‹ L'Épopée de Verdun, 1916Chapitre 25 sur 66 · Le rédacteur militaire dn Journal des Débats · texte numérisé non relu

Le rédacteur militaire dn Journal des Débats

de Verduu. qu'il avait mis huit mois à vous arracher par lambeaux au prix d'efforts acharné!? et de sacrifices coneidérables.

« Vous avez ajouté de nouvelles et éclatantes gloires à celles qui couvrent les drapeaux de l'armée de Verdun.

(( Au nom de cette armée, je vous remercie.

(. Vous avez bien mérité de la Patrie. »

Le général Mangin, un Lorrain de Sarrebourg, commandant du corps d'armée qui a repris Douaumont, a écrit dans la préface de son beau livre La Force noire paru en 1911 et dédié au général Archinard :

(( Mon général, dans la soirée du 12 avril 1891, sous les grands fromagers de Rankan, autour de la civière où la fièvre bilieuse vous couchait depuis six semaines, vous avez réuni les officiers que vous laissiez dans cette nouvelle conquête en face des bandes de Samory. Après nous avoir fortifiés de vos dernières instructions, que nous écoutions le cœur serré, vous nous avez rappelé que les luttes coloniales, pour nobles et pour meurtrières qu'elles soient, ne sont pas le but de notre existence militaire, et qu'il est d'inoubliables devoirs où vous nous avez donné rendez-vous. »

Si l'âge seul empêcha le général Archinard de se trouver à cette fête, Mangin « a été là », comme on dit familièrement. Le temps de passer au Maroc pour y gagner ses galons de colonel, d'arriver à temps en France pour y faire sa razzia de grades jusqu'à celui de commandant de corps d'armée et de montrer enfin devant Verdun comment il comprend « les inoubliables devoirs ». Rappelons que les deux frères du général ont clé tués à l'ennemi, l'un au Tonkin, l'autre en Mauritanie.

r,. jOLLivEï. ~ l'Épopée de verdl'n, 8

Voici maintenant les états de service des collaborateurs du général Mangin : les généraux de Lardemelle, Guyot d*Asnières de Salins, et Passaga :

« Le général de Lardemelle appartient à une vieil] p famille militaire de Lorraine; il a 49 ans. Ancien élève de Saint-Cyr et de l'École supérieure de guerre, il a servi plusieurs années en Algérie; en Chine, pendant la lutte contre les Boxers, il se distingua par sa bravoure à la défense de Tientsin. Il a été longtemps officier d'ordonnance des généraux Hervé et Marion, tous deux membres du conseil supérieur de la guerre. En 1914, il était lieutenant-colonel, chef d'état-major du l^"" corps d'armée, à Lille. Nommé colonel en novembre 1914, il fut chef d'état-major d'une armée; au mois de juin 1915, il reçut les deux étoiles et commandait une division en Orient lorsqu'il fut rappelé ,en France et mis à la tête d'une division à Verdun.

« Le général Guyot d'Asnières de Salins est un Breton d'Auray et va atteindre sa cinquante-neuvième année. Il est passé par Saint-Cyr et par l'École supérieure de guerre et a servi aux chasseurs à pied, puis dans l'infanterie de marine. Il a fait de nombreuses campagnes coloniales, notamment au Tonkin. Au début de la guerre, il était colonel à Madagascar; rentré en France dans les premiers mois, il reçut les deux étoiles en avril 1915.

(( Le général Passaga n'a pas encore cinquante-trois ans et est originaire d'Angers. Lui aussi appartient à l'infanterie coloniale et est passé par Saint-Cyr et par l'École de guerre. Il a servi principalement en Afrique et a pris part, entre autres, à l'expédition du Dahomey, en 1892, expédition au cours de laquelle il fut blessé. En 1914, il était lieutenant-colonel au 41* d'infanterie, à Rennes. Nommé colonel en novembre 1914 et mis à

la tête d'une brigade de chasseurs à pied, il fut nommé général de brigade en février dernier. ^ »

Le général en chef, qui assistait à la bataille avec le général Pétain, commandant le groupe d'armées du centre, a exprimé sa satisfaction du résultat obtenu par la préparation méthodique et par le magnifique élan des troupes.

Ce double éloge va être justifié :

1° Préparation méthodique. — Le général Berthaut^ fait l'observation que « les diverses appréciations, toutes concordantes sur notre victoire, manquent de logique quand elles présentent notre attaque comme une surprise pour les Allemands, tout en disant qu'ils s'y attendaient. Il est clair, cependant, que s'ils s'y attendaient, ils n'ont pas été surpris. Seul le moment précis de l'assaut n'était pas prévu. L'idée de surprise est de nature à diminuer la valeur de notre succès ; car elle peut faire supposer que l'ennemi étant prévenu, nous aurions échoué. Or, il suffit de se reporter aux dernières dépêches allemandes pour se rendre compte qu'il ne s'est produit aucune surprise. Il ne s'agit nullement d'un coup de main non attendu. L'attaque a été longuement préparée par notre artillerie de gros calibre; les communiqués allemands ont annoncé cette préparation; ils ont même été jusqu'à prétendre que l'assaut de l'infanterie avait eu lieu et qu'ils l'avaient repoussé avec pertes.

« Donc les Allemands ont fait leur possible pour résister et n'ont pas été pris au dépourvu. Ceci est fort

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