SAC DF. M Y II A PAR LES NARRAS ISS
ment qu'il n'y avait là que des Sarrasins d'Afrique et de Sicile, ceux d'Egypte et de la côte de Syrie ne pouvant ou ne voulant pas mettre à lu nier des armées navales aussi puissantes. Les exploits de ces flottes dans l'Archipel semblent, d'après les indications de Skylitzès tragiques en leur extrême brièveté, d'après quelques mots aussi de Zonaras et de Clycas, avoir été vérilablement elTroyables. Un des plus fameux paraît bien avoir été la prise et le sac de Mvra en 10'ii. Les Sarrasins pillards avaient certainement été attirés en ce lieu par la renommée des trésors accumulés dès longtemps par la piété et la reconnaissance des malades et des fidèles dans l'église du grand thaumaturge d'Asie. Les chroniqueurs cités plus haut disent uniquement que la ville fut prise par les hordes musulmanes descendues de leurs innombrables esquifs, mais il va de soi que le saint temple fut entièrement dévalisé et la partie la plus jeune de la population emmenée en esclavage. Ce dut être une de ces terribles scènes de meurtre et de pillage dont les annales des malheureuses cités maritimes d'Orient fourmillent à celte époque 1 . Clycas ajoute ce renseignement que Myra fut prise ce même jour de septembre où parut la colonne de feu qui tant effraya les fidèles à cette époque (2).
Quelques lignes plus bas, Skylitzès revient encore sur cette cité de Myra (3) pour nous faire le bref récit que voici : L'Orpbanotrophe ayant été atteint d'un ulcère malin à la bouche, probablement un cancer labial, mal qu'aucune médication ne parvenait à guérir, se désespérait de tant souffrir. Un jour de cette année K>:U, il vit en songe le grand saint thaumaturge Nicolas qui lui ordonna de se rendre en hâte à Myra où il trouverait laguérison. Il obéit aussitôt. Ce devait être presque immédiatement après le foudroyant passage des pirates sarrasins. L'illustre pèlerin lit don à l'église du saint d'une foule d'objets précieux, d'onguents et «l'encens, certainement destinés à remplacer ceux dont elle avait été dépouillée. II lit aussi entourer le pieux monument d'une haute et magnifique muraille, dans le but certainement de lui épargner un nouveau désastre comme celui qui
' 1: Voy. f'n Empereur byzantin au A'™* tiède, pp. X'i sqq. \i) Voy. sur ct-tle colonne de feu, Murait, op. cil, I, C12, i.
{'l) Ce sont toujours là |»>s notes fournies probablement par le métropolitain Jean Mauropos U'Eurhaita. Voy. la note 5 <le I;i p. n*i du présent volume.
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renaît de le frapper. A la suite «le ces générosités, l'Orphanotrophe se trouva miraculeusement guéri!
Les dévastations des pirates sarrasins en ces parages n'en cessèrent point pour cela, semble-t-il, car Skylitzès y fait allusion deux fois encore. A l'année |(i:t:>, ce chroniqueur note que les corsaires d'Afrique et de Sicile dévastèrent à nouveau tous les rivages des Cyclades et du thème des Thracésiens, certainement aussi ceux des thèmes de Samoa et des Cibyrrhéotes, rVsl-à-dire tout le littoral qui va d'Kphèse à Myra. Ils finirent pourtant par être cernés et cruellement battus par les chefs militaires de ces régions et, comme de rigueur, cinq cents d'entre eux, pris et liés tout vifs, furent expédiés au basileus pour paraître dans le triomphe au Cirque
avant «l'être vendus a l'encan. Tous les autres prisonniers sarrasins fort nombreux, semblet-il, furent, châtiment effrovable évidemment institué à litre d'exemple, empalés sur des pieux fixés de distance en distance le long de la côte qu'ils avaient tant ravagée, < depuis Adramyttion jusqu'à Strobilos » (1). Très peu «le temps après, toujours au «lire de Skylitzès 2 , une nouvelle bataille navale eut lieu entre Ies-mèmcs adversaiivs, et celte fois le stratigos «lu thème «les Cibyrrhé«>tes, C«>nstantin Chagé, battit à nouveau les pirates. Il détruisit entièrement leur armement, envoya cinq cents captifs au basileus et fit noyer les autres. Ce chiffre de cinq cents prisonniers qui se répète d'une manière si uniforme dans tous c«'s combats, ne laisse pas que «l'être assez inquiétant. N'y aurait-il pas confusion, et, en particulier, ces deux derniers combats n'en feraient-ils qu'un ? C'est bien probable. Ou bien ce chiffre «le cinq cents captifs était-il une sorte de «lime prélevée au bénéfice du basileus sur
PIÈCE D'OR -/<« khalife d'Êgypte
Al-Xuhir, fni/»/«v <m Â'iiire <Mi*r, en l ut» >lr J.-C. 10»).
(lï Ou Termeron de «'.arie.
(2) Vojf. Odr., 51V. — Dans ce tu* m'" 1 !!»» année 1035. à lu suit»» d'un tremblement de terre, cinq localités du thème des Bucellaires furent englouties dans une monstrueuse Assure du sol. « Peu s'en f.jllut. raconte Skylitzès, que le proèdre Niréphore, haut personnage, ancien eunuque favori de feu le basileus Constantin, lequel se trouvait de passaee en ces panures, ne périt. Il fut sauvé contre toute espérance, et, à la suite de ces émotions, se fit moine au monastère de Stoudion. » — Aboulfaradj op. cit., p. *26| note pour la même année des inondations « en l'erse ». — Voy. encore Mathieu d'tvlesse, éd. Dulaurier. p. 53.