‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècleChapitre 60 sur 90 · LE HÉROS HARALD HARDRADA · texte numérisé non relu

LE HÉROS HARALD HARDRADA

déjà fi), si célèbre dans les récits nordiques par ses aventures extraordinaires, par sa mort tragique, en 10G6, en Angleterre, à Stanfordbridge, près d'York, dans une bataille contre le roi Ilarold, comme aussi dans l'histoire russe par ses relations avec le grand duc Yaroslav le Sage. Jusqu'à il y a très peu d'années, nous ne le connaissions, lui et ses fabuleux exploits au service du basileus, que par les récits légendaires des Sagas islandaises ou nordiques, principalement de celle qui porte son nom (2)j ou encore par ceux des poésies Scandinaves, récits qu'il est souvent impossible, toujours très difficile de ramener à des proportions historiques. Eux seuls jusqu'ici nous avaient dit sa fuite jusqu'à la Ville gardée de Dieu et ses hauts faits au service du basileus dans ses armées comme chef des Vaîrings à sa solde, ses luttes héroïques à la tète des forces impériales contre les pirates sarrasins dans la mer Kgée, contre les t Scythes » ou Bulgares dans la péninsule des Balkans, bien d'autres exploit- encore. Aucun auteur grec venu jusqu'à

PLAQIE D'ORFEVRERIE d'art byuintin du A7-» un A7/"" Siècle. — Le Christ enseignant. — (Coll. Martin Le Roy.j

(1) Voy. pp. 193 et 202 du présent volume.

(2) Voy. Scriptn hittorica Mandnrum, VI, Copenhague, 1835, pp. 119 h 181, et Snore SturlcAon. lleimikringla or t'hronirfr nf the Kiwjt of Sarway, M. anglais.* do S. LtlSg, Londres. 1HU, t. pp. 1 à Ni, Sa«a IX, chap. I à XV. — Voy. enmre sur les sourn s concernant Harald : Bury, op. cit.. note 66, et Krunibacher, op. cit., p. 269.

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nous n'avait parlé de lui, aucun ne l'avait même nommé, et nous pouvions croire que ses actions d'éclat tant célébrées par les chantres Scandinaves tenaient surtout du domaine de la fable et qu'il avait fini par retourner dans le nord sans laisser de lui aucune trace ni dans les chroniques byzantines, ni dans celles de l'Italie méridionale, lorsqu'une nouvelle source grecque aussi précieuse qu'inattendue est venue nous éclairer sur l'authenticité de ces récits nordiques d'une manière aussi frappante qu'irréfutable. Je veux parler du fameux traité manuscrit anonyme de la Bibliothèque Synodale de Moscou, intitulé le « Cecaumeni Strategicon » (1), publié pour la première fois en 1881 par M. Wassiliewsky, que j'ai cité tant de fois déjà dans les volumes précédents comme dans celui-ci (2). Parmi les personnages contemporains dont parle l'auteur anonyme au courant de ses récits, personnages aux côtés desquels il a combattu dans les rangs des soldats du basileus, figure, chose bien extraordinaire, désigné par son nom, le héros Harald, le propre héros légendaire des Sagas ! Pour prouver combien les basilcis de cette époque considéraient peu les chefs mercenaires étrangers, même ceux qui avaient rendu a l'Empire les plus signalés services, tout un chapitre du Strategicon ('l) est consacré à ce personnage par l'écrivain anonyme qui dit avoir servi à ses côtés dans les mêmes armées impériales (4). Son témoignage offre donc des garanties exceptionnelles. Ainsi se trouvent d'un seul coup confirmés tant d'autres renseignements sur ce personnage que nous pouvions jusqu'ici considérer comme entachés d'un caractère quasi légendaire (fi). Voici le texte de ce précieux passage qui modifie quelques assertions acceptées jusqu'ici par les biographes du héros norvégien:

« Je vais conter à Votre Majesté, dit notre écrivain, une autre histoire et j'en resterai là. Harald était fils d'un roi de Varangie (6); il avait un

'{ I) Ou encore Conseil» et récit» d'un grand seigneur byzantin du XI— tiède.

(2) Voy. surtout : Épopée, I, pp. 620 sqq. M. Wassiliewsky a publié une 2~ éd. en

(3) Ch. 246 intitulé « Um; autre histoire ».

(4) II écrit : « "M|iy|v li niyii t<kt àru>-»tiî6|j.ivo; -jitkp tov JîaTtMw; *atà th Svvaràv. »

(5) Voy. sur ce sujet si passionnant : iHIarc, op. cil., pp. VIII, note 3, et 553 sqq, puis encore Amari, op. cit., II, p. 383: Wa.ssiliew.4ky, Conseil» et récit», éd., pp. 246 et 327 sqq et 2* éd., pp. H, 14, 'J7, mais surtout le précieux mémoire du même savant russe intitulé : l.n droujina txringtt-rmse, elr.

i.6 Parcelle expression, l'écrivain anonyme fait voir qu'à Constantinople, au xi"" siècle, ce nom «le Varange, sur l'étymologie duquel on a tant discuté, avait une signification ethno-

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