‹ L'Épopée de Verdun, 1916Chapitre 51 sur 66 · Du journal le Gaulois · texte numérisé non relu

Du journal le Gaulois

gicales mobiles, des ambulances divisionnaires, du transport rapide par autos aux hôpitaux toujours plus nombreux dans la zone des armées.

(( Les ambulances divisionnaires sont établies à quelques kilomètres derrière le front, dans des fermes, dans des hangars d'aéroplanes désaffectés ou dans des baraques Adrian. Sur le sol, de grandes croix de briques rouges sur fond de pierres blanches les indiquent aux aviateurs ennemis. Les chefs de ces formations sanitaires sont architectes, entrepreneurs autant que médecins; ils s'ingénient à améliorer leurs installations de fortune; chaque infirmier a sa spécialité : électricien, mécanicien, appareilleur, charpentier, menuisier, maçon. Il faut voir à l'œuvre ces gens industrieux pendant les heures où les blessés chôment un pou, amennnt Teau en utilis.-tnt les tuyaux d'un chauffage central d'une maison détruite, réparant les gouttières causées par le dernier bombardement, relevant une paroi effondrée par un obus; quand ils vernissent une salle, ils ne négligent pas une frise amusante au pochoir; ils dallent les allées d'une baraque à l'autre ; ils mettent des fleurs partout, des capucines, des pois de senteur.

« C'est d.ins ces ambulances admirablement aménagées et d'une propreté éclatante que les chii-urgiens obtiennent de merveilleux résultats. Ils suturent les plaies stéri iséos presque sans les drainer, un cup de bistouri en entonnoir ayant enlevé les tissus mortifiés.

(( Nous avons vu déambuler après quelques jours des trépanés, des fracturés de l'épaule ou du bras ; les fractures grave- du genou et de la cuisse, afébriles, sont immobilisées dans l'ingénieux appareil extenseur d'Alquifàr.

« Et dans l'auto qui nous ramenait à Paris, à travers les champs de bataille de la Marne et de l'Ourcq, par

la crête du Mondement, les marais de Saint-Gond, le cimetière de Chambry, nous pensions à ce qne dut être le sort des malheureux blessés de ce temps-là, et nous rendions hommage au génie des médecins français qui surent en f)leine guerre improviser l'admirable service de santé de la zone de l'avant. »

Infirmiers. — Un médecin militaire écrit :

c J*ai été le témoin, de leur part, d'actes dont l'abnégation dépasse toute grandeur. Ils vont par le champ de bataille, sans armes, alTronlant tous les périls, parce que leur devoir est de répoudre à l'appel du blessé tombé, et accomplissent chaque jour, sans s'en douter, de sublimes prouesses. Une lois, c'est un bran(!ardier, un maçon parisun, qui se précipite dans la mitraille au secours d'un soldat grièvement blessé, qui le prend délicatement l'emporte doucement, sans se soucier des balles qui pleuvent dru comme grêle. Une autre fois c'est un de mes infirmiers qui va chercher en rampant, dans le mince espace — 200 mètres au plus — qui sé(>are les deux tranchées adverses, des blessés qui sont restés au cours d'une attaque malheureuse, qui se tordent de douleur, crient, appellent, supplient. Nul ne peut s'aventurer à leur secours sans ri>quer sa vie.... Mon inlirinier poursuit tranquillement sa mission périlleuse et tombe avec le troisième blessé qu'il ramenait. Quel héroï-me et quelle abnégati«ui! Et quel exemple ré'îonlortant pour nos hommes de voir que l'appel d'un soldat français tombé ne reste jamais sans réponse! »

L'Intendance. — L'intendance fidèle à la tradition qui l'a placée au premier rang des services, malheureusement aisés à dénombrer, qui fonctionnèrent régulièrement dans les premières semaines de la guerre, a donné satisfaction à cet ordre du jour du commandant de la 2« armée :

« Les commandants de groupements ne devront pas perdre de vue que les bonnes troupes sont des troupes bien nourries et que le bien-être matériel a sur le moral du soldat la plus heureuse répercussion. Ils feront tout leur possible pour améliorer les ordinaires. 5>

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