‹ L'épopée du FezzanChapitre 5 sur 16 · EN 1941, ON PREND KOUFRA · texte numérisé non relu

EN 1941, ON PREND KOUFRA

Une nouvelle opération, destinée comme la première à acquérir des renseignements, fut alors organisée par le colonel Leclerc. Il s'agissait, cette fois-ci, d'attaquer l'oasis et surtout l'aérodrome de Koufra. Koufra est à plus de 900 kilomètres au nord-est du poste frontière français de Tékro. C'est un groupe de palmeraies dominées par l'éperon du Djebel-el-Bud, sur lequel les Italiens ont construit l'imposant fort d'El-Taj, carré de 150 mètres de côté, flanqué de bastions garnis de canons et de mitrailleuses. L'aspect de la citadelle,, juchée sur un cap rocheux, impose le respect. Le feu de ses armes automatiques commande le terrain à deux kilomètres à la ronde. De l'observatoire du fort, les guetteurs peuvent repérer tout mouvement à plus de 15 kilomètres.

Le terrain d'aviation de Koufra servait de base aux communications italiennes entre la Libye et l'Ethiopie qui était encore, en 1941, aux mains des Italiens, en partie. Trente mille hommes tenaient notamment toujours Gondar et ses approches. La Somalie française recevait son courrier par avion avec relais à Koufra.

L'attaque de l'oasis de Koufra présentait de très grosses difficultés, par suite de l'état des pistes désertiques et des distances à franchir pour amener à pied d'œuvre les approvisionnements nécessaires.

Le colonel Leclerc choisit Faya comme base de départ. Faya est en zone désertique, à 1.050 kilomètres au nordest de Fort-Lamy. C'est une palmeraie au fond d'une immense cuvette bordée de rochers calcaires aux contours déchiquetés et burinés par l'action du furieux vent du nord-est. Le petit poste est coquet. La place blanche,

au centre de laquelle se trouve le Monument aux Morts d'Aïn-Galaka, victoire française qui ouvrit en 1913 tout le nord du Tchad à l'influence française, est bordée par les cases administratives. Plus loin s'étend, parmi les palmiers, le village indigène construit en briques crues. Il est occupé par les Fezzanais, émigrés de Kouffra et de Mourzouk. Ensuite c'est, sur les dunes vives, l'éparpillement des petits villages goranes sédentaires (Kamadia).

Préparatifs

La colonne, rassemblée à Faya par le colonel Leclerc, comprenait des pelotons de la compagnie portée, deux sections du groupe nomade de l'Ennedi, trois sections de la 8me compagnie, une section de 75 de montagne, plus un peloton d'auto-mitrailleuses Laffly, un train de combat de vingt camions et une trentaine de voitures particulières aptes aux missions de renseignement et de combat, placées sous le commandement direct du Major Clayton. Un groupe de bombardement sous le commandement d'Astier de Villate prenait part à l'opération. Selon les renseignements, l'ennemi disposait d'environ 1.500 hommes, dont le leader était le capitaine Moreschini, ardent et vieux méhariste d'une trempe presque française.

De leur côté, les Britanniques, revenant de l'expédition sur Mourzouk et devant rentrer au Caire, s'étaient joints à l'expédition, lis parvinrent le 27 Janvier 1941 à Djebel-Chérif, en territoire tripolitain. La mission du Major Clayton était de pousser une reconnaissance en direction de Koufra mais il fut presque immédiatement repéré par l'aviation italienne. Il était alors parvenu au puits de Bischara. Il s'aperçut que celui-ci venait d'être comblé par l'ennemi. Les Britanniques essayèrent de se dissimuler le long de quelques rochers pour échapper aux vues d'un avion mais ils furent attaqués par

des voitures blindées italiennes, tandis qu'un camion muni d'un canon de 75 mm. entamait le feu contre eux. Trois camions anglais furent détruits. La patrouille chercha à s'échapper en décrivant un cercle par le nord, mais elle fut attaquée à nouveau à coups de bombes et de mitrailleuses par des Savoia-Marchetti qui endommagèrent la voiture du Major Clayton, qui fut lui-même très grièvement blessé. Clayton et une partie de ses hommes furent faits prisonniers.

