‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècleChapitre 14 sur 90 · AFFAIRES D'ARMÉNIE · texte numérisé non relu

AFFAIRES D'ARMÉNIE

Aussitôt qu'un changement de règne, un avènement nouveau, une minorité surtout, devient une occasion de trouble ou de malaise, aussitôt on voit apparaître les diplomates, puis derrière eux, les soldats de Boum. Aussitôt, ils font alliance avec la faction hostile au nouveau souverain. Ils lui prêtent un appui parfois déguisé, plus souvent à ciel ouvert. Ils combattent à ses côtés et ne s'en vont jamais sans avoir annexé à l'Kmpirc quelque forteresse nouvelle, quelque lambeau de territoire, présage certain de la conquête finale, définitive.

Pour ce qui est du royaume d'Arménie proprement dit, nous n'en savons de même que bien peu de chose durant le règne si court du basileus Constantin VIII. Cette contrée infortunée entre toutes, continuait à être en proie aux incursions de plus en plus incessantes, de plus en plus audacieuses, «les Turks Seldjoukides. J'ai parlé au volume précédent de ces terribles agresseurs et de leur grande invasion de l'an 1021 (I) à la suite de laquelle le pauvre roi Sénékhérim du Vaspouraeaii, avait dù céder au basileus Basile sa petite souveraineté trop cruellement exposée aux attaques toujours renouvelées de celle diabolique nation de sauvages cavaliers accourus si récemment des plateaux de l'Asie centrale (2).

Je rappelle encore que le roi d'Arménie, Jean îSempad, fils aîné et successeur de Kakig I", roi des rois, roi pagratide d'Ani, régnait depuis l'an 1020 sur l'Arménie en compagnie de son frère Aschod IV, surnommé le Brave (;fj. Ce prince s'était fort imprudemment, on s'en souvient, allié contre le basileus Basile au roi de (iéorgie, Kéôrki, qu'il redoutait fort, nous dit l'historien Vardan. Après la totale défaite de celui-ci en 1022, il avait été forcé d'implorer lui aussi la paix et

(1) Voy. Épopre, II, pp. 4!»5 6qq.

(2; Ibid., p. 500. — Sur les origines desTurk*. voy. Nvumnnn, <>/». <»/., pp. 10.1 sqq.

(.1) Voy. tèpopér. II. pp. 4i>3 sqq. ot Mathieu d'Kdesse, éd. Dulaurier, note 1 de la p. .174. — « Le* renseignements sur cette époque de In vie politique ot sociale de l'Arménie, dit avec, raison M. Grene {op. cil., p. H"). Ront incomplets et confus. Kirakos et Vardan ne citent que quelques faits isolés. Ajoutons que ce ne sont pas là des contemporains. Les Chroniques d'Arisdagueg de Lasdiverd et de Mathieu d'Kdesse fourmillent d'anachronismes. Un grand nombre d'événements sont confondus, beaucoup sont embrouilles. Il est difficile de dire, dans l'état actuel de nos connaissances sur l'histoire d'Arménie, si les ouvrages de ces deux derniers auteurs sont altérés par les copistes ou bien si les auteurs ont introduit, dans un but intentionnel connu d'eux seuls, des anachronismes dans leur propre texte. Nous ne pouvons donc, parmi ces renseignements, choisir que les plus topiques. »

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d'envoyer à cet effet au basileus Basile le catholicos «l'Arménie Pierre ou Bédros, surnommé « Kédatartz » 1 . Le basileus s'était montré très hostile et, pour obtenir son pardon, Jean Sempad avait dû, par la bouche de son pieux envoyé, accepter les conditions les plus dures et s'engager à léguer après lui son royaume à l'Empire (2:. Après la mort du grand Basile, la situation du malheureux royaume dont les frontières étaient sans cesse violées par les Turks, était demeurée fort précaire, presque désespérée. A la suite des invasions constamment répétées des cavaliers de la steppe, une famine aussi était survenue, si atroce que beaucoup de cultivateurs avaient dû se décider à vendre femmes et enfants pour éviter lamorl. Les voisins musulmans, tant les Turks que les contingents des dynastes arabes environnants, même les soldats byzantins sur la frontière du Sud, pillaient et dévastaient presque sans discontinuité les provinces limitrophes. Les deux pauvres rois, sans argent, sans ressources, demeuraient complètement impuissants au milieu de tant d'horreurs. Il ne restait qu'une force, le clergé, mais le catholicos Bëdros, parait-il, bien loin de songer à porter secours à ses ouailles défaillantes, dépourvu de toute aptitude politique, absolument incapable de jouer le rôle qu'on lui destinait, avide de lucre par-dessus le marché, consumait ses jours en pratiques religieuses d'un ascétisme aussi extraordinaire que puérile.

En Italie, durant le règne si court du faible Constantin VIII, les affaires des (îrecs, grâce à la valeur de l'intrépide * catépano » Bojoannès, se maintinrent dans des conditions assez favorables. J'ai dit au volume précédent ;3) comment le trépas subit du glorieux Basile avait arrêté court les progrès de la grande expédition byzantine en Sicile. C'est à

(1) Épopée, 11, pp. 490 sqq. « Bédrog, frire «lu catholicos Kakiij, «lit M. Brosset, Coll d'hist. armen.. Il, p. 412, « v lu en 10Iλ, remplacé en 103:», pur lhOscore, de Sanaliili, qui siégea à pleine deux ans, mort en I0.1S, siégea trente-neuf années. Il est connu nous le nom de c Kédatartz », « Celui qui fait rebrousser un fleuve », à nuise «l'un miracle qui lui est attribue. Voy. entre autres Kirakos, éd. Brosset, p. 50 et là même di s notices sur la mort et le lieu de sépulture du personnage.

(2) Épopée, H. p. »!«!>.

(3) Épopée, II, pp. j'Jlt et 6l;t. — Aboulfaradj place par erreur l'expédition d'Orcstc en l'an 1027. Chez cet auteur, le nom du « cutépano • Bojoannès se trouve déformé en « Vulcano ». De même la Chronique «lu protospathaire Lupus place par erreur seulement en 1028 l'arrivée à Uari de la Hotte amenant Oreste et son armée. Lupus place à cette mémo année le remplacement de l'évêque «léfunl de Bari par Byzantins qui fut à celle occasion nommé archevêque

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l'occasion de celle expédition que le ziride Motlizi Ibn Bàdis, qui régnait en Afrique, avait offert son secours an nouvel étnir de Sicile, Aklial. Il

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