CONSIDERATIONS GENERALES
Première conséquence :
Tout d'abord Verdun nous a permis, répétons-le, de nous organiser sur la Somme.
« Cette offensive avait exigé de longs mois de préparation, de réglages et de repérages. La bataille moderne est comme une pièce de théâtre : avant la première, elle exige des répétitions. Nous avons « répété » au bruit du canon de Verdun et surpris l'adversaire qui nous jugeait incapables de faire deux choses à la fois.
«Nous nous sommes engagés sur la Somme après une sévère épreuve, mais non sans en avoir tiré les leçons fécondes de l'expérience. L'emploi meilleur de l'artillerie, de l'aviation et de l'infanterie, l'importance des résultats et la diminution des pertes ont prouvé le progrès accompli.
« Et si de ce progrès certain la victoire décisive n'est pas encore sortie, si la route est longue encore qui nous y mènera, nous savons à quelles conditions elle est pour l'avenir subordonnée, et que nous n'en sommes plus séparés que par un effort dont nous sommes maîtres.
< Supérieurs à l'ennemi par la domination de l'air,
supérieurs par la puissance du feu et par sonutilisation. nous avons appris, dans les récents combats, à quel prix et par quelles voies cette supériorité sera portée au degré qui nous fera vainqueurs.
((Nous avons connu des offensives stériles. L'offensive de la Somme, quels qu'en soient les fruits immédiats, est une offensive féconde. Elle constitue les grandes manœuvres de la victoire. C'est à son école que s'en forment les méthodes. Mère de nos espérances et de nos certitudes, elle est la fille de Verdun. * »
Seconde conséquence :
Le bénéfice qu'ont tiré nos Alliés de notre résistance prolongée.
M. Lloyd George a déclaré le 13 juillet : (( La valeureuse résistance des Français à Verdun, leur indomptable héroïsme qui arrache à la fois des cris d'admiration et de colère à l'ennemi, le sang versé si généreusement, ont enfin permis de parfaire nos préparatifs. »
Le premier de ceux-ci aura été l'enrôlement, l'équipement de centaines de milliers d'hommes qui, peu à peu, pendant la bataille de Verdun, sont venus remplacer les Français sur plusieurs points importants de la région du Nord. Pendant tout le temps qui s'est écoulé du 21 février au l"*^ juillet, le commandement anglais a pu librement organiser une armée minutieusement pourvue de tous ses rouages essentiels.
(( Pour nos autres grands alliés les Russes, Verdun a été la condition nécessaire des succès magnifiques par lesquels les armées de Broussiloff se rappelèrent à l'attention du monde. En somme, l'Allemagne s'était trompée sur l'ampleur durable de ses victoires de 1915.