‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècleChapitre 13 sur 90 · LI-S PORPHYUQGÉNÈTF.S ZOÉ ET THÉODORA · texte numérisé non relu

LI-S PORPHYUQGÉNÈTF.S ZOÉ ET THÉODORA

raienl toujours tous ces désirs et que personne d'entre eux n'agirait plus contre lui, et cette affaire fut arrangée à leur satisfaction réciproque et le parakimomène Xikolaos rentra sur le territoire de l'Kinpire ».

La version d'Arisdaguès de Lasdiverd, historien arménien, est quelque peu différente. « Dès le courant do la seconde année de son régne (I . raconte-t-il, le basileus Constantin avait envoyé en Orient, en qualité de gouverneur, c'est-à-dire en qualité de domestique des Scholes ou de généralissime, l'eunuque Xicétas (2). Celui-ci, étant passé en (îéorgie, par de fallacieuses paroles persuada nombre d' « aznaours » ou nobles du pays de quitter leurs chefs héréditaires pour se rendre à la cour du basileus, à Coustantinople. Enchanté de leur arrivée, Constantin les combla de présents, d'honneurs et de dignités pour les indemniser de l'abandon de leurs possessions, leur assignant en outre des bourgs et des villages avec titres perpétuels confirmés par un écrit revêtu de son sceau... Au commencement de la troisième .innée du règne de Constantin, l'eunuque et parakimoinène Syméon partit à son tour pour l'Orient, c'est-à-dire pour les mêmes régions de (.iéorgie, avec une armée bien plus forte que celle que le basileus Basile avait sous ses ordres dans sa dernière expédition de l'an 1022. Il pénétra dans le royaume «le (îéorgie, mais il n'eut le temps de rien terminer, car la nouvelle de la mort de Constantin étant arrivée peu après, il se hâta de retourner avec son armée à Constantinople ».

h' Histoire de lu Géorgie (3) donne quelques détails de plus : « L'arniée de Syméon, dit-elle, traversa les contrées déjà ravagées par Basile en les saccageant encore [dus cruellement et vint dans le Thrialeth jusque sous les murs «le la forteresse de Cldé-Carni i , possédée alors par Liparit, fils de Liparit, i éristhaw » des « éristhaws ». Là, le parakimoinène fit encore sa jonction avec quelques autres « aznaours » dissidents à la tète de leurs contingents ». Il est probable «pie ces * aznaours » soutenaient un candidat au troue auquel l'Empire se montrait plus favorable qu'au petit prince héritier légitime et que c'élait pour procéder à l ins-

(t i Mars 1027 à mars 1028.

i> Voy. p. 7 .lu prvseni volunn-, (:<) rl.l. RroKsvt, I. p. 'M2.

t) Ou Clde-Cari ou simplement Kahrni, ville «ituér dnns le nonl .le la Siounie.

AFFAMES DE GÉORGIE 31

lallation de ce prétendant que le hasileus avait envoyé le parakimnmène en Géorgie avec une année.

Le parakimomène, toujours au dire de celte même Chronique, ne fut pas heureux. (l'était probablement du reste un fort mauvais général. Il commença par offrir de l'argent, mais ses offres furent rejetées. On se battit ensuite sous les murs de la forteresse de Cldé-Garni, niais il n'y eut aucun résultat favorable. Alors, voyant l'inutilité de ses efforts, le chef impérial prit le parti de se retirer. Sur la route, il rencontra les contingents des « aznaours » demeurés lidèles au petit roi Pakaral. Il y eut à nouveau bataille, mais on lutta mollement. Puis il survint une nouvelle défection d' « aznaours » qui livrèrent leurs forteresses aux Impériaux. L' « éristhaw » du Chawcheth, Tchantchoukha Phalel, livra celle deTscphth et alla rejoindre les Byzantins auxquels il avait déjà auparavant remis son autre forteresse de (îarqlob. Ardjéwan llololis-I)zé leur abandonna également son château héréditaire. Par contre Saba, évèque de Mtbéwar ou de Tbeth, demeuré courageusement dévoué à son roi légitime, sans se laisser troubler par l'état lamentable du Chawcheth, éleva un fort à l'entrée de Tbeth et bâtit auprès de l'église de ce lieu une porte fortifiée qu'il nomma Swéti. Par son énergie et son dévouement, ce prélat fidèle réussit aussi à reconquérir tout le Chawcheth à son prince. « Dieu, de son côté, poursuit le chroniqueur national, honora le roi Pakarat et ne permit pas que ses ennemis lui enlevassent ses domaines».

