‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècleChapitre 64 sur 90 · ÉVACUATION HE LA SICILE · texte numérisé non relu

ÉVACUATION HE LA SICILE

Les malheureux, alourdi- par l'ivresse, cherchaient à fuir. On les massacrait à plaisir. Dans leur affolement, ils allaient jusqu'à s'entretuer. Toute la campagne fut couverte de leurs cadavres. Bien peu échappèrent pour se réfugier à Païenne. Les vainqueurs se partagèrent l'or monnayé, les joyaux et les perles à pleins boisseaux. Hélas, grâce à l'impéritie , à la lâcheté d«'s aulreschefs impériaux, cehrillant succèsn'eut pasde lendemain !

Vers la lin de celte même année 1040, l'ilo entière, sauf, je l'ai dit, Messine, était déjà retombée aux mains des Infidèles et les indignes successeurs de Maniakès, destructeurs de son œuvre, Stéphanos, Pédiaditcs et Dokeianos, rappelés en Italie à la fois par la déclaration de guerre des Normands et la révolte des t conterati », n'avaient eu d'autre alternative que de vider les lieux en hàle pour retourner en terre ferme italienne avec les débris de leurs contingents, accompagnés par une foule de malheureux chrétiens de Sicile fuyant la vengeance du vainqueur (I). Messine elle-même fut aussi perdue bientôt après, nous le verrons.

Lorsque commencèrent les revers de l'année grecque, les Normands n'étaient déjà plus avec eux en Sicile. Ils avaient quitté l'Ile à la suite d'un affront infligé par Maniakès à leur interprèle et compagnon d'armes, le longobard Ardouin dont il a été parlé plus haut (2). Ce dernier avait espéré garder pour lui un fort beau cheval qu'il avait pris sur le champ de bataille de Traîna, après avoir tué le Sarrasin qui le montait, mais Maniakès, qui décidément était d'humeur inquiète (.T 1 , lui lit redemander ce cheval. Ardouin refusa par trois fois de le livrer, malgré toutes les instances qui lui furent faites. Les Grecs alors le dépouillèrent de ses vêtements, le fouettèrent cruellement en lui faisant traverser le camp et lui enlevèrent de force le cheval. Ardouin dissimula prudemment le désir de vengeance qu'un tel châtiment lit naître dans son cœur, mais,

(1) De ce nombre était précisément la famille de saint l'hilarete, alors Agé lui-même de dix-sept à dix-huit ans. Le saint et les siens vécurent depuis à Reggio, puis à Sinopoli. Lui, à l'Age de vingt-cinq ans, entra uu couvent d'Aulina, entre Seruinara et Pulini, où il donna l'exemple de toutes les vertus. Il mourut ver» lo'o. Age d'environ cinquante uns. Voy. Amari. op. cit., Il, p. 410.

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