VIE DE SAIXT ML /.IB
nnlrc's (If son sujK'rii'iir sans jamais |in)féi'cr un niurninro. Ses derniers nionionts in(Mii(' iinilrri'nl rt'ni|ireinte de. celte subonlinalion vraiment niililairc, lorsfjnc, imiuranl, snr nn signe de Nil, il se leva de sa roiiclic, hénit rassislaniê, jinis s'('l(!ndit ;i nouveau et rendit lànie.
dette rapide analyse, que j'ai empruntée presque tout entière à un curieux travail de l'eu M. Hrun d'Odessa, nous prouve suraltondaininent que Nil niHait i|u'un pniiiuil plus rallinc' du luilieu dans Iccpud il vivait. La masse même du |iru[ilr demeurait grossière et peu civilisée, cl noire saini n'(''lait que la nianil'eslaliou suprême des idées les jilus élevées qui couraient alors dans la société. L'intolérance et l'ascétisme, voilà deux des traits dominants du caractère des i)opulations grecques de l'Italie méridionale à cette époque.
Nil, \ivant dans sa cellule de pierre, vêtu d'un sac de peau de clièvre, de plus en plus adonné aux pratiques du rigorisme le plus extraordinaire, s'imposant les plus constantes, les plus pénibles pénitences, donnant en même temps de plus en plus l'exemple des plus admirables, des plus touchantes vertus chrétiennes, [iriant, écrivant et lisant, habitait son ermitage avec ses deux compagnons lorsque l'orage qui menaçait la (lalabre depuis quelques années éclata avec furie. En 931 et 9.52, les armées de l'émir Hassan de Sicile et celles des « stratigoi » byzantins se livrèrent en (lalabre et dans le sud de la péninsule à une guerre acharnée. Toute la contrée fut au loin ravagée et pillée. Les Grecs, vaincus, implorèrent une trêve, (jue les Arabes leur accordèrent. Lors de ces dévastations atroces (pii furent parmi les plus cruelles du x° siècle pour les thèmes byzantins d'Italie, dans l'une ou l'autre de ces années maudites, la Vir originale de saint Nil ne précise pas laquelle, les monastères de Mercure furent, eux aussi, détruits par les Sarrasins. Une partie de leurs coureurs monta môme jusqu'à l'ermitage de Nil ipii, voyant la poussière soulevée par leurs chevaux, s'enfuit au plus épais des bois avec ses compagnons.
(Juaud les pillards furent jjartis, il redescendit et constata que lous leurs misérables elfets avaient été enlevés, jusqu'à sou cilice de rechange fail (le pnil de clièvre. hiquiel de son compagnon Sléphanos (\n\, dans la
t(jiir nie, s'élait sé|iar('' de lui. el ne reparaissait pas, il le crut prisonnier
des iiilideles et se mil enurageusemi'ul à sa recherche. A peine avait-il
ne LES JELWES ANNEES DE BASILE
atteint la vieille route militaire qui traversait ce territoire, qu'il vit arriver une troupe de dix cavaliers armés, portant sur la tête des kouffiehs flottantes à la façon arabe. Quel ne fut pas son étonncment quand ces hommes, qu'il prenait pour des Sarrasins, descendant de cheval, s'agenouillèrent à ses pieds. C'étaient des gens de la place forte Aoisinc de Seminara (1) qui couraient la campagne sous un déguisement pour ramasser les fugitifs et les conduire en lieu sûr. Nil apprit par eux avec une grande joie que saint Stéphanos, qu'il croyait perdu, avait été recueilli dans leur cité.
A la suite de ces événements, Xil se décida à rentrer dans Rossano, sa patrie, où il se trouverait plus en sûreté. Il y fonda, dans un site poétique autant que solitaire, le célèbre monastère de Saint-Adrien (2) et en gouverna admirablement les moines (3). On aperçoit encore aujourd'hui les bâtiments à demi ruinés de cet édifice vénérable à peu de distance de Rossano, et aussi de la petite localité albanaise de San Demetrio à cinq milles de Bisignano. Nil réorganisa de même le couvent de femmes de Sainte-Anastasie qui venait d'être fondé dans la partie haute de sa ville natale par Euphraxios, juge impérial des deux thèmes d'Italie ou Longobardic et de Calabre, lequel parait avoir été également originaire de Rossano.
Des années et des années durant, sous Constantin Porphyrogénète comme sous Romain II, sous Nicéphore Phocas comme sous Jean Tzimiscès, le saint administra ainsi son cher couvent avec la plus parfaite sagesse. La renommée de son extrême sainteté s'était de plus en plus répandue dans toutes ces contrées; de toutes parts on accourait le consulter. Il était encore fixé à Saint-Adrien lorsque la mort de Jean Tzimiscès fit des deux fils de Romain II les seuls maîtres de l'empire. Nous avons vu son intervention si ardente et si heureuse auprès du magistros Nicéphore lors de la sédition soulevée à Rossano par l'ordre d'y construire des chelan-
(1) Minasi, op. cit.. noie 12, pp. 291-294.
(21 Fr. Lenorraant, Grande Grèce, t. I, p. 352. appelle par erreur ce premier couvent fondé par Nil : Santa Maria ilel Pâlir. Le fameux monastère rossanitain de ce nom ne fut fondé que vers 1100 par saint Barthélémy. Voy. Batiffol, op. cit., pp. 5 sqq., et aussi Diehl, L'Art Byzantin dans l'Ilalie mérid., p. 193, qui donne des renseignements assez différents.
(3) Fut-il réellement liiL'nuniène de Saint-Adrien ou le fut-il seulement officieusement?