PÉRIODE DU 4 AU 20 MAKS
Rive gauche.
Le 4 mars, un ordre du jour du Kronprinz demande à ses troupes un suprême effort pour enlever Verdun, « cœur de la France ».
Avant de nous porter ce coup, il apparaissait nécessaire au commandement allemand de s'emparer, sur la rive gauche de la Meuse, des positions du Mort- Homme et de Gumières, d'où l'artillerie française prenait à revers les attaques projetées sur la rive droite.
« La position du Mort-Homme se compose d'une bande de plateaux qui forment un arc de cercle concave de Béthincourt à la côte de l'Oie. Au tiers gauche environ, ces plateaux portent un mamelon, une sorte d'excroissance de nature étrangère, qui est proprement la butte du Mort-Homme (295 mètres). Enfin, au centre de la concavité, les plateaux sont entamés par un ravin, dont le front est tapissé par le bois des Corbeaux. Le Mort-Homme est un magnifique observatoire et une très belle position d'artillerie. Mais c'est une île qui n'est reliée à rien. Sur de grands plateaux qui ne dépassent pas 220 mètres s'élèvent deux petites buttes voisines et jumelles, l'une de 265, l'autre de 295 mètres. Dans sa plus grande dimension, ce double îlot a à peine
1500 mètres. Le plateau qui lui sert de base est luimême limité sur ses quatre faces par quatre ravins. Il se relève assez sensiblement à l'Est, mais en somme un plateau carré large et long d'environ une lieue et portant une butte qui le commande de 70 mètres. Ce n'est évidemment pas là la position principale. En fait, celle-ci est disposée à 3 kilomètres environ en arrière. C'est un demi-cercle concave de collines variant de 275 à 300 mètres et prenant de toutes parts, sous ses feux croisés, les routes par lesquelles pourraient avancer les Allemands. Ces collines commencent au sud de Malancourt (285 m.), avancent un éperon de chaque côté d'Esnes (304 et 310 m.) et tournent à l'Est, au sud de Chattancourt (275 m.), pour finir sur la Meuse par l'éperon du fort de Marre (293 m.). L'ennemi ne peut y accéder qu'en traversant des dépressions, inférieures à 220 mètres, qui en bordent le pied, et d'où il doit sortir en gravissant sous le feu des glacis nus ou des escarpements abrupts. Il n'y a pas de forteresse plus puissamment construite que ce front de quatre lieues.*»
Nous occupions, immédiatement à l'ouest de la Meuse, le village de Forges, les pentes en avant de Béthincourt et Malancourt; puis notre ligne, traversant le bois de Malancourt, passait en avant d'Avocourt. L'ennemi, qui tenait les hauteurs de Samogncux et Champneuville, ne pouvait plus guère opérer sur la rive droite sans être inquiété par nos canons. S'il avait jusque-là négligé toute action à l'ouest de la Meuse, c'est qu'il avait cru, par une marche foudroyante sur Verdun, nous forcer à une retraite générale.
Dans la journée du 6 mars, il entreprit le bombardement de nos positions depuis la Meuse jusqu'à Béthin-