MORT DE COXSTAKTIS VIII
invoquée par ceux qui, au Palais, voyant cette union «le mauvais œil, voulaient à tout prix s'y opposer, mais elle fut presque aussitôt définitivement écartée. L'Église, par la bouche docile du patriarche Alexis, très favorable à ce mariage, ayant levé toutes les barrières, proclama qu'il n'y avait h cette union aucun empêchement canonique sérieux. Aussitôt donc, sans le moindre délai, Zoé fut solennellement unie à Argvros, probablement dans la chapelle du Palais. Yahia affirme que si le patriarche se prêta si facilement a rompre le premier mariage de Romain et à lui en laisser contracter aussitôt après un second malgré les difficultés d'ordre si grave, ce fut dans l'intérêt de l'Ktat, afin d'éviter toute lutte pour le pouvoir après la mort maintenant imminente du basileus Constantin.
Le troisième jour après le début de cette maladie si violente et aussi de cette crise politique intérieure, le 11 novembre de l'an 1028 <), le basileus Constantin, qui avait ainsi pu assister aux premières heures de l'existence commune de la nouvelle basilissa et de son époux si rapidement improvisé, expira, laissant l'Empire à son nouveau gendre. Il mourait à soixante-dix ans (2). Presque toute sa vie s'était passée sur le trône aux côtés de son frère Basile. Il avait régné seul trois ans moins quelques jours (3).
« Constantin, nous dit Yahia (V;. fut enseveli dans le très beau tombeau de marbre, de couleurs harmonieuses et de dessin varié, primitivement préparé par son frère Basile pour lui-même aux Saints-Apôtres, tombeau délaissé plus tard par ce prince pour celui de la petite église de Saint-Jean-l'Kvangéliste (5\ »
On attribue, sans preuves très sérieuses à l'appui, au court règne solitaire de Constantin après la mort de son frère, quelques monnaies
(W-tii' : IKK-ne, épuusée par Constantin l'orphyrogénète en 919, et Agathe, la seconde, épousée par Romain Argyropoulos trois ans après, lorsque Lécapène était «léja basileus.
il' La veille delà St-Martin, «lit la ritroniyw ilu protospathaire Lupus. Probablement dans la nuit du 10 au 11. Voy. Murait, op. cit., F, p. GU2, par. :t.
(2) Soixunt'-huit. «lit L< brau.
(3) Le copiste qui a transcrit l«- texte «le Cédrénus a ajoute cett.' glose curieuse (voy. Cé«lr>'nu*. e«l. Bonn, II, p. 871) : tj tr.oîr)«a;, Ko>v<rîxrrtvs, TK^iiTac il xvlpûirruv ye.iiievo;.
4) Op. cit., p. 71.
i,3) Voy. Épopée, H, p. 622.
m LES P0RPHYR0GÉSÊTE8 ZOE ET THEODORA
d'or et «le cuivre sur lesquelles ce prince, déjà très âgé à cette époque, figure avec une longue barbe très fournie, vélu de la robe de cérémonie à grands carreaux. 11 existe de ces sous d'or des exemplaires à flan épais, de module moindre, et d'autres de plus grand module, à flan mince. Au dmit <>n lit la légende, en caractères grecs : Constantin, basileus des Romains. Au rêver*, sur les sous d'or, figure la vieille devise latine : Jhesus Christus rcx mjnantium, environnant le beau buste du Rédempteur sur la croix des monnaies byzantines de celle époque. Sur les pièces de cuivre on lit au revers la légende grecque en quatre lignes : Constantin, [fidèle) en Dieu, basileus des Humains I .
On connaît une seule .Novell»- de ce basileus durant le?, trois années de son règne solitaire. Klle est datée du mois de juin de l'an 102t> et consacrée t ù ceux qui tentent de se révolter contre le chef de l'Etat et à leurs complices 2 ».
(1) Voy. Sabali. t , /v.w. . r „,r. ,ies monnaie» hyzantiw-*. t. Il, p. 130, pl. XLVIII - I XUX.
(2t Voy. Zar harim v. Lingonthal, Jus gr*c,>-rom., III. p. 320, n' XXXI. — Mortr.uil, op. cit.. Il, p. 3i'J. attribue a tort cotte t Norelle » i Coixt intin, llls de Léon. — Capasso, M muni, wt neapol. ducatu* Ai»/, prrlin., II, /w/-< prima, Naples, 1x85, publie dix-huit Ht*M '•'••"-•rv. 's ma archives do Naples ... i. s 10.1 a «21 . If dernier dtaté de l'an 1011, (OUI dalél de ci.ll. ville . t du rogne du ba«ikus Constantin VIII. — Voy. encore Krumbacher. Gi-tch. der byi. Litter., V éd.. p. «36, au sujet d'un Trait, de Tuctiuue attribué à ce basileus.
«or d or tu m«ii,Ki * . ortantin vin.
IVOIRE dti XI"' Siècle du o Muneo i'ivi->> » de Bologne. — Imitation hytantine italienne. — Le Christ au Janlin îles Olivier». Le Chri.it réveillant tes di»:ipUv endormi». — lGntx-en, II, 8).