Cependant la guerre faisait rage. En dehors de ces quelques lignes de Yahia et d'Arisdaguès de Lasdiverd, nous ne sommes plus renseignés sur cette expédition byzantine en Géorgie, sous le règne «le Constantin VIII, que par la seule Histoire de la Géorgie dont j'ai déjà cité quelques lignes racontant la cause et le début de ces hostilités. Les chroniqueurs byzantins, je le répète, passent ces faits absolument sous silence. Le récit de VHistoire de In Géorgie est d'ailleurs aussi bref que confus.

Voici ce que je crois y démêler en combinant les versions assez différentes des deux manuscrits de cetle Chronique : Le parakimnmène après

I) Ou Tsephtba. — Wakhourht écrit « Tseph ».

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MINIATURE BYZANTINE du XI" Sièoto. — Les Israélit-s font mm «ortie contre l* fil* de Benjamin et te lanxentent. — Manu» rit de» Homélies de la Satii'iti, de Jean llamascène, conservé à Jènisal:m. — (Pliot. île Li 80C Ortiuid. l'atestin.t

après* avoir complètement échoué sous les remparts de Cldé-(larni, organisa une nouvelle expédition fort nombreuse avec l'aide des contin-

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gents géorgiens dissidents, sous les ordres de trois chefs nationaux, 1' t éristhaw » et chirlulaire impérial Ioané, de Bana, Wilhang ou

34 f.Fs PORPHVnOGÉ.S'ÈTES ZOÉ ET TUEODORA

Watang, également charlulaire, fit Démétré, du Klardjeth [\'\ fils de Soumliat '-2\ Cotto expédition, destinée surtout à razzier les campagnes et à faire des prisonniers, emmena une fruile de captifs, principalement de malheureux paysans qui furent entraînés chargés de chaînes. D'autres villageois très nombreux se joignirent au contraire aux envahisseurs du Chawchelh. Mais les « aznaours » demeurés fidèles à la cause du petit roi, sous la conduite d'Ezra Anlchel 'IV, retirés avec l'évéquc Saha dans la nouvelle forteresse de Theth ou Swélidontje viens déparier, « imposant une invincible résistance à toutes les promesses de riches récompenses, et soutenus par Dieu el l'intercession des saints apôtres el des saints pasteurs », s'y défendirent aussi vaillamment que victorieusement contre les dissidents qui les assiégeaient avec la dernière rigueur, de concert avec les villageois soulevés. De même Ioané Ahouser réussit à défendre la forteresse d'Artanoudj. « Il n'y eut donc, poursuit le chroniqueur national, que guerres, combats, allées et venues, mais au milieu de tant d'agitations. Dieu continua à honorer Pakaral, roi des Aphkhases et des (îéorgiens. Comme tout l'Orient était ébranlé par ces fléaux, l'injuste basileus Constantin, châtié par une grave maladie, comme l'impie Julien, a cause de sa cruauté envers notre roi Pakaral, et de la dévastation de notre pays, 11 f écrire en diligetice au parakimomène T pour le rappeler, lui enjoignant d'avoir à se retirer sur-le-champ avec ses troupes et d'accourir à Constantinople. Celui-ci obéit incontinent. Mais avant qu'il ne fut de retour dans la capitale, le basileus était mort (.") ».

Voici tout ce que nous savons, hélas, sur ces luttes obscures. On devine confusément à travers les récils si incomplets des rares chroniqueurs, l'éternelle intervention de l'adversaire byzantin si puissant dans les affaires de ce petit royaume lointain. Diviser pour régner, pour conquérir plutôt, telle est la constante devise de la diplomatie impériale.

[T. Province montagneuse de l'Arménie géorgienne. 2j Ou <le Gourecn.

(.1) Ou «PAntrha.

't) M. Brosse! se demande, fort à tort, si i-e parakimomène ne serait point Constantin Dalassène. (Tétait Syméon.

(5 Arisilnaues <!»• I.asdiverd, <!•• son c0| ( -, dit que le parakimomone Syiuéon, arrivé en Géorgie, ne put obtenir aucun résulta •Infinitif, rar, la nouvelle île la mort <lu basileus étant survenue, il ilut retourner en hâte à r.onstnriliiioplu avec son nrmée.

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