Le 1er Février, les quatre Britanniques qui avaient réussi à échapper aux Italiens, fuyant leurs voitures en feu, entreprirent de revenir à pied vers nos avant-postes. C'était une randonnée de 400 kilomètres qui commençait. A eux quatre, ces hommes n'avaient que six litres d'eau. Ils ne possédaient pas de boussole. Le soleil se lève à l'est. L'ouest est -donc à l'opposite. Le nord est par là... marcher franc sud c'était aller vers les territoires français libres. Et c'est ce qu'ils firent, à travers le désert sans bornes. Pendant dix jours, sous le soleil effroyable, se guidant sur les traces laissées par leurs voitures à l'aller, ils se traînèrent de dunes en dunes. Enfin, le 11 février, un de nos avions les aperçut et piqua sur eux. Mais il ne put se poser et dut se contenter de leur jetèr un bidon d'eau. Le 12, une de nos camionnettes partie à leur rencontre, découvrit sur la piste le bidion vide. Ces mots y avaient été gravés avec la pointe d'un couteau :

« Environs de Tekro. Avons beaucoup soif et faim.

Marche trace des autos. Signé : Winchester et Moore. »

Les pas des quatre hommes allaient zigzaguant vers le sud; on les trouva évanouis à 40 kilomètres du bidon.

L'un d'eux mourut quatre jours plus tard. Un autre est devenu fou; les deux derniers ont demandé à repartir au front immédiatement.

Je prie que l'on s'arrête et que l'on salue.

On ira quand même à Koufra

Le colonel Leclerc sait maintenant que l'ennemi est sur ses gardes. Il s'agit de ne pas lui laisser le temps de se retourner. Leclerc donne l'ordre à l'aviation d'effectuer le 2 Février, puis le 5 Février, des vols sur Koufra. Nos appareils détruisent cinq avions italiens, des dépôts de munitions et d'essence et des installations au sol.

Le colonel envoie sur Koufra une patrouille très légère, de vingt-deux voitures, qui traverse le désert à toute vitesse et arrive en quarante-huit heures à proximité de la ville.

Elle stoppe dans une petite palmeraie où elle attend la nuit du 7 au 8 Février pour pénétrer dans le village indigène d'El-Giof . Le colonel Leclerc va lui-même en réveiller le chef, pendant qu'un capitaine enfonce la porte d'un poste de carabiniers. Les tables croulent sous des monceaux de paperasses. Un portrait de Mussolini vit sa dernière minute. Le terrain d'aviation est l'objet d'une visite minutieuse. À trois heures du matin, un avion flambe et le détachement français remonte en voiture.

Un petit poste italien le salue au passage de salves de mitrailleuses. A l'aurore, des avions italiens survolent la petite patrouille et l'attaquent.

Le colonel Leclerc donne alors des instructions pour surveiller Koufra, et organise un détachement motorisé de la valeur d'une compagnie, avec mission de harceler le poste et de gêner la retraite éventuelle de l'ennemi.

Le 16 Février 1942, les troupes sont à pied d' œuvre à Sarra, dont le puits, détérioré par les Italiens, vient d'être réparé. Le 18 Février, une patrouille montée sur camionnettes Bedford accroche l'ennemi aux environs de Koufra. L'adversaire oppose la Compagnie Saharienne italienne N° 19, appuyée par une unité motorisée de treize voitures, dont plusieurs gros camions.

