‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècleChapitre 23 sur 90 · HEUREUX DÉBUTS DU RÈGXE · texte numérisé non relu

HEUREUX DÉBUTS DU RÈGXE

dépouillé les populations les plus aisées de l'Empire et leur avnit inspiré pour la mémoire de Basile, l'inventeur de cette charge inique, une véritable exécration. Il n'est que juste de rappeler que Constantin VIII, au moment où la mort le surprit, s'apprêtait déjà à prendre de lui-même cette mesure d'une si capitale importance (l;.

De même encore, Romain lit sortir de prison un certain nombre de malheureux et d'abord tous ceux si nombreux qui, dans tant de geôles de l'Empire, n'étaient enfermés que pour dettes. En une seule fois »•■• prince vraiment humain annula par décret toutes celles de ces dettes qui n'étaient qu'envers l'Etal. En même temps il payait généreusement de sa bourse toutes celles qui concernaient des particuliers. Il fournit également des subsides aux évèques ruinés par YAUtlengyon. Les infortunés captifs enlevés par les barbares l'etchenègues à la suite de leurs fréquentes razzias au delà du Danube, furent de même par les soins de Romain soigneusement rachetés. Tous ceux que le défunt Constantin, ce prince au caractère si faible, si facile à tromper, avait ou fait mutiler ou dépouiller de leurs biens ou léser de quelque autre manière, furent dédommagés par l'octroi d'honneurs et de libéralités. Trois des plus importants sièges métropolitains d'Asie : ceux des cités de Cyzique, d'Euchaïta et d'Ephèse se trouvaient vacants. Romain y pourvut par la nomination de trois syncelles des plus méritants, aussi vertueux qu'instruits. Sur le trône épiscopal de Cyzique, il installa Démétrius Radinos, avec lequel, avant son élévation au trône, il avait été lié par les liens de la plus étroite amitié. A Euehaîta, il nomma Michel, également nommé Radinos, proche parent du précédent (2). A Ephèse enfin, il envoya le syncelle Kyriakos, parent du patriarche Alexis Stoudite (a; .

Jean le Protonotaire, l'ancien ministre du défunt basileus Basile :T, lus des agitations du pouvoir, fatigué de la vie de cour, avait pris l'habit

(1,1 Voy. p. 20, note 1.

(2) F'eut-etre bien sern frère : ôp.&î|iu7. Voy. Cédrénus. Il, p. H"4. Je possède dans ma collection de bulles de plomb byzantines deux sceaux de membres de cette importante famille des Radinos.

(3) Voyez sur ce» nominations : (ifrœror, o/*. cit., III, pp. 130 et 131.

(4) Épopée, 11, p. 621.

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religieux et vivait au fond «l'un monastère. Rappelé par le nouveau basileus, il fut créé par lui syncelle, c'est-à-dire coadjuteur du Patriarche, en outre surintendant de la maison de la seconde basilissa Théodora. Romain n'aimait pas cette vieille princesse et la soupçonnait injustement, malgré son grand âge, de quelque engagement secret, puisqu'elle lui avait, nous l'avons vu, refusé sa main (1). Il la soupçonnait également de s'allier aux mécontents pour conspirer contre lui et Zoé. Aussi chargea-t-il tout spécialement l'ancien protonotaire de la surveiller très exactement. Ce fut là, pour la pauvre femme, peut-être pas tout à fait innocente des menées dont on l'accusa plus tard, le début de longues persécutions.

Beaucoup d'indigents, réduits à la dernière misère par les terribles taxes de VAHMengyon, beaucoup de prêtres et de religieux aussi tombés dans le besoin, furent abondamment secourus par le basileus. Romain distribua également de très riches et abondantes aumônes pour le salut de son défunt beau-père Constantin et se fit, je l'ai dit, un généreux point d'honneur de réconforter tous ceux que ce prince avait injustement traités. Ainsi il s'empressa de conférer la très haute dignité de magistros à son beau-frère Skléros, mari de sa sœur qui, sous le dernier règne, on se le rappelle, avait été condamné tout à fait injustement à l'exil, puis avait eu les yeux crevés (2). De même, le palrice Nicéphore Xiphias, l'ancien rebelle d'Asie, exilé en l'an 1022 par Basile dans un monastère de l'île d'Antigoni, dans l'archipel des Princes 3), et maintenu constamment depuis dans cette claustration rigoureuse, fut gracié et rappelé dans la capitale en considération des services signalés qu'il avait rendus aux temps déjà lointains de la grande guerre de Bulgarie (i). Mais lui, décidément dégoûté du tumulte de ce monde, retourna presque aussitôt, cette fois de son plein gré, dans la vie du cloître. l\ s'enferma pour le reste de ses jours au grand couvent de Stoudion, la plus illustre et vénérable maison monastique de la capitale.

(1) Voy. p. 58 du présent volume.

i2) Voy. p. 17 du présent vulume.

(3,i Èpoimr, II, p. 522. C'est par erreur que j'ai écrit, en racontant l'exil do ce personnage à Antigoni, que l'histoire ne parlait plus de lui dans la suite, (il tbid., II. p. 215.

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