L ARMÉE IMPERIALE EN MESOPOTAMIE
Tzimisoès, après vingt-six ans de ce règne prospère et réparateur. Malheureusement, fidèle à la déplorable coutume qu'avaient les princes d'Arménie de morceler constamment leur héritage, il avait eu le tort de s'affaiblir grandement en constituant, en 9G2, son frère Mouschek rui du pays de Kars (1).
Aussitôt après la conclusion de ce traité, le basileus, se détournant vers le sud, envahit la Mésopotamie. « Bouillant de colère à cause de la lettre «le Mleh, dit Mathieu d'Edesse, pareil à au l'eu ardent, il marcha contre les Musulmans. » Ce futen automne de l'an 974. Nous n'avons (jue très peu de détails sur cette campagne. Sans rencontrer, semble-t-ii, de résistance sérieuse, sans trouver presque qui combattre, l'immense armée parcourut les plaines de la Mésopotamie et de la Syrie septentrionale. De toutes parts les Sarrasins, terrifiés par le bruit de la venue de cet adversaire dont le nom était demeuré pour eux un épouvantait, s'étaient enfermés dans les villes closes et les châteaux. Ce fut, comme toujours, une destruction affreuse de ces malheureuses campagnes, une épouvantable dévastation. Il faut la richesse incroyable de ces terres bénies, inondées de soleil, j)Our expliquer qu'après tant de guerres d'extermination ces provinces pussent encore chaque année nourrir leurs habitants.
(< L'armée, dit Yahia, traversa l'Euphrate non loin de Malalya, à la fin de septembre ou au commencement d'octobre (2). Le premier objectif de l'armée d'invasion revenant de Mousch et marchant vers le sud-ouest, probablement par la vallée de Balman Sou, fut, comme c'était, semblet-il, presque toujours le cas dans les expéditions chrétiennes vers ces régions orientales, la riche cité d'Amida sur le Tigre, admirablement fortifiée, (|ui avait été reperdue aussitôt après le désastre de Mleh. Elle fut occupée sans grand effort. Du moins il ne parait pas qu'elle se soit vigoureusemont défendue. Les habitants durent, jtour racheter leur vie, payer un
fois sous ce régne Acogli'ig., op. cil., III, G). L'iiilliiLMici:- byzantine y fut cn'luiueiuenl très considérable.
(l) Mouschcli, étant mort en 98i. eut pour successeur son lils Apas qui régna jusqu'en 10^9. Le fils de celui-ci céda par la suite son petit royaume au basileus Constantin Ducas en échange de la stratégie grecque de Tzaniandos.
;2j " Dans le mois de dsoulkaddali do l'an 301 de l'IIégiro. »
JEAX TZIMISCE^
GRANDE MURAILLE DAM, capiiah- du Roi des Rois Pagraiidcs d'Arménie à la /in
da A'"" Siècle. — Etat actuel.
iiiijiol décapitation très considérable. Sur la roule, les Grecs avaient attaqué aussi Mayyafarikîn, la j)lus florissante ville de cette région à cette époque au dire de Léon Diacre. Que de fois elle avait été prise et brûlée parles armes chrétiennes depuis un demi-siècle seul i ■nie ut ! Elle tut de même cette fois incendiée et pillée. Les Grecs y firent un immense butin. On en emporta des sommes énormes en or et en argent monnayés que les habitants durent livrer pour racheter leurs personnes, des effets précieux de toute espèce, des étoiles tissées.d'or en quantité.
Après Amida et Mayyafarikîn, ce fut le tour de Xisibe, « dont jadis le grand évêque Jacob, dit Léon Diacre, avait repoussé l'attaque effroyable des Perses, en déchaînant cunlre eux, en guise d'armées, des escadrons de mouches et de inousli(|ues ». L'armée, se détournant du Tigre, atteignit celte ville en passant par .M^irédin. Les violences exercées dans les premières cités prises avaient effrayé la population di' celle-ci, qui avait pris tout entière la fuite. Les soldats orthodoxes entrèrent dans Nisibe déserte et dévastèrent ses campagnes. On était là en pleine Mésopotamie, r Al-Djezirah actuel. Yaliia fixe cette entrée au samedi 12 octobre (1). « Le basileus, dit-il, demeura dans cette cité jusqu'à ce qu'il eut conclu un ar-
(t) De l'ail 'J~î, Premier jour du mois de moharrem de lan 302 de l'IIégire.