DENIER D .\RGE.NT DL PAPE BE.NOIT VI
COFFRBr ByZ.WTIX ,rii;,ir.- iirs .V- ou AV"" .SiVc/fS, ayant apparlcna au Trésor de la cathédrale dr Vcroli, aciaellemrnt au Musée de Kensington à Londres. Scènes mythologi ijiu's d'une très belle e.vécution.
CïîApiîR
I)ê[H)sitioii <!ii patriarche Basile. — 11 est remplacé sur le trône patriarcal par Antoine tie Stou^lion. — Socoottc expédition de Jean T/Jiniscès en Asie. — Sa lettre an roi Aschoil 111 d'Arménie racontant ses victjires ea Syrie et snr la c.'»to de Phénicie. — Son retour à Coustantinople. — Sa maladie mysti'rieuse et sa mort. — Considérations sur son résine. — Son éloge fnnèbre par Jean Géomètre. — Monoaîes et Novelles à son nom. — Ses relations avec saint .\tbanaso et les moines de TAthos.
JKAX ïzimiscès était à peine de retour de son expédition des rives du Tigre et de J'Euphrate (i), qu'il se \\l entraîné dans le plus grave conflit avec le chef même de l'Eglise nationale, le patriarche, par suite de la fuite à (Innslantinople du pape de Rome, Boniface. Ce patriarche était toujours encore ce vénérable Basile que Jean avait été chercher quatre ans auparavant dans sa solitude de l'Olympe de Bilhynie pour l'élever à la plus haute dignité ecclésiastique. .Malgré lestime dans laquelle il continuait de le tenir, il se vil furcé de sévir contre lui avec la dernière rigueur.
Immédiatement après avoir mentionné brièvement le triomphe célébré par Jean à son retour de Mésopotamie, Léon Diacre ajoute ces mots : <( Le iiatriarche fui ciilntiinicusement desservi auprès du basileus jiar les évêques que sou e.xtrèmc austérité indisposait contre lui. ( hi l'accusa faussement
DENI Eli ù\u:- CENT du pape Ho ni face Vil frappé à son nom et d celai lie l 'empereur Otiion If.
(1) Le 12 novembre de ccU•^ iiniH'C 971 mourut \e paUiarche jacobite Menas, après Jixhuit annOcs de pontificat
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d'avoir promis la succession au tiùne à un personnage très en vue (1). On lui reprocha en outre de mal administrer l'Eglise et de transgresser les saints canons. Sommé de comparaître devant le tribunal impérial pour se disculper, il s'y refusa, soutenant que seul un concile œcuménique, c'està-dire univiTsi'l, pouvait être saisi de son cas, l'Eglise reconnaissant à cette seule assemblée de tous les pères le pouvoir de juger et évenlurllement de déposer un patriarche. Il ih'clara qu'il ne comparaîtrait et ne se défendrait que devant celle seule juridiction. Par (irdre du basileus irrilé, il fut déposé et exilé dans ce monastère du Scamandre, dans la plaine de Troie, que lui-même avait fait construire dans le lieu où jadis il avait mené la vie d'un pieux ermite. »
Suit le très caractéristique portrait du vieux patriarche déjjosé : « Le saint homme, dit Léon Diacre, vivait lellement en ascète qu'il ne mangeait que ju^le de quoi ne [las mourir de faim, nej)renant jamais de viande, se nourrissant (hi suc des baies sauvages, ne buvant que de l'eau. Dès ses plus jeunes ans il n'avait cessé de suivre cette existence presque surhumaine de lutte contre ses penchants naturels. Hiver comme été il portait le même vêtement sordide, ne le quittant que lorsqu'il tombait en lambeaux. Jamais il ne dormait dans un lit, toujours sur la terre nue. On s'accordait à lui reconnaître pour unique défaut un penchant trop vif à surveiller la coniluite des autres, à s'immiscer plus que de raison dans leurs afl'aires. C'était une nature curieuse et investigatrice (2). »
(1) Léon Diacre ne désigne pas plus exactement ce personnage.
