‹ L'Épopée de Verdun, 1916Chapitre 56 sur 66 · LA VILLE DE VERDLN DÉCORÉE · texte numérisé non relu

LA VILLE DE VERDLN DÉCORÉE

maire de la ville la croix de la Légion d'honneur et, successivement, les décorations que lui offrirent à tour de rôle les représentants des puissances alliées.

A mesure qu'une décoration était épinglée, la musique militaire de l'un des régiments de la défense de Verdun jouait l'hymne national du pays qui avait conféré la distinction.

Des décorations françaises et étrangères ont été ensuite remises par le Président de la République à des officiers et hommes de troupes qui se sont signalés dans la défense de Verdun.

En tête, avant de recevoir la chaleureuse accolade du général Pétain, son chef direct, le général Nivelle se voyait élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur. Le lendemain, le Journal Officiel justifiait ainsi cette inscription :

c Est inscrit au tableau spécial de la Légion d'honneur et élevé à la dignité de grand-officier: « Le général de division Robert-Georges Nivelle : « Commande, depuis quatre mois, une armée qui a résisté victorieusement aux attaques sans cesse renouvelées de l'ennemi et a supporté héroïquement les plus dures épreuves. A affirmé dans ce commandement, avec les plus brillantes qualités de chef, une énergie et une force de caractère qui ont puissamment influé sur le développement des opérations engagées sur tout le front. Après avoir enrayé Tavance de l'ennemi vers un objectif devenu l'enjeu moral de la guerre, a repris rolTensive pied à pied et, par des attaques répétées, est parvenu à dominer l'adversaire sur le terrain môme que ce dernier avait choisi pour un effort décisif. »

En même temps, le département de l'Aveyron n'oubliait pas un glorieux enfant non seulement du pays de Rouergue, mais de toute la France.

Au conseil général, M. Gaffîer, député, a dit :

« Nous sommes particulièrement fiers de voir à la tête du grand état -major notre illustre compatriote le général de Castelnau. Sous la haute autorité du général Joffre, il est plus spécialement chargé du commandement sur le front français. Quand, au déhut de l'offensive allemande contre Verdun, nos lignes subirent un fléchissement, de Castelnau fut envoyé pour rétablir la situation menacée, il prit immédiatement les mesures nécessaires et, ayant consolidé les lignes, il plaça à la tête de la défense celui de ses collaborateurs en qui il avait la plus grande confiance, le général Pétain. La défense de Nancy et celle de Verdun resteront les deux pages éminemment glorieuses du général de Castelnau dans cette guerre la plus grande de l'histoire. Mais le sort cruel fait payer bien cher à notre compatriote son auréole de gloire. Trois de ses fils sont morts pour la France, le troisième depuis notre dernière réunion. »

La cérémonie de Verdun terminée il se fit un douloureux pèlerinage dans les ruines de la ville, dont M. Paul Ginisty * a dit les alignements de pans de murs noircis évoquant après le déblaiement, les logis qui les bordaient, les tas de pierres qui furent des maisons le long des rues jadis paisibles ou des artères commerçantes, l'étrange vision des écroulements d'un théâtre, de cloîtres admirables.

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