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nationale, acconliinK's (l('|inis jurs d'un sircle à l'union avec le vicaire du C.hrist, ne voulaient à aucun }irix y renoncer, aussi parce qu'eux-mêmes redoutaient l'influence ])réiiondérante des empereurs germains sur les affaires de Rome, sachant ]iar expérience que cette influence leur serait constamment hostile.
Telle lu! l'histoire du remplacement du patriarche Basile ])ar le patriarche Antoine dans l'automne de l'année 974 à Constantinople.
Immédiatement après le récit de ces événements, Léon Diacre nous l'ait |)art de celui-ci qui semble avoir eu à^es yeux une importance au moins égale : « Dans ce même temps, dit-il, deux jumeaux, originaires de (lapjiadoce, parcoururent en tous sens la terre de Roum. Moi qui écris ces lignes, je les ai souvent vus en Asie, prodige étonnant et nouveau. Us étaient parfaitement constitués, possédant tous leurs membres, mais de l'aisselle jusqu'à la hanche ils étaient unis, leurs deux corps ne faisant (prnn. Des deux bras par lesquels ils se touchaient, ils s'entouraient réciproquement le cou ; des deux autres, ils s'appuyaient chacun sur un bâton qui soutenait leur marche. Ils avaient trente ans. Ils avaient l'air jeune et florissant. Pour les jtlus longs déplacements, ils montaient à mnlel, assis de côté, à la mode des femmes. Ils étaient d'humeur extraordinairement douce et avenante. En voilà assez sur ce sujet. » Les prodiges qui font courir les foules sont de tous les temps. Les annalistes byzantins ontmenlionn(' fré(iiiemment de pareilles monstruosités ameutant les populations na'i'ves, des jumeaux ainsi liés, passant toujours pour des présages effrayanis (d).
Dès les premiers jours du printemps de l'an 97.j, le basileus se retrouva à la tète de ses troupes lidèles sur la route de la lointaine Syrie. Dans les campagnes précédentes, l'armée grecque avait parcouru et ravagé bien philT)! que conquis la Mésopotamie et les vastes régions du haut Eujthrate. De ce côté le p('iil (■lail de moins en moins redoutalile par rrjl'niidri'iiiiiil de la puissance des Abbassides et l'immense anarchie i|ui
(1) Voy. Li'on Di.icro, i-û. ilo Bonn, |i. i'Jl, l;i iihIl' de Hase.
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régnait à Bagdad depuis l'abdicalion du Khalife Mothi au mois d'août précédent. Son lil^ El-Ta'yi, dioisi pour lui succéder par le turk Subuktéguin, aussi impuissant et insignifianl que l'avait été son père, plus faible encore que lui, n'était qu'un misérable instrument aux mains des partis qui se disputaient le pouvoir. Ce pouvoir, les Bouiides réussirent vite à le reconquérir sur Subuktéguin, mais les dissensions religieuses entre leurs partisans ou leurs soldats, divers de nationalité comme de rite, et les haines fratricides entre les membres de leur famille, haines remplaçant la vieille union qui avait fait leur force, allaient bientôt amener la ruine définitive de ces puissants maires du palais. Pour lu moment toutefois, c'était encore un des leurs qui ;dlait occuper le rang suprême à côté du Khalil'o et l'accabler de son écrasante tutelle. Adhoud Eddaulèli, l'ambitieux souverain du Fars, fils de Rocn et neveu de Mouizz, après avoir battu et écrasé les Turks, puis vaincu son propre cousin Bakhtyâr, le fils de Mouizz, qui était pour lors le maître dans la capitale, finit après de nombreuses péripéties, aussi après la mort de Rocn qui Tavait une première fois déconfit, par s'emparer vers la fin de 976 de la toute-puissance à Bagdad, c'est-à-dire de la direction du nouveau Khalife, à tel iioint que jamais avant lui émir n'avait réuni tant de titres et de dignités. Il s'intitula Shahanschah, c'est-à-dire «roi des rois», et partagea avec son triste pupille les honneurs souverains. A l'heure de la prière, on proclamait son nom après avoir fait par trois fois résonner les tambours (1). La lutte devait se poursuivre longtemps encore entre lui et Bakhlyàr, ensanglantant les provinces, jusqu'à ce que ce dernier, ayant été pris par son rival, eût péri décapité.
