‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècleChapitre 11 sur 90 · RÉÉDIFICATION DE L'ÉGLISE DU SAINT-SEPULCRE · texte numérisé non relu

RÉÉDIFICATION DE L'ÉGLISE DU SAINT-SEPULCRE

et les autres dynastes sarrasins de Syrie et les très fâcheuses conséquences qui en furent la suite pour l'Empire. Pour les relations avec le Khalife d'Egypte, toutefois, nous possédons un renseignement intéressant qui nous est fourni par Makdzi '1). En l'an 418 de l'FIégire, dit cet historien, année qui correspond a l'an 1027 environ de l'ère chrétienne, un traité fut conclu entre le basileus Constantin et le Khalife fatimite Al-Zahir. Il fut convenu que le nom de ce dernier serait désormais prononcé dans les prières de toutes les mosquées sises dans toute l'étendue des contrées soumises au pouvoir du hasileus. Ce fait fort extraordinaire constituait déjà par lui-même comme une sorte de reconnaissance formelle du Khalife par le nouvel empereur. Mais, circonstance autrement curieuse, il fut entendu qu'on restaurerait une mosquée sise dans la capitale même de l'Empire, dans la Ville gardée de Dieu, et qu'un prêtre musulman, un « muezzin », y serait installé pour appeler les fidèles à la prière. Quelle preuve plus étonnante de la tolérance religieuse en ces époques barbares, en un tel lieu, tolérance qui contraste si étrangement avec nos fausses notions préconçues sur ce point !

Par une sorte de compensation, le Khalife, toujours par la même convention, autorisait la réédification de l'église de la Résurrection de Jérusalem ou église du Saint-Sépulcre, ce temple fameux si cher à toute la Chrétienté, si universellement vénéré, qui avait été, on se le rappelle, détruit entièrement en septembre de l'an 1009 sur l'ordre du terrible prédécesseur d'AI-Zahir, son père, l'insensé Hakcm (2). Bien plus, le Khalife accordait la permission à tous ceux des chrétiens qui, sous ce dernier souverain, avaient accepté par crainte et seulement du bout des lèvres, la religion musulmane, de retourner librement h la foi de leurs pères. L'écrivain oriental affirme que beaucoup parmi les sujets chrétiens du Khalife se prévalurent de cette autorisation si libérale.

Les écrivains nationaux d'Arménie se montrent, je l'ai dit, favorables à Constantin. Ils racontent entre autres que le frère de ce souverain, le grand Basile, en mourant, avait, par testament, recommandé leur contrée

11 Voy. WiMenrel.l, op. cit., p. 22t.

(2) Épopée, II, p. 442.

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