‹ L'épopée byzantine à la fin du dixième siècleChapitre 74 sur 90 · DISGRACE DU NOUVEAU CÉSAR · texte numérisé non relu

DISGRACE DU NOUVEAU CÉSAR

bien moins de la prolongation des jours de l'infortuné hasileus moribond. « Par contre, poursuit le chroniqueur, l'empereur Michel, je ne sais trop pourquoi, soit qu'il se repentît déjà de ce qui avait été fait, soit qu'il eût changé de dispositions à l'égard de son neveu, sembla ne tenir aucun compte du nouveau césar. Il ne l'eut jamais auprès de lui, ne lui faisant

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rendre aucun honneur, ne lui laissant en réalité que les insignes de sa dignité. Il ne le recevait même pas à sa table, mais uniquement lors des festins en public et seulement à sa place oflicielle de césar. Toute autre marque de sa dignité ne lui était donnée qu'à l'insu du basileus et cela par la connivence de ses autres oncles, qui, mettant au contraire tout leur espoir en lui, ne le quittaient point, se donnant beaucoup de mal pour l'entourer d'égardfl quasi-royaux. Il n'habitait même pas à (lonstantinople, mais avait été relégué dans la banlieue de la capitale par ordre impérial. Lui, encore naïf, croyait que cette résidence extra-nmros était un hon-

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neur de plus. En réalité, c'était l'exil, puisqu'il ne pouvait ni entrer en ville, ni en ressortir sans l'autorisation formelle du basileus dont il n'avait aucunement la faveur.

Cependant le pauvre Michel IV devenait chaque jour plus malade. Chaque jour l'hydropisie monstrueuse faisait des progrès. Infiniment désireux de guérir, il se livrait avec la passion du désespoir à la prière, à toutes sortes de pratiques et d'ablutions pieuses. Surtout U s'occupait en ce moment de réédifier superbement et d'augmenter dans des proportions considérables l'église des Saints-Anargyres, les saints médecins Cosme et Damien, petit édifice situé au levant de la capitale au-devant d'une des portes de la ville, dans le Kosmidion. Cette église était demeurée jusquelà fort humble et insignifiante. Dans le désir ardent de s'attirer de la sorte la protection de ces deux illustres miraculeux guérisseurs de maux, le l'aphlagonien transforma merveilleusement ce temple modeste, l'embellit de revêtements et dr dallages en marbres les plus précieux, de mosaïques à fond d'or et de fresques exquises. Bref, il en fit un bijou de l'art religieux byzantin à cette époque de renaissance charmante. H y amena des eaux abondantes qui permirent d'y établir des bains admirables (1). En un mot, il s'efforça de réunir en ce lieu tout ce qui pouvait plaire et ravir. € Il faisait cela, ajoute l'sellos, à la fois par piété pour honorer Dieu et aussi pour supplier les saints Anargyres de guérir son ventre si déplorablemenl enflé. Et cependant, malgré tant d'efforts pieux, tant d'invocations, il allait toujours plus mal ! * La gangrène des extrémités s'était probablement mise de la partie. Littéralement le pauvre malade s'en allait en pourriture. « Aussi, dit le chroniqueur, ne songeait-il plus guère qu'à se préparer au prochain jugement de Dieu et à affranchir son âme de toute souillure! »

Ce fut dans ces temps tragiques où il avait tant de peine à soutenir sa misérable vie que le pauvre prince se vit tout à coup mis en face d'un péril national aussi inopiné que soudain, qui le contraignit à faire un

(1) Voy. sur les constructions faite*» pur Michel IV : Samuel d'Ani, op., cit., II, 445, et Sathas, op. «7., VII. p. 160. — Voy. à la p. 284 le «c,«au des Saints- Anargyres.

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