Nous ne pouvons aligner que dix voitures dont la moitié des armes s'enrayent ! Un demi-peloton de cinq voitures fait face à l'ennemi, pendant que l'autre moitié de nos éléments tente de déborder par la gauche. Le soleil est haut dans le ciel et les tirailleurs eux-mêmes transpirent comme s'ils sortaient d'un bain. Flambent plusieurs de nos voitures touchées par des balles traçantes. Des caisses de munitions éclatent avec une pétarade assourdissante ; les balles frappent aveuglément de tous les côtés. Vers 16 heures, notre Compagnie Saharienne se trouve dans une position difficile. Elle est attaquée à la fois de trois côtés. Un terrain dénudé s'étend entre les lignes. Mais, au soir, les Italiens se retirent. Dans la nuit du 18 au 19 Février, les Italiens se replient sur El-Haouri. Pendant la matinée du 19, la garnison fixe du fort d'El-Tag reste inactive, mais les avions marqués à la croix de Savoie attaquent la colonne française à la bombe et à la mitrailleuse. La journée se passe en combats incertains. Dans la nuit du 20, les Italiens enterrent leurs morts et se retirent en direction de Tazerbo.

Le Siège de Koufra

Dans la matinée du 19 Février, la colonne Leclerc entreprend un vaste mouvement tournant en direction de Koufra, dans un terrain chaotique, mi-sable, mi-rocher. Les voitures roulent pendant plusieurs heures avant que l'ennemi ne soit en vue. Le colonel Leclerc met pied à terre et escalade une petite éminence de sable pour inspecter le terrain. Le feu des armes automatiques est très dense. Leclerc décide d'envoyer un petit groupe sur le flanc droit de l'adversaire, pour lui faire croire qu'il est tourné.

A ce moment, une voiture italienne s'échappe du fort et file sur la piste du nord, celle de Benghazi. Elle vient tomber au milieu de trois des nôtres qui sont en réserve au pied d'un piton. Un avion italien survole le petit groupe des quatre voitures et l'attaque en rasemottes. Nos hommes, absorbés par une réparation, ne répondent même pas à son tir, arrachant ce cri aux prisonniers italiens : « Per Baccho! Tirez! Français, tirez! mais tirez donc! et descendez-le, cet animal-là. » Imperturbables, nos hommes terminent leur réparation.

Le siège du fort d'El-Tag commence. Le village d'El- Coof et les palmeraies environnantes sont organisés pour la défense au cas où des renforts italiens tenteraient de les prendre à revers. Les tirailleurs goûtent fort cette nouvelle vie pleine d'imprévu. Les sabres pris aux carabiniers de Sa Majesté Victor-Emmanuel, roi d'Italie et Empereur d'Ethiopie, n'ont été distribués qu'aux Goumiers qui se sont distingués au feu. Ces braves promènent leurs trophées dans tous les villages et racontent leurs exploits à qui veut les entendre. Dans les jardins, les indigènes leur offrent) avec empressement le mouton, les dattes, les légumes et ce vin indigène qu'on appelle le « Mérissé ». Autour du fort, les sentinelles de la colonne française sont attentives. Le colonel Leclerc ne songe pas à entreprendre une action violente de jour, car on n'imagine pas des troupes franchissant le haut mur crénelé de l'ouvrage, comme cela se voit sur les Images d'Epinal. Le tir de 85 harcèle la garnison du fort pendant tout l'après-midi du 21.

Les Italiens ripostent et leur feu très dense contraint nos hommes à faire de longs détours pour communiquer entre eux. Le commandant Dio résoud un jour le problème à sa façon. Il a découvert dans la palmeraie de Koufra l'unique cheval de la ganison, occupé à se repaître des choux du jardin. C'est la monture du capi-

taine Moreschini, le commandant du fort. Il l'enfourche, l'emballe, et traverse en trombe le glacis d'El-Tag. Les balles font jaillir le sable sous les sabots de l'animal qui n'a jamais couru si vite de sa vie.

En sautant à terre, près d'un 75, le commandant fait tranquillement :

« Vous les avez vus, ces imbéciles? Ça n'a pas l'air de leur plaire que je monte la bourrique à Moreschini »

Le 22, on remarque un remue-ménage dans le fort et il semble que les Italiens se réfugient plus à l'arrière dans les bastions.

