X PREFACE
grossièrement. Nous nous montrions non seulement capables de le refouler, mais aussi de combiner deux opérations offensives, l'une devant Verdun, l'autre sur la Somme. L'armée du général Nivelle rendait à celle du général Fayolle le même service qu'elle en avait reçu. Effet très heureux de la solidarité du champ de bataille, et premier essai de cette extension des fronts de combat qui, seule, peut donner des résultats essentiels.
Autre chose encore. Au cours de cette douloureuse secousse, TAllemagne a senti qu'elle était maintenant exposée à périr par où elle avait cru vaincre. Depuis de longues années, elle forgeait dans le mystère les instruments de guerre dont elle attendait miracle : « Honneur au général de Schlieffen qui nous a donné l'artillerie lourde ! » écrivait il y a quelques temps je ne sais plus quel officier prussien. Oui, c'est vrai ! l'artillerie lourde nous a surpris, d'abord. Mais aujourd'hui elle ne nous effraye plus, ni ne nous étonne. Nous lui en opposons une autre, qui la vaut. A Verdun, nos canons de 400 ont pris une belle revanche de Liège, d'Anvers et de Maubeuge, et les engins monstrueux, qui font du sol ravagé une sorte de chaos lunaire, ne sont plus tous du même côté.
Ils appuient, du nôtre, une infanterie inébranlable dans la résistance et fougueuse à souhait dans l'attaque. Quand ces deux éléments primordiaux de la bataille sont actionnés par des hommes qui s'appellent Pétain, Nivelle, Mangin — il faudrait les nommer tous — ils produisent des effets irrésistibles que le Kronprinz et, avec lui, la coa-