MONNAIES ET NOVELLES
WM
Les monnaies an nom do Jean T/.iniiscôs parvenues jusi|u'i'i imus snni fort peu nombreuses. Les sous d'or comme les pièces d'argenl mmiI copiés sur les types de son prédécesseur Nicéijhorc. Fait curieux qui est à noter : à l'inverse des monnaies de ce dernier, on n'en connaît aucune di' Jean avec les effigies des deux petits basileis figurant aux côtés de la sienne. Il semble que le fier régent ait tenu à paraître seul au droit de ses espèces - Sur ses sons d'or, d'ailleurs fort rares, Jean s'est fait n^présenler dans la robe à grands carreaux à côté di; la Tbéotokos qui, de sa droite, pose sur la tète du prince le diadème impi'rial à gros cabochons cruciformes. Lui tient à la main une longue croix à double traverse. Au-dessus de sa tète une dextre divine le bénit. La légende grecque signifie : « Théotokos. protège le despote Jean ». Au revers, comme sur les sous d'or de Nicéphore, on aperçoit l'imposante figure de face du (ilirisl Pantocralor avec la vieille légende latine : Jésus (' /iriittisrex regnantium (i). Sur les monnaies d'argent, d'une exécution fort i)elle.
figure au revers le même bizarre
enkolpion ou reliquaire en forme de croix (jue sur celles de Xicépbore, avec une capsule centrale portant le buste diadème du basileus entre les lettres de son nom et la devise nationale : Jésus-Christ est vainqueur. Au droit on lit la légende en plusieurs ligues : « Jean (fidèle) en Christ, autocralor très pieux, basileus des Romains » (2).
Une belle et rare monnaie anonyme, œuvre charmante des niédailleurs byzantins de la lin du x' siècle, avec l'effigie de la célèbre Vierge des Blachernes et cette courte h'-gende annonçant au moins deux empereurs : « Théotokos, protège les basileis », pourrait, pour cette raison, être attribuée à Jean Tzimiscès et à ses deux jeunes collègues, mais elle conviendrait aussi bien à Nicéphore dans les mêmes circonstances, ou encoie à Basile et Constantin lors de leur long règne commun. M. de Saulcy, ce brillant et
MONNAIE anonyme de caii-ra de Jean 'J'iimiscéf ou de ses saccessears immédiats.
(1) Voy. la vignette de la page 1.
(2) Voy. la vignette de la page "iK.
320 JEAN TZIMISCES
charmant érudit dont la science pleure encore la mort, qui a étudié et classé avec tant de science la numismatique immense des basileis d'Orient, |K'nche pour Tzîniiscès. Au revers on lit cette pieuse et noble devise en beaux caractères de la seconde moitié du x' siècle : « Mère de Dieu, pleine de gloire, celui qui met en toi son espérance, n'échouera jamais dans la réalisation de ses projets. »
De petites monnaies de cuivre, portant sur une face le monogramme du nom de Jean, sur l'autre celui du titre de despote, se retrouvent parfois sur l'abrupte côte de Grimée et les autres rivages septentrionaux de la mer Noire, surtout auprès de Sébastopol, sur l'emplacement de l'antique Cherson (i). Certainement elles ont été frappées dans cette cité lointaine sous le règne de notre basileus pour l'usage des populations du thème criméen de ce nom. Elles ont servi de moyen d'échange entre celles-ci et leurs sauvages voisins petchenègues ou khazares.
Les numismatistes ne connaissent aucune autre monnaie de cuivre, aucun « follis », au nom du basileus Jean, fait qui ne manque pas de paraître fort étrange. Or précisément il existe dans Skylitzès et Cédrénus (2) un passage qui dit à peu près ceci : « Jean Tzimiscès fit graver sur sa monnaie d'or (S^i et sur ses oboles, c'est-à-dire sur sa monnaie de cuivre, l'effigie du Sauveur, ce qui n'avait jamais été fait jusque-là. Sur l'autre face il lit inscrire, en caractères de style romain (4), la légende : « Jésus-Christ basileus des basileis », c'est-à-dire « roi des rois ». Ses successeurs conservèrent ces mêmes types. » La fin de la première ])hrase signifie que l'effigie du Christ n'avait jamais encore jusqu'ici paru au droit de la monnaie impériale en place et à l'exclusion de celle du prince. Ce n'est que dans ce sens que ces expressions peuvent être comprises, pas autrement. La seconde phrase a décidé les numismatistes à attribuer à ce règne de Jean Tzimiscès un certain nombre de grosses monnaies anonymes de cuivre paraissant bien appartenir au x" siècle, qui se retrouvent aujourd'hui encore en très
(1) Voy. la vignette de la page 318.
(2) II, 413, 25. — Glycas, p. ."j74, 12, parle seulement de l'effigie du Christ placée sur les nomismaCa.
(3) NojiÎCTiJixTa.
(4) 'P(<)[jiaV(7Ti.