SI
jiou mieux ("onim ilrpuis los réccnls travaux dr M. Wassiliewsky (1) et le mémoire du Père P. Tacrhi-Veiituri (2!, qui l'ont du moins replacé à son époque vraie.
Outre diverses œuvres littéraires d'un ordre très différent et aussi de nombreuses poésies religieuses particulièrement on honneur de la A^ierge, Jean Géomètre a écrit à l'occasion d'un certain nombre d'événements de son temps des pièces de vers qui se distinguent par un art et un goût littéraires très fins pour l'époque et qui sont en même temps une source précieuse d'informations pour cette période si obscure de l'histoire byzantine (3). Il était de race noble, le second fils d'un haut personnage nommé Théodore, [icut-ètre bien ce Théodore de Misthée en Lycaonie qui se couvrit de gloire dans les guerres de Jean Tzimiscès contre les Russes (4). Le nom de Géomètre n'était qu'un surnom. Partisan dévoué de Nicéphore Phocas, dont il se rappelle constamment le règne avec plaisir et qu'il a loué dans plusieurs poèmes, il se montre plutôt hostile dans ses vers à son meurtrier, auquel il ne peut pardonner son crime et qu'il n'a célébré que dans une seule pièi-e, pas même constamment élogieuse. Il avait reçu l'éducation la plus complète et la plus soignée, avait eu des maîtres excellents, un surtout du nnni dr Théodore, auquel il dédia des vers charmants. Il était instruit en litl(Taturi' et en théologie. 11 iiiiil [lar embrasser la vie monacale, poiu- laquelle il avait à maintes reprises exprimé ses sympathies dans ses écrits et ses vers, et se retira probablement au célèbre monastère de Stoudion, la plus belle demeure conventuelle de l'Orient chrétien.
Plus tard, mais seulement après 990, Jean Géomètre fut nommé métropolitain de la lointaine ville de Malatya ou Mélitène sur l'FAiphrate. Jusqu'alors il ne semble guère avoir quitté sa chère Constantinople où il avait été élevé et qu'il appelle sa ville natale. Par certaines de ses pièces de vers, nous apprenons ([u'il fui le témoin attristé de toutes les catastrophes,
(1) Fragments russn-bijzmtliiif, pp. 162-118.
(2^ Commenlariolwn de Jonntie deomelra ejusi/iie in S. Gregoritim Xazianzeniim inaudita laudalione in cod. valicnno-iialatino 402 adservata, Rome, 1893. Tirage à pari des Stitdi e iloctimenti di slovia e dir'dlo, 14 (1893V
(3) Publiées par Cramer dans ses Anecdola grieca, Oxford, ISll. t. IV. Aussi dans Migne, Patrol.gr., t. CVI, en traduction latine.
(4) Voy. dans le mémoire du Père P. Tacclii-Venturi, qui n'est pas de cet avis, op. cil-, p. 7, les charmantes pièces de vers sur ce père qui mourut au loin, séparé des siens, et dont Jean, avec son frère, rapporta pieusement et péniblement les cendres à Constantinople.