Le 25, le commandant veut en avoir le cœur net. Il prend avec lui sept Européens, un groupe de tirailleurs et le lieutenant Corlu, et, de sa longue démarche de lévrier, le voilà qui s'avance vers le point d'appui italien, le revolver au poing et les grenades à la ceinture. Il massacre six de ces messieurs et met en fuite les trente-cinq autres. Il est lui-même grièvement blessé par les éclats de grenades. Le lieutenant Corlu est atteint sérieusement.

Pendant ce temps, le colonel Leclerc établit son poste de commandement à El-Chair, ancien poste de Carabiniers Royaux. Le harcèlement continue. Aucun repos n'est laissé à la forteresse. Les défenseurs du fort s'énervent et tirent systématiquement sur les places et les carrefours du village indigène.

La nuit, c'est bien pire. Au moindre bruit, le barrage général se déclenche. Les Italiens nous offrent de magnifiques feux d'artifices. Il faut les louer de leur sens du spectacle : les balles traçantes bleues, vertes, rouges et jaunes sont d'un magnifique effet.

Le 26, vers 20 heures, deux cent cinquante caisses de bombes italiennes explosent. C'est nous qui venons de les faire sauter. Les Italiens les avaient enterrées secrète-

ment dans la palmeraie. Etonnés par cette violente détonation, les vaillants défenseurs du fort ne tirent plus un coup de fusil de la nuit.

Plus tard, leurs prisonniers avoueront qu'ils avaient complètement oublié la présence de ce dépôt de munitions et qu'ils avaient cru qu'au contraire c'était nous, qui détruisions nos propres munitions avant de lever le siège de la citadelle.

La Reddition

Or, le lendemain, 27 Février, les troupes françaises sont toujours solidement en place. Un éclat d'obus coupe la drisse du pavillon italien du fort. Dans l'après-midi, la garnison d'El-Tag envoie un pli au colonel Leclerc pour lui demander un armistice permettant l'évacuation des blessés. Le capitaine de Guillebon et le lieutenant Sammarcelli marchent au-devant du parlementaire et lui exposent! que nous voulons la reddition sans conditions de la forteresse. Dans la nuit du 28 Février, le tir de 75 empêche tout le monde de dormir.

Le 1er Mars, à l'aube, le drapeau blanc flotte sur le fort investi.

Un officier italien s'avance en parlementaire. Il apparaît immédiatement au colonel Leclerc que l'ennemi cherche à gagner du temps, mais que la reddition n'est pas encore proche. Il se fâche. On le voit scander de gestes tranchants l'ultimatum. L'officier se dispose à rendre compte de sa mission à ses chefs.

Alors, le colonel a un tirait magnifique. Il propose avec courtoisie au parlementaire de le raccompagner et le fait monter dans son pik-up. Lorsque, arrivé devant le portail de El-Tag, l'Italien veut prendre congé, Leclerc ne lui répond pas et pénètre froidement sous la voûte d'entrée. D'un ton sans réplique, il commandte qu'on réunisse immédiatement tous les officiers du poste. Médusé, l'officier de garde obéit, et le premier de nos

détachements qui arrive quelques minutes plus tard dans la cour intérieure du fort assiste à un spectacle étrange : un colonel français harangue une brochette d'officiers italiens, au garde-à-vous !

Le fort est solide et vaste ; il est même tellement grand et nos effectifs tellement minces que le Père Bronner, un de nos aumôniers militaires, doit lui-même se poster en sentinelle, baïonnette au canon, à la grande porte du fort. 11 a vraiment belle mine avec sa barbe de fleuve, étalée sur sa poitrine, et son appareil guerrier.

Le colonel Leclerc passe les troupes en revue.

Les Italiens ont entassé leurs armes dans un coin de la cour intérieure; ils sont rasés de près et souriants. Ils ont revêtu la tenue de gala or et garance. Nos hommes sont déchirés, sales et hirsutes; ils ont les joues creusées par la fatigue et la dysenterie, mais ils bombent le torse et présentent les armes au pavillon tricolore, accompagné de la flamme à la Croix de Lorraine qui monte victorieuse au mât du fort de Koufra.

