‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècleChapitre 62 sur 90 · BATAILLE OF. TRAINA · texte numérisé non relu

BATAILLE OF. TRAINA

combat singulier un kaïd qui était devenu la terreur des chrétiens par sa bravoure et sa force colossale. Mais la puissance extrême de ces remparts arrêtèrent les opérations qui traînèrent en longueur. L'émir Abdallah eut ainsi le temps de réunir, dans la région montagneuse de l'ile, une nouvelle armée accourue non seulement de tous les cantons de la Sicile, mais surtout d» i s côtes d'Afrique. A la tête de plus de soixante mille hommes, il tenta d'attaquer les (irecs par derrière. Maniakès, forcé de lever le siège de Syracuse et de rétrograder pour aller le combattre, contournant les pentes occidentales de l'Ktna, le joignit avec son armée dans la plaine à Traîna ( 1), entre Cesaro, Molclto et Randazzo, sur la pente nord-ouest de l'Etna, en une localité où plus lard devait s'élever un château nommé en souvenir de lui < Maniaci ».

Abdallah avait établi en cet autre point stratégique si important, ses soixante mille hommes dans un camp fortement retranché. Nous lisons dans la Vie du saint contemporain, le moine Philarète (2), que pour mieux en défendre les approches, il avait fait semer tout alentour, devant sa ligne de combat, de petits appareils à pointes, peut-être des tessons, destinés à paralyser la marche des cavaliers en

RELIQUAIRE H YZ ASTIS de la Vraie (ruLv. — Œuvre du X"' ou XI" 4 isiècle (Lins un enculrement d'orfèx'rçrie {maillée de travail occidental. — tCnll. Martin l.e Hoy.)

(1) Que Skylitzèa et Cédrénus (p. 522) nomment « Draginœ », Apartvai.

i 2 : Boll. , Acla Sancl., April. , I, pp. 605 sqq. Amari, op. rit. , II, p. 41 0. Krumbacher, op. cit. , p. 1 96.

les porphyhogkxètks zoè et tu An/mu a

déchirant le» pieds des chevaux ennemis. Il ignorait, lisons-nous dans ce curieux docuinenl, que les (irecs avaient coutume de protéger la plante des pieds de leurs chevaux avec des plaques de fer, c'est-à-dire de les ferrer, aussi, quand ils donnèrent l'assaut au camp, la précaution imaginée par Abdallah fut-elle totalement inutile.

Une grande bataille fut donc livrée dans laquelle les destinées de la Sicile semblaient devoir se jouer une fois de plus. Maniakès, suivant la coutume byzantine, avait partagé son armée en trois divisions qu'il lança successivement au combat. Les éléments parurent vouloir venir en aide à la valeur de ses soldats. Un très violent orage s'éleva, poussant d'immenses masses de poussière au visage des combattants sarrasins terriblement gênés par un vent furieux que les Cirées avaient, eux, dans le dos. Maniakès remporta cette fois encore la plus brillante victoire. Les auxiliaires normands, (Guillaume liras de Fer en particulier, tous ces valeureux chevaliers d'Occident, revêtus du heaume et de la cotte de mailles, qui figurent sur la broderie de Hayeux, se distinguèrent par leur irrésistible vaillance. Musses et Scandinaves, Normands d'Italie, (îrecs d'Europe et d'Asie, miliciens des thèmes d'Italie également, égorgèrent des Sarrasins par milliers. Skylitzès donne le chiffre certainement très exagéré de cinquante mille morts * carthaginois », c'est-à-dire Arabes venus d'Afrique. A grand peine, presque seul, l'émir Abdallah, grâce à la vitesse de sa monture, put gagner le rivage septentrional de l'Ile et échapper ainsi, en s'embarquant à Cefalu ou à Caronia sur une barque, à ceux qui le poursuivaient. Il rentra piteusement à Païenne, centre de sa puissance dans l'Ile i l). Le souvenir éclatant de ce grand succès des armes chrétiennes, commandées par le vaillant chef d'Asie, de cette grande déroule des fils de Mahom, est demeuré si vivant jusqu'à nous dans ces régions écartées de cette île superbe qu'aujourd'hui encore, cette plaine arrosée de tant de sang sarrasin se nomme * Uondaco dei Maniaci (2). Au moyen âge il s'y trouvait une abbaye de ce nom.

(1) Le fugitif, mal r»-«;u pur la population palermitaiiie, dut se réfugier cri Afrique. Les révoltés lui iloniM'tvnl pour suor'essetir l'ex-émir Hassan, surnommé Sinisâm Eddnulèh, le frère d'AkhuI, déposé lui-même en 1052 nu 10j3. <> fui la fin de la dy.iattie kelbite tic Sirile.

(2) Au m* siècle, le géographe arabe Kdi isi l'appelle « Munyaq». Les diplômes du il"* siècle rappellent « Maniaci » ou o Catana Maniaci ».

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