‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècleChapitre 68 sur 90 · DATA 11. LE DE V EN OS A · texte numérisé non relu

DATA 11. LE DE V EN OS A

immédiatement le territoire grec en abandonnant toutes leurs conquêtes, ils pourraient le faire sans être inquiétés par les troupes impériales. Dans le cas contraire, la bataille s'engagerait dès le lendemain matin.

« La réponse des Normands fut singulièrement énergique, telle qu'on pouvait l'attendre de ces vaillants aventuriers. Le parlementaire du « catépano » montait un beau cheval qu'un Normand nommé Hugues Tudextifen ou Tudebufem (I), un des douze élus d'A versa, chefs de l'expédition, se mit à caresser de la main. Lorsque ce guerrier eut entendu les propositions du (irec, pour montrer clairement à ce dernier à quels hommes il avait affaire et pour qu'il le Ut connaître à ses compagnons d'armes, il imagina, sans ganter sa main, d'asséner brusquement sur la tète du cheval du parlementaire un si rude coup de poing que le cavalier fut immédiatement désarçonné et que la pauvre bête tomba à terre, à demi-morte. H fallut, pour abréger son agonie, la traîner près de là et la jeter dans un précipice. Les Normands, après avoir eu grand' peine à rassurer le parlementaire qu'un aussi étrange procédé avait mis complètement hors de lui, le renvoyèrent, non sans lui avoir donné un aussi beau cheval que celui qu'il avait perdu. Hentré au camp byzantin, il raconta aux chefs grecs l'accueil qu'il avait re«;u, mais ceux-ci, craignant avec raison que leur armée n'eût peur, si elle connaissait la vigueur des Normands, prirent toutes les précautions pour que rien ne transpirât de l'exploit de Hugo Tudextifen.

« La bataille s'engagea le lendemain matin 17 mars! « Les Gaulois, dit Guillaume de l'ouille, qui raconte cette journée avec une remarquable précision, n'avaient que cinq cents hommes d'infanterie et sept cents cavaliers; bien peu parmi eux étaient munis de cuirasses et de boucliers. Ils disposèrent à l'aile droite des fantassins armés et, pour leur donner plus d'assurance, les firent appuyer par un peu de cavalerie. Ils prescrivirent à ces troupes de réserve de ne s'éloigner du camp sous aucun prétexte, afin de les avoir sous la main dans le cas où ils devraient battre en retraite. Ces dispositions prises et les hommes établis à leurs postes, un corps de cavalerie, en forme de triangle, marcha à l'ennemi. Les

(1) Ou encore » Tutabovi • ou « Toutebonne. »

260 /.A:*' PORP HY ROC, E.\ ÊTES ZOÉ ET TllÊnnORA

Crées firent avancer un seul escadron, disposé de même, t Ces derniers, dit le chroniqueur, ont, en effet, la coutume de ne pas engager toutes leurs troupes dès le début; ils ne lancent leurs légions que successivement (i) afin que, leurs forces augmentant graduellement, l'ennemi se décourage et prenne peur. Lorsque le chef de la cavalerie grecque croit le moment opportun, il se précipite dans la mêlée avec ses meilleures troupes, pour mettre ses adversaires en pleine déroute!

« Ce fut en vain que sur les rives de l'Olivenlo, le « catépano » Michel Dokeianos mit en pratique les antiques principes de la tactique byzantine. Tous ses assauts successifs furent repoussés. Il fut complètement

vaincu. Les guerriers normands tuèrent une foule de ses braves soldats, Russes et « Obsequiani (2) » surtout, qui, probablement, résistèrent mieux que le reste de l'armée. D'autres Impériaux en nombre se noyèrent en voulant traverser l'Olivento, fort grossi à cette époque de l'année. Le * catépano » avec les débris de son armée se retira précipitamment sur Montepeloso (3).

c Michel Dokeianos ne se tint pas pour définitivement vaincu. Aimé assure peut-être à tort que le basileus Michel le Papblagonien, désespéré de l'affront fait à la gloire de ses armées (i), lui envoya des troupes levées avec l'argent du trésor impérial; mais ce fut surtout en Italie que le c catépano », drainant ses dernières ressources en hommes, arriva à recruter les éléments d'une nouvelle armée. Le 4 mai, sept semaines à peine après la défaite du mois de mars, le vaillant chef byzantin offrait de nouveau la bataille aux Normands et à leurs alliés apuliens sur les bords de

(1) En troia corps successifs.

(2) C'est-à-dire < soldats du thème asiatique de l'Opsikion ».

(3) Voy. sur cette première bataille dite de Venosa, première victoire des Normands sur les Grecs, Heinemann, op. cit., note 13, pp. 358 sqq, et Lenormant, A travers rApulie et la Lucanie, I, pp. 204 sqq. — « Elle semble avoir été en réalité peu importante. Skylitzès ne la mentionne mène pas (Chalandon. op. cit., t. 102).

(4) A la nouvelle de la défuite de Venosa le basileus aurait déchiré ses vMements en poussant contre les Normands dee exclamations de désespoir ni de fureur.

SCEAU DE PLOMB dun directeur de In Orande Maison d'Orphelins ou • Orpluxnotraphian » à Constantinople uu A7-* Siècle. - Ma CoUeatUM.

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