Le Butin

En nous cédant la place le capitaine italien Golonna nous livrait 12 officiers, 52 sous-officiers et hommes de troupe, 3 relégués politiques antifascistes, dont un maçon lombard de 51 ans, père de six enfants* ancien combattant de la grande guerre, 325 Askaris ou tirailleurs libyens, 4 pièces de D.C.A. et d'antichars, calibre 20. 48 mitrailleuses : Breda, Swarzlose, Fiat, 53 mitrailleuses légères, des dizaines de milliers de cartouches, 9 voitures Spa (matériel saharien), 2 Fiat de 7 tonnes et 3 ^voitures légères de reconnaissance. Ceci pour ne parler que du matériel militaire immédiatement disponible.

Le fort était remarquablement équipé et ravitaillé. Il renfermait de multiples moteurs à essence, une centrale électrique, un atelier auto et avion. Il était abondamment

fourni en ravitaillement. Les caisses de thon et de lait encombraient les magasins. Des sacs de farine, remplaçant les sacs de terre classiques, bouchaient les meurtrières. Il y avait un tel stock de macaroni et de fromage parmesan que le colonel Leclerc put nourrir nos tirailleurs pendant plusieurs semaines de ces délicatesses italiennes.

C'est avec un sentiment de soulagement inexprimable que nos prisonniers constataient que les Français n'étaient pas seulement humains, mais,, disons-le, bien bêtes. Le colonel Leclerc ayant invité à déjeuner, après la conquête de Koufra, le capitaine Colonna, parce que lui, tout au moins, s'était baiitu correctement, celui-ci ne put retenir ce cri du cœur : « Ah! enfin, aujourd'hui et pour une fois, je vais pouvoir manger tranquille. »

Le capitaine Colonna a pu manger tranquille jusqu'à la fin de la guerre. On n'oserait! pas en dire autant du colonel Leclerc, ni de ses hommes.

Les Médecins

Il serait injuste de terminer cette narration de l'affaire de Koufra sans mentionner l'admirable dévouement du médecin capitaine Mauric, un ancien de Kribi-Batouri, et du capitaine La Quintinie, mort pour la France. La Quintinie souffrait cruellement d'une septicémie pour laquelle il aurait pu se faire évacuer, même avant que la campagne ne commence. Il ne voulut pas lâcher ses hommes. Les fatigues extraordinaires qu'il endura pendant cette courte mais violente campagne achevèrent de détruire sa santé. Lorsque Koufra fut pris et qu'il se décida enfin à se soigner, il était trop tard, et le médecincapitaine La Quintinie succomba.

Le rôle de médecin d'une de ces colonnes tchadiennes est des plus ingrats car le danger auquel le Service de Santé se trouve exposé est exactement le même que

celui de la troupe. Les fatigues sont plus grandes encore, car à chaque étape, tandis que les camarades se reposent, les médecins doivent soigner les blessés et les malades. Ils n'ont pas la possibilité de riposter directement au feu de l'ennemi, le plaisir de rendre coup pour coup. II faut une santé morale de fer pour remplir de telles fonctions. La plupart des médecins du colonel Leclerc, comme ceux du colonel Monclar en Abyssinie, ceux du général Legentilhomme en Syrie, ceux du général de Larminat et ceux du général Kœnig en Libye, vivaient déjà en Afrique Equatoriale Française, au Tchad et au Sahara depuis des années. Ils étaient épuisés par d'interminables séjours dans des postes ingrats et pour la plupart taraudés par le paludisme et la dysenterie. Tous avaient à rompre, pour suivre le général de Gaulle et pour continuer le grand combat de la libération, les liens les plus chers. Hommes die science, les médecins du Tchad ont risqué leur vie, en soldats. Qu'on y songe : autre chose est de travailler dans un hôpital, autre chose de risquer à chaque seconde sa peau, au feu, mains désarmées. Je veux croire que justice sera rendue dans la France Libérée, à ces héros.

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