(2) Ce fut sous ce patriarche qu'Euthyraios Stoudite rédigea le premier /y/)îAon des moines de l'Albos. Voy. plus loin, p. 323 et aussi Gédéon, L'Athos, t. I, pp. 108-110. — C'est ici le cas de signaler encore la curieuse production littéraire connue sous le nom de Dialogue de Philoputiis, •l'i/.ÔT.axpi; r, .iiôx^x'iu.Evo;, dont les érudits sont encore à chercher la date vraie. Grâce à un passage faisant allusion aux hécatombes des vierges Cretoises, Hase, qui a publié ce document dans son édition de Léon Diacre de la Byzantine de Bonn, avait cru pouvoir replacer à l'époque de Xicéphore Phocas et de la conquête de cette ile ce dialogue étrange qu'on avait attribué jusque-là à une époque bien dilTérenle (voy. Un Empereur Byzantin au Dixième Siècle, p. 94). Niebuhr avait adopté la même opinion. Depuis et tout récemment Aninger {Abfassungszeit und Zweck des jjseudo- luciauisclien Dialogs l'/iito/iatris dans VHistor. Jalirbuch der Gœrresgesellsc/i., t. XII, pp. 713 sqq.) avait exposé les raisons pour lesquelles il croyait devoir placer plutôt ce dialogue sous Jean Tzimiscès et y voir une satire du patriarche Basile et de son clergé. L'an dernier enfin M. R. Crampe, dans son mémoire intitulé : Philnpalris. Lia keidnisches Konventikel des sitbenten Jahrhunderts zu Constantinopel, a conclu pour l'époque d'Héraclius. 11 m'est impossible de prendre parti dans une discussion où les adversaires en arrivent à des résultats aussi absolument opposés. Voy. aux premières pages de l'opuscule de Crampe l'historique de la (juestion jusqu'à aujourd'hui. Voy. encore
AXTOIXE DE srOUDlON
Enfin le même chroniqueur nous donne encore le portrait, également fort beau, du successeur que le basileus donna à ce saint homme. « Après •pie Basile eut été ainsi exilé, poursuit-il, il fut remplacé par son ancien syncelle, xVntoine de Stoudion, qui, dès sa première jeunesse, aA-ait, lui aussi, mené une existence d'ascète dans ce monastère célèbre entre tous ceux de la capitale (1). C'était encore un lionime de haute vertu apostolique. Les souverains, les grands de la terre, charmés par sa [)iété, l'avaient comblé de biens de toutes sortes, dont il ne conservait rien sinon ce qui lui était strictement nécessaire pour se , vêtir, se dépouillant de tout pour les pauvres, leur distribuant le t peu que lui rapportait sa charge de syncelle . Grande était sa science tant des choses divines que des choses humaines. Son éloquence était pleine d'une exquise douceur. Il était à cette époque d'un âge déjà avancé.
Tous ceux qui venaient le visiter, môme les riches, les puissauts, les orgueilleux, le quittaient plus pieux, plus pénétrés de la vanité des choses de ce monde, plus détachés d'elles. Il rendait foi et courage aux plus malheureux. Tous s'en allaient paisibles, résignés à ne plus se laisser aller
Krumbaclior, Byzantin. Lilleraturf/escli, p. 188, ot P. Ticliomirov \Rev. byz. russe, t. I, pp. 199 sqq.). — Lfs cIkiscs en étaient là lùisiitic, dans lo piviiiier fascicule du tome V do la Byzantinische /.eiischi-ift piiljliéo en 189G, a paru sur cette question du Vhilopalris un nouvel article de M. K. Uuhde. Les conclusions, qui m'en paraissent sans appel, fixent décidément aux dernières années, peut-être aux derniers mois du règne de Nicéphore Phocas, l'apparition de ce pamphlet tendancieux.
(1) Sur le couvent de Stoudion, voir Cluviii^ue dite de Xeslor, éd. Léger, p. 372.
MOSAÏQUE BYZANTINE de la prc mU-rc moitié du XI"" Siècle. — Scène de l'Annonciation. L'archange Gabriel. — (Courent de Daphni, sar la voie Eleasinienne, prés d'Athènes.) Photoijraplne communiqaée par M. G. Millet.
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au (k'sespoir, mai?; bit'o à im oi|ui'i" k' secours du Dieu lout-puissant et à espérer de lui k^ sakit. Celait un homme véritablement angélique, une âme quasi divine. Tel fut Antoine de Stoudion dans sa vie et ses discours )\ dit le Diacre en terminant.
Les autres historiens de Jean Tzimiscès,Skylitzès,Cédrénus, puis aussi Zonaras, ces deux derniers écrivant vers le milieu du douzième siècle, disent quelques mots à peine, Ccdrénus surtout, de cette chute du patriarche Basile et de l'élévation de son successeur. Tous deux, ainsi qu'E|)hrem et Joël, racontent simplement « qu'ayant été accusé de divers griefs, il fut déposé par un synode i>. Même à lépoque où ils vivaient, ces chroniqueurs semblent redouter encore de parler d'un fait sous lequel se cachait quelque secret dangereux. Léon Diacre, aussi, use d'expressions particulières, comme s'il se mouvait sur un terrain brûlant, et cependant il ne parvient pas à nous celer qu'il donne secrètement raison au patriarche Basile, puisqu'il nous le représente comme la victime très pure de quelques prêtres envieux et intrigants.
D'où peut l)ien prijvenir cette gène si visible de tous ces chrnniqueurs? De ce fait, tout simplement, insinue Gfrœrer, qu'ils n'ont pas osé nous révéler à quel point toute cette atîaire se reliait aux difficultés avec Rome. Lorsque Jean Tzimiscès eut invité le patriarche à s'expliquer devant lui, celui-ci déclara qu'il ne reconnaîtrait jamais d'autre juridiction que celle d'un concile œcuménique. Or aucune assemblée de cette nature ne pouvait être convoquée sans l'assentiment et la coopération du pape de Rome. F'ar cette réponse, le patriarche Basile entendait donc très certainement placer sa cause sous la protection du vicaire do Jésus-Christ, et c'est précisément ce que Jean Tzimiscès, basileus d'Orient, ne pouvait à aucun prix tolérer.
Dès le début du dixième siècle on s'aperçoit à divers indices très clairs tjue le siège patriarcal de Constantinople, et cela avec le plein assentiment du Palais Sacré, non seulement enti'etenait avec Rome des relations fort suivies, mais même reconnaissait d'une manière effective la suzeraineté du Pape occidental. C'est ainsi, par oxemide, ijue, faisant droit aux justes représentations du vicaire de Jésus-Christ, l'empereur Romain Lécapène avait replacé sous l'autorité du siège de Rome l'Eglise dalmate. De même