déjà d'Europe les armes nécessaires à l'équipement de leurs soldats. Certes Damas fabriquait dès cette époque des lames admirables, mais celles-ci étaient d'un prix de revient trop élevé pour qu'on pût en fournir toute une armée. Quant au bois pour la marine, les contrées brûlantes où l'Islam régnait en maître
(1) Voy. Tafel cl Thomas, VrUundeii zur seUeren Uandels- und Slaaisgeschiclile der Repiiblik Venedig, t. 1, 1856, p. 25, n" XIV, Décret. Venet. de abrogando Saracenorii m commercio.
(2) " Rivo .\llo ». — On voit que Jean Tzimiscès figure seul en lète de ce document. L'absence des noms des jeunes basileis ses pupilles est cerlainoraeni la suite de quelque erreur, puisqu'on les voit figurer quelques lignes plus bas. C'est une simple omission.
(3) <i Minantes lenibiliter. »
(4) Encore ici le seul Tzimiscès est désigné.
(5) De Grado.
COIfVEXTroy entre les vénitiens et les BYZA.XTIXS 21
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INTEHlECIt de Mosquée à Binjilail. — (Miniature d'an très ancien manuscrit arabe, appartenant a M. Ch. Sc/iefer).
n'en fournissaient pas une (luantité suffisante pour la consommation des flottes sarrasines, (It'jfi iiuinlircu^i's cl |iuissantes. Cette convention nous
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initie encore à la surprenante indépendance d'esprit de ces marchands vénitiens, d'une désinvolture de principes inouïe pour l'époque. >'ous demeurons stupéfaits d'apprendre qu'ils n'hésitaient pas à vendre armes et navires aux pires ennemis de la chrétienté. Ce que nous reprochons aujourd'hui avec tant de raison aux louches traitants européens de la côte de Guinée, les représentants des plus anciennes familles patriciennes do Venise ne craignaient pas île If fnirr uuvtTtcnifnl dans la seconde moitié du x" siècle.
Enfin, par cet acte du mois de juillrt de l'an UTI. nous voyons aussi quelle était encore la puissance de l'enipire grec à cette époque et dans quelle situation de vassalité Venise se trouvait vis-à-vis de lui, du moins en apparence. Il suffît que les très saints empereurs du Palais Sacré expédient une ambassade à la jeune reine naissante de l'Adriatique, ambassade chargée de se plaindre d'actes préjudiciables aux intérêts de leur monarchie, pour que le doge et le Conseil de la Ville, réunis en assemblée, se hâtent de leur donner satisfaction, plaçant leurs noms augustes en tète du décret promulgué à cette occasion.
Pour faire montre de bonne volonté, les mesures sévères ainsi édictées dans le courant de juillet par les gouvernants vénitiens furent incontinent appliquées à trois navires qui se préparaient à faire voile, deux pour Mehedia, l'ancienne capitale de Mouizz, le port de Kairouan, le Iroisième pour TiiiHili de Barbarie. Toutefois, en raison de la pauvreté de leurs patrons, liberté fut donnée à ceux-ci de transporter encore cette fois dans ces ports leur cargaison de menus objets de bois. Il ne faudrait pas conclure de ce fait particulier que l'Afrique du Xord fût le principal débouche de ce commerce de bois et d'armes. Jean Tzimiscès ne se serait pas donné tant de peine pour arrêter ce trafic si Venise n'en.avait pas fourni aussi aux Sarrasins d'Egypte et de Syrie.
Le moment est venu de dire le peu (|ue nous savons de cette expédition de .lean Tzimiscès de lan !)7i. Celle-ci eut |ilus parliculièrement la Mésopotamie pour théâtre. Celle de l'an 91o intéressa surtout la Syrie.
Dès le premier printemps, à cette époque où chaque année chrétiens et Sarrasins avaient coutume de partir périodiquement en guerre, le basi-