Donc du côté de Bagdad rien à craindre pour l'heure de l'ennemi héréditaire, trop absorbé par des luttes intestines. Aussi le basileus Jean avait-il aujourd'hui pour objectifs la Syrie proprement dite, la Phénicie et aussi la Palestine. J'ai donné l'explication de ce fait. Le souverain musulman, aux progrès duquel il était devenu urgent de mettre un terme, était cette fois le nouveau maître du Kaire, le Fatimite Mouizz, dit le Conquérant. La prise de possession de l'Egypte par la dynastie venue d'Afrique était un événement d'importance capitale pour la Syrie, qui depuis les temps déjàlointains
(1) Weil, op. cil., m, pp. 22 sqq.
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SCÈNE de lu vie arabe. Scène viUaijeoise. — {Miniatare d'un très ancien manuscrit arabe
appartenant à M. Ch. Schefer.)
de la conquête arabe avait constamment suivi la fortune plutôt des rives du Nil que de Bagdad. C'était un l'ait peut-rire plus grave encore pour
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les Grecs, rnii n'avaient jamais cessé de eonvoiter ces belles campagnes syriennes et palestiniennes perdues dès les temps anxii iix du vu° siècle et dont le glorieux Nicéphore Phocas n'avait eu le temps de reconquérir <jue la portion septentrionale.
A peine établi en maître dans le Delta, Mouizz avait, nous l'avons vu, fait occuper par ses troupes toute cette portion méridionale de la Syrie jusque-là soumise à la dynastie iUlicliidile qu'il venait <le renverser, toutes les villes de Phénicie et de Palestine en ini mol tenant garnison égyptienne. Forcé, pour assurer définitivement la tranquillité de la vallée du Nil, d'agir de la sorte en Syrie, il ne pouvait songer à en partager la possession avec le basileus de Rouni. le dief détesté des chrétiens d'Orient. Il lui fallait à tout prix chasser au delà du Taurus les garnisons byzantines qui occupaient Antioche et les autres places fortes de la Haute Syrie et des rivages de Phénicie. Apres, il saurait bien forcer les maîtres actuels d'Alep à reconnaître sa suzeraineté, et l'étendard des Fatimites flotterait des remparts du Kaire aux portes de Cilicie.
Mouizz, dont le liciili'nant Djauher avait l'ail pour la |ireinière fois proclamer le nom dans la prière officielle à la mosquée de Touloun au Kaire avec la formule chiite à la fin du mois de mars 070, n'avait fait son entrée triomjdiale dans sa nouvelle capitale qu'à la fin du printemps de l'année 1173. Malgré les attaques répétées des terribles Kai-mathes qui avaient battu et tué en 971 son général Djafar dès la première entrée de ses soldats africains en Syrie, qui avaient ensuite pénétré jusqu'aux portes du Kaire d'où Djauher les avait repoussés à la fin de décembre 971, et (pii venaient encore d'envahir la Basse-Egy[)te dans le courant de l'ail 97 5^, le iinmeaii maître de la terre des Pharaons, ayant d'abord réussi à faire occuper jiar ses lieutenants la majeure partie de la Syrie du sud, ne songeait qu'à pousser ses conquêtes du côté de la partie septentrionale qui, soumise à l'infinence byzantine, ne reconnaissait pas encore son autorité. Lançant à nouveau, sur les pas mêmes des fuyards karmathes, ses troupes aguerries, profitant du trouble que la lutte incessamment poursuivie entre l'émir d'Alep et ses lieutenants infidèles entretenait dans les régions du nord, il avait rapidement poussé ses avant-gardes jusqu'aux limites de la principauté alépitaine.
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Le plus im[)()i'fi»iil do ces lieiileiiants é;;v|)lieiis en Syrie à ce momenl était Mahmoiul ll)ralnin ^1), le lil.s même de ce Djafar ibn Fallah qui avait été tué par les Karmathes sous Damas en 971. C'était un des meilleurs officiers de Djauher. A la tète de ses parfaits guen-iers maugrebins, il n'avai! pas eu de peine à achever la conquête des places syriennes. Le vingl-troisièmcjourdu mois de ramadlian de l'an :U)li de l'Hégire, donc dans \^^ courant du mois de juin 074, durant «jue le basileus Jean Tzimiscès était en Mésoj)olaniie, il était entré victorieux dans Damas qu'il avait occupée définitivement au nom de Mouizz et où ses noirs soldats avaient fait régner la terreur(2).De suite, il avait expédié au Khalife au Kaire les chefs karmathes pris dans cette ville. Un de leurs alliés, Nàbulusi, avait été envoyé avec eux. Celui-là était accusé d'avoir dit que s'il avait dix flèches il en lancerait neuf sur les Maghrebiens, c'est-à-dire les Africains, et une seulement sur les Grecs. Interrogé, il ne nia point ce propos infâme et fut écorché' vif. Sa peau bourrée de paille fut mise en croix.
