EXPÉDITION CONTRE ALF.P
chroniqueurs byzantins ne soufflent mot et qui nous est connue uniquement par une très brève mention dans les sources arabes (1). Celles-ci, en effet, à l'année 421» de l'Hégire, qui va de novembre 1031 à novembre 1035, rapportent ce qui suit : « Les Grecs envoyèrent à Antioche une grande armée pour conquérir Alep. L'émir de cette ville, qui était toujours encore Ghibl Eddaulèh Ibn Saleh Ibn Mirdàs, marcha contre eux et les mit en déroute après un combat acharné, parce qu'ils étaient mourants de soif à cause de l'extrême chaleur et qu'ils avaient de mauvais guides. II les poursuivit jusqu'à Azàz (2), à une journée de marche au nord d'Alep, puis s'en retourna sain et sauf chez lui dans sa capitale avec un gros butin. Cette expédition malheureuse sur laquelle il serait intéressant de posséder plus de détails dut être organisée par le duc Constantin, frère du basileus (3).
Pour cette même année, Ibn el-Athir et Ibn Chaldoun font encore le récit suivant : * Cette année 120 de lïlégyre, Ibn Waththàb le Numérite, qui était seigneur de Saroudj, de Rakkah et de Ilarràn, sous la suzeraineté du basileus, réunit autour de lui un grand nombre d'Arabes et d'hommes d'autres nations, puis invoqua l'assistance des Grecs d'Kdesse. Une forte armée grecque s'étant jointe à
ii) Voy. Wilstenfetd, op. cit., p. 226. aussi [l>n . l-Atliir, op. cit., IX. p. 302.
(2) C'était presque constamment aux alentours de cette petite ville forte dominée |Mtr un château que se décidait le sort des expéditions byzantines contre Alep.
(3) Il so pourrait cependant qu'il y eut là quelque confusion avec la grande expédition de U ornai n Argyros de l'an t«>2'J qui eut une issue également si funeste. — Chibl Kddaulèh péril au printemps de l'an 1038 dans un combat contre les troupes égyptiennes d'Anoùchtikin. Son frère et successeur Mouizz Eddaulèh Thimdl Ibn Saleh fut, cette même année, chassé d'Alep par ce général qui restaura à ce moment dans cette ville comme dans tout le nord de la Syrie, sauf la portion occupée par les Grecs, l'autorité du Khalife d'Kgypte, Moslancer. La ferme autorité d'Anoùchtikin, non Seulement rétablit la paix dans toutes ces régions, à Damas en particulier, mais dérida même l'émir ou gouverneur de Harr.'m, à faire proclamer de nouveau le Khalifat égyptien dans les trois mosquées de cette ville, de Saroudj et de Hakkah. Kn même temps, on le verra, une trêve de dix ans était signée entre le Khalife et le basileus. Pour la suite de l'histoire d'Alep et les luîtes à son sujet entre les Mirdaaides et les lieutenants du Khalife d'Kgypte. voy. Stanley Lane Poole, A hitlory of Etjypt in the middle a;/e$, p. 160.
Si EAU île pt.,mh .te nui Collection nyunt appartenu à Xi'chw, frère iln Inutilm»
Mirliet IV, potriif.. r»i-tenr rt « wtépano » (te li Gronde Anlioihe.
190 /./.s l>Otil>IIYl:n<lESi:Ti:s /DE ET ï' Il IC'tl'OH.i
lui, il se dirigea vers lu région soumise à Nasser Kddaulèh lbn Merwàn, la pilla et la dévasta, lbn Merwàn réunit alors ses troupes et demanda leur aide à Qarawàch (I) et à d'autres. Des renforts lui arrivèrent de tous les côtés. Quand lbn Waththàb vit qu'il en était ainsi, et qu'il ne pourrait atteindre son but, il quitta le pays. Alors lbn Merwàn envoya à l'empereur grec des bomiues qui lui reprochèrent d'avoir rompu la trêve conclue entre eux. Il envoya aussi de tous les côtés des émissaires chargés de lui recruter des soldats pour la reprise des hostilités. Il réunit ainsi un grand nombre de combattants pieux et braves, et partit assiéger Kdesse. Mais à ce moment arrivèrent des envoyés du basileus, qui lui firent des excuses et jurèrent que celui-ci n'avait pas été averti de ces faits. De plus, il faisait savoir à ses troupes d'Kdesse et à leur chef qu'il désapprouvait leur conduite. Il envoyait, en outre, de magnifiques présents à Nasser Kddaulèh, qui renonça à ses projets de conquête et renvoya ses troupes. »
Le récit que nous a laissé Skylit/.ès de la prise de Myra par une flotte de corsaires sarrasins est plus détaillé. Celte cité maritime de Lycie, qui a Conservé son nom jusqu'à aujourd'hui, devait sa célébrité à son antique église de Saint-Nicolas, où le corps «lu saint, ce corps fameux qui suait la myre, et qui plus lard fut volé et transporté à Bari par des marchands de Venise, attirait déjà par d'innombrables miracles la foule des malades, des fidèles et des pèlerins. A parlir de la mort du grand Basile, la police de ces mers n'ayant plus été maintenue avec la même rigueur, de grandes flottes de corsaires sarrasins avaient recommencé, dès le règne de Bomain Argyros, après un très long temps, à épouvanter à nouveau tous les rivages de l'empire grec et non plus seulement ceux d'Italie. Nous avons vu déjà de véritables * armadas » africaines opérer dans l'Adriatique, ravager les côtes de l'illyrie, jusqu'à ce qu'elles eussent été détruites par le stratigos impérial de Dvrrarbion (2). Au début du règne de Michel IV, il semble que l'Archipel, malgré la présence de la flolte du stratigos de la Dodécanèse, élablie spécialement pour assurer la sécurité de ces rivages, soit devenu à son four, malgré son éloignement des côtes d'Afrique, le théâtre des exploits de ces corsaires. Skylitzès dit expressé-
• 1) Ou Kirwas.r|).
2 Voy. pp. )'.». !:>} .-t 126 du po sent volume.