‹ L'Épopée de Verdun, 1916Chapitre 29 sur 66 · Le Journal · texte numérisé non relu

Le Journal

l'k'i mitrailleuses, 2 postes de télégraphie sans fil et une grande quantité de fusils, grenades, et un matériel de tout genre.

Le 27, les Allemands ont tenté une offensive aux deux ailes. Elle a été repoussée. Depuis, nouvelle accalmie, qui peut être attribuée à la médiocrité des ressources en hommes et en matériel, le front de la Somme ayant dû en distraire une partie.

Fort et village de Vaux.

Enfin, le 3 novembre, ce communiqué nous parvient :

15 heures :

« Dans la journée d'hier, sous la violence de notre bombardement prolongé depuis plusieurs jours, et sans attendre l'attaque de notre infanterie, dont la pression se faisait de plus en plus étroite, l'ennemi a évacué le fort de Vaux.

« Au cours de l'après-midi, de très fortes explosions ont été observées dans le fort. A la nuit, notre infanterie, qui s'était rapprochée à très courte distance, a occupé cet important ouvrage sans aucune perte.

« La ceinture des forts extérieurs de Verdun est maintenant rétablie dans son intégrité et solidement tenue par nos troupes. »

•23 heures :

« Sur la rive droite de la Meuse après la prise du fort de Vaux, notre infanterie a continué à progresser jusqu'aux lisières du village de Vaux. Au nord de l'étang nous avons pris pied sur la croupe qui domine ce village. L'ennemi n'a tenté aucune réaction. »

Notes d'un témoin militaire. — « La victoire de Vaux a suivi de près la victoire de Douaumont. Elle la complète. Elle en est la suite logique, le développement normal. Si le commandement avait fixé comme premier objectif pour la bataille du 24 octobre la ligne qui des carrières d'Haudromont va au ravin de la Fausse-Côte en englobant Thiaumont (ouvrage et ferme), Douaumont (fort et village) et tous les bois de fa Caillette, il comptait bien, une fois ces objectifs atteints, s'étendre à l'Est par la prise du fort de Vaux. Il a réalisé pleinement son but définitif.

« Réduit par la précision du tir de notre artillerie et par la pression continue de notre infanterie, le fort de Vaux a été cueilli le 2 novembre au soir comme un fruit mûr.

(( Dans la fameuse journée du 24 octobre, la division de Lardemelle, qui opérait à l'Ouest sur le bois Fumin, avait rencontré une résistance opiniâtre aux ouvrages fortifiés de la Sablière, près du ravin des Fontaines et du Dépôt à droite de la route du fort de Vaux. Elle en avait triomphé et s'était emparée de ces deux réduits dans la journée du 24 au 25, tandis que le 30® régiment d'infanterie prenait, avec un entrain admirable, la batterie de Damloup, à l'ouest du fort.

«Dépassant même l'objectif fixé, nos troupes s'étaient avancées jusqu'aux fossés du fort. Une patrouiUe avait même réussi à monter sur la superstructure. Mais les mitrailleuses ennemies, sous les tourelles intactes, avaient empêché la continuation de cette progression prématurée. Le général Nivelle et le général Mangin firent alors retirer nos lignes un peu en arrière, à deux cents mètres au sud du fort, afin de laisser libre la

préparation d'artillerie et d'assurer, au moindre prix, la chute de l'ouvrage.

« Cependant, la division Andlauer, qui avait relevé la division de Lardemelle, ne cessait pas de progresser, à l'Est, sur la croupe qui sépare le ravin des Fontaines du ravin du bois Fumin où elle opérait sa liaison avec la division Arlabosse qui avait relevé la division Passaga et qui, elle aussi, ne cessait pas d'avancer. La liaison se faisait à la digue qui borde l'étang de Vaux. Il faut signaler enfin les heureuses opérations locales du 305^ et du 216« régiment au bois Fumin.

« Cette progression permettait de porter le coup décisif. Les Allemands, en évacuant le fort le 2 novembre, ne nous laissèrent pas le temps de l'exécuter. »

Laissons ici la parole à un narrateur officiel :

« L'assaut fut donc ordonné pour la soirée du 2 novembre. Or, dans la matinée du 2, nos observateurs signalaient que Tennemi semblait se retirer du fort et dans la journée des explosions s'y produisaient, comme si l'ennemi avait voulu le faire sauter avant de le quitter, ou comme si notre bombardement avait obtenu des résultats heureux, de même qu'à Douaumont. Le commandement ordonna d'occuper le fort dès la nuit, mais avec prudence, afin d'éviter toutes pertes inutiles.

« La nuit venue, une compagnie du 1 18"^ régiment, capitaine Fouache, reçut pour mission de contourner le fort, de le dépasser et de s'établir au delà pendant qu'une compagnie du 298% sous les ordres du lieutenant Diot, entrerait dans la place. Le lieutenant Diot, accompagné d'une section du génie, chercha une entrée qu'il ne trouvait pas. La gorge, les casemates, tout était hermétiquement bouché. Il découvrit unç ouverture dans le cotfre sud-ouest, s'y glissa avec le sous-lieutenant

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