ŒkfïïlE 1
Rumiio 111 .Vrgyros prend en main* le pouvoir. - S«* origine». — Sa famille. - Sou portrait physique et moral. — llrurrux débuts du r<-gnr. — Itvvers en Syrie. — Expédition d'Alep conduite par le basilru* en penonne. — L>o*astr<-us<- retraite <|ui met lin a la cainpagiir a |>eine commencée. — Premier» exploit» de Georges Man'uikét. — Gouvernement de Humain Argyro». — Sainte Marie de Périblepte. — Conspiration». — Xugoci ttions avec la Uéorgie et avec l'émir d'Alep. — Conduite d'Edcsse par Maniai.»"*. — Corsaires sarrasin-» et conspiration* nouvelles. — Expédition uavale contre Alexandrie. — L'émir de Tripoli. — Evénements de Pergrt. — Affaires de Uéorgie et d'Arménie. — Affaires d'Italie. — Joannrs l'i trphanolroplie et ses frère». — Intrigue de Micliel avec la hnflim Zoc. — Mort tragique du bnalleQI Romain.
SOU D'OR du ba*ileiut Romain Art/y roi.
LE 12 novembre «le l'an 1028, lendemain de la mort du vieux basileus Constantin, Humain Argyre, ou plus exactement Argvros il, Humain 111 dans la liste des basileis orientaux, marié depuis deux jours à l'héritière du trùne et couronné avec elle, prit en mains les destinées de l'Empire. A ce moment, Robert le Pieux, tils de Hugues Capet, régnait en France depuis tantôt trente-deux années. Jean XIX était pape à Home.
La famille du nouveau souverain, si étrangement élevé au trône, était dés longtemps influente et presque illustre à Constantinople , dès le règne du basileus Michel, iils de Théophile, disent les chroniqueurs. Sons
(1) Ou encore c Argyropoulos », cVal-»i-dire « III* d'Argyros. » Cesl ainsi «pue le désignent constamment Psellos, Zonaras, aussi Vahirt. Guillaume. <le Tyr donne à ce prinre le
LES PORPHYROGESÈTES ZOE ET THEO DORA
cet empereur, Léon Argyros avait, le premier de sa race, porté ce surnom par lequel elle fut constamment désignée dans la suite. On avait ainsi appelé ce personnage à cause de la pureté de sa vie sans tache ou à cause de sa beauté physique, peut-être bien plutôt pour ses exploits contre les fameux Manichéens de Téphrique et les Sarrasins de Mélitène. Le petit-fds de ce Léon, Kustathios Argyros, créé parle basileus Léon VI, magistros, stratigos du thème asiatique frontière de Charsianon et drongaire de la Veille, c'est-à-dire préfet de police à Constantinople, puis envoyé à la tète d'une armée contre les Sarrasins, s'était vu disgracié malgré ses hauts faits et s'était empoisonné de désespoir. Son fils, l^éon, également magistros, de plus domestique des Scholes, avait été le propre père du nouvel empereur.
Romain Argvros avait eu divers frères et sœurs (1 ï, parmi lesquels je citerai seulement : Hasile Argyros, dit le Mésardonitès, patrice et stratigos du thème de Samos qui, aux temps du défunt basileus Basile, avait été envoyé en Italie pour châtier la révolte de Mélès, en l'an 1010, et y avait été battu 2 , puis avail été par le même souverain expédié en l'an 10(6 dans l'extrême Orient pour administrer la nouvelle province du Vaspouraçan, mais y avait si mal réussi qu'il avait été presque aussitôt destitué (3] : Pulchérie Argyros, mariée à un personnage dont nous ignorons le nom, mère de Constantin Diogène d'où était issu le futur basileus Humain IV Diogène : une autre sortir nommée Marie, donnée en mariage en l'an 1003 par Basile II au jeune doge de Venise Jean Orseolo, associé au pouvoir par son père Pierre Orseolo et venu en ambassade à
surnom J' « Hiérapolit.ùn », probablement par.u que sa famille .'-lait originaire d'Hiérapolis. Skylitzos le nomme constamment Argyros.
(Il Du Cinge, me semble-t-il. a commis ici plusieurs erreurs. Il mo parait impossible que Pothos Argyros, Léon Argyros, Mariurios Argyros, rilés également par lui comme frères i|p Romain IIF, l'aient été vu réalité.
Voyez encore sur l'alliance très prorhe .le Romain Argyros avec la famille impériale : r.frœrer, op. cit., MF. pp. 123 et US. Il était, je l'ai «lit, proche cousin «les deux impératrices, filles rie Constantin VIII. C'est probablement, j' 1 l'ai 'lit aussi, cette parenté qui finit par faim pencher la balance en sa faveur.
;2 Épopée, II. pp. 5 Cf sqq. — l.'ue fille de ce Urtsile, Hélène, fut, nous le verrons, donnée en mariage par son onde. Je basileus Romain, a l'akarnl IV, roi <le rieorgie. Ine autre princesse, fille de ce. inouïe frère de Romain, fui encore, nous le verrons également, donnée pour femme pur lui au roi Jean Sempad d'Arménie
(3) Épopée, II, p. 506.