Dès le mois de janvier 973 (3), Mahmoud Ibrahim, le fils de Djafar, qui n'avait pas réussi dans le gouvernement de cette turbulente cité de Damas, avait été révoqué et remplacé à la tête de cette ville et de la Syritï par l'eunuque Reïhan « que le Khalife avait envoyé contre les Grées avec une armée et qui, après s'être avancé le long de la mer de Syrie jusqu'à Tripoli, venait de reprendre cette ville aux impériaux (4) ». C'est là malheureusement l'unique indication que nous possédions sur les hostilités qui eurent lieu en Syrie dans cette année 974 entre les lieutenants du Fatimite et ceux du basileus. Mais, toute brève qu'elle est, elle suffit à nous éclairer. Les troupes africaines avaient décidément partout dans ces régions repris l'otTensive. Partout elles s'efforçaient de compléter la conquête de la Syrie en reprenant les forteresses tombées aux mains des chrétiens lors de la dernière campagne de Nicéjthore Phocas. Il était urgent
(1) <• Abou Mulmiuud IbraUiui iba Ujal'ar ibii Kallali. u C'est ainsi que Yahia le nomme. Voy. Rosen, op. cit., p. 63.
\2) Sergios, métropolitain de Damas, chassé par cette invasion des Africains, se retira à Rome où il reçut en l'an 977 en don du pape le couvent des Saints Boniface et Alexis sur l'Aventin.
(3) Djoumada priiiiier do lan 364 de l'IIégire.
(4) Dans les premiers jours du mois de rebîa second de l'année 36i. c'est-à-dire dans les derniers jours de l'année 974. — Ce renseignement nous est fourni par Vllisloire des Khalifes Fatimiles, éd. Wiistenfeld.
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que le basileus vînt mettre un terme à une situation aussi dangereuse.
Reïhan, dès son arrivée à Damas, avait pris en mains le gouvernement de la Syrie, mais il avait été presque aussitôt, dans le courant d'avril ou de mai, chassé de cette ville avec ses Egyptiens détestés, par un chef des milices turques du Khalifat de Bagdad révoltées contre Bakhtyâr. Cet audacieux partisan, nommé Aftekîn (1), s'était emparé de Damas à la tète de ses redoutables mercenaires et y avait aussitôt fait dire à nouveau la prière officielle ou khotbnh au nom de l'abbasside Et-Ta'yi. Aventurier intelligent et brave, il s'était installé fortement dans la capitale de la Syrie, où son gouvernement énergique et libéral avait été acclamé par cette population si mobile et indisci|ilinée. 11 réprima les troubles avec une extrême énergie, se fit craindre de tous et améliora sensiblement la situation des habitants.
Donc les lieutenants ou les vassaux du b'atimite s'étaient réinstallés non seulement en Syrie proprement dite, mais aussi dans les cités maritimes de la côte phénicienne. Dès la lin de 974 et le commencement de cette année 975 les soldats du Maghreb, les Africains maudits, avaient repris la marche en avant un instant arrêtée par l'insuccès de Djafar ibn Fallah sous Antioche. Encore à l'instant même on venait d'apprendre au Palais Sacré que l'eunuque Nacîr, un des chambellans de IMouizz, successeur de Reïhan à la tête des troupes d'Égyple opérant sur la côte de Phénicie, venait en janvier de chasser de Beyroulh la garnison byzantine et un peu après de battre les forces grecques aux environs de Tripoli (2). C'était un nouvel et sérieux échec, un nouveau progrès de l'ennemi vers Antioche.
A l'anarchie générale consécutive à l'eiTondrement de la puissance des Abbassides avait succédé de ce côté une politique d'agression constante. La brillante défense d' Antioche n'avait en rien dissipé le danger immense que faisait courir à l'empire sur cette frontière le changement survenu dans le gouvernement de l'Egypte et par suite dans la situation de la Syrie.
Jean Tzimiscès envahit donc cette contrée au iirintemps de l'an 975, pour y reprendre l'œuvre de Nicéphore Phocas en détruisant le péril
(1) Citait un ancien affranchi du bouilde Mouizz Eddaulèh, père de Bakhtyâr. Voy. p. 261.
(2) En djoumada premier et cha'bàn de l'an .364 de l'Hégire (janvier-avril de l'an 978}. Voy. Wiistenfeld, Geschichle <ler Fatimidien Chalifen, p. 127.
\'(JLET lie flruHr il'tut l'riplijiiw hijzantin ,rU-(drr ,lii A/"" >ï./c/.-, i(myrn.c m» ,V/ist-« (/« V'i.nni-. — Suinl I icrrr ri sain! Anilvé. — Vm/. l.inlf- voirt [hiniv sur lu l>htnrltr suivunîr.