DÉPOSITION DU PATRIARCHE BASILE
ciicuru, sur la dcimuulc exprcr-se de i:u basileiis, un avait vu le pape Jean IX faire sacrer patriarche par ses délégués le jeune prince Théophylacte, lllsde celui-ci. lîien ipi"aiicun témoignage ne vienne aflirmer d'une manière précise (jue le successeur de ce dernier sur le trrme patriarcal, l 'ni \ eue- le, ail, lui aussi, inainti'uu l'uiiinn avec Rouie, le lait n'en est pas mnins iuduliihilde, puiscpie nous voynns ipie son successeui' à lui, Basile, i|ui élail dans les mêmes opinions que lui, (pii agissait dans un sens identicpie, qui fui l'du ajirès lui surtout pour celte cause, n'hésita pas à proclamer à la face du monde, dans l'automne de l'an 974, qu'il reconnaissait le Pape de Rome pour son juge suprême par l'entremise d'un concile universel et pour son protecteur spirituel tout à la fois.
D'autre part il n'en est pas luuins à peu près certain que, durant le cours de ce même pontificat de iVdyeucle, la bonne entente entre les deux Kglises avait dû êlre sinun niuqiue, du moins gravement cumprumise par les atteintes si vives portées par >«'icéphore Phocas aux libertés de celle d'Orient, atteintes dont j'ai fait le récit dans le volume consacré à la vie de ce basileus. Et ce qui se passait à Rome à cette époque donnait à ce prince une excuse très plausible pour son attitude en ces circonstances. C'est en efTet à l'époque même du début de ce règne que l'Eglise d'Occident était tombée sous l'autorité despolique d'Olhon 1" d'Allemagne et s'élail vue (b'pouillée ])ar ce prince de toutes ses libertés. Et quand nous voyons le fomlaleur illustre de la maison ca])(''lienne en France songer dès l'an '.l'.ID à rompre avec Rome parce qu'il ue croyait plus pouvoir reconnaître le pape comme chef de son Église nationale depuis que celui-ci s'élail mis si complètement dans la main des princes de la maison de Saxe, de même nous pouvons croire que des motifs identiques avaient dû peser avec une force non moindre trente années auparavant sur les déterminations du basileus liv/anliii, puiMpie, bien qu'on admit encore à Gonstanlimiple ipie l'aiTaniiemenl c(inclii sdus liuniaiii Li'capène entre les deux Eglises dOcciderd el d'()iieiil |m"iI èlri' niaiiiliMiu, (lU n'en vivait pas moins, dans celli^ capitale, dans I iuipiii'luili' cduslanle que I enipei'eur saxDU ne vint à nii'suser du pouvoir ipi'il s'tHait arrogé sur la papauté pour contraindre celle-ci' à agir exclusivement en sa faveur. Les jiapes en elTel ne jouissaient plus du moindre libre arjjitre sous la main de fer des enqiereurs transalpins.
268 JEAX TZIMISCÈS
Xicéphore Phocas n'a jamais fait mystère des motifs qui le firent ainsi incliner dans un sens hostile à la papauté. 11 en a fait à maintes reprises l'aveu public et constamment il a agi en conséquence de ces déclarations. Ce fut avec des soldats à lui, des soldats grecs, que le lombard Adalbert lutta durant des années contre l'empereur Othon, et lorsque le parti dit tusculaii qui. au mois de décembre 96o, avait renversé la créature de celui-ci, le pape Jean XIII, eut été, à son tour, chassé de Rome et d'Italie, Nicépiiore Phocas accueillit ces vaincus à bras ouverts à Constantinople. De même dans la première des entrevues qu'il eut avec Luitprand, l'ambassadeur d'Othon, le rude basileus nous a fait connaître sa manière de voir de la façon la plus explicite. « Il eût été de notre devoir, dit-il à l'envoyé d'Occident (1), il eût été de notre désir de te recevoir avec cordialité et magnificence. La conduite inique de ton maître ne nous l'a pas permis. » Il continua longtemps sur ce ton, reprochant brutalement à l'envoyé d'Othon les odieuses agressions commises par ce prince à Rome.
Xicéphore Phocas tira une première vengeance des Allemands en infligeant aflVont sur afTront à l'évèque de Crémone venu à Constantinople pour demander en mariage la fiancée que l'on sait. Il avait au reste tout intérêt à repousser ce mariage qui, en cas de mort des deux héritiers légitimes du trône, Basile et Constantin, eût créé au fils d'Othon des droits sur la courùiHic d'Orient à son propre préjudice à lui qui pouvait bien passer [luur i|uil([ue peu usurpateur. Et la preuve que cette pensée secrète dominait bien toutes les négociations de la maison de Saxe en cette affaire, c'est qu'une fois que ce mariage tant différé eut enfin été conclu, Othon II ne tarda pas, nous le verrons, à réclamer de ce chef au nom de sa femme les possessions byzantines d'Italie et cela bien que ses beaux-frèi'es fussent à ce moment assis pleins de vie sur le trône des basileis à Constantinople. Il était <lnnc naturel que Nicéphore Phocas cherchât à couper court immédiatement aux agissements de Luitprand.
Toutefois, malgré la rupture survenue entre les deux cours à la suite de cette malheureuse ambassade, les grandes qualités du patriarche Polyeucte furent encore assez puissantes, après le trépas de Nicéphore, non seulement pour ramener dès les débuts du règne suivant le triomphe
[1 l'n Empereur Byzantin au Dixième Siècle, p. 610.