I" SUPPLÉMENT
(Voyez p. 111.)
SUR l'Époque de la fondation de cumes.
Eusèbe (1) fixe la fondation de Cumes en Tannée 1049 avant J.-C, Strabon (2) proclame cette ville comme la plus ancienne parmi les colonies- fondées par les Grecs dans TOccident, et Velleius Paterculus (3) dit qu'elle fut fondée avant la colonisation de l'Asie Mineure par les Éoliens. Cependant Niebuhr (4) a élevé des doutes sur la véracité de ces données ; il est donc temps d'écarter des dates qui, étant très incertaines , jettent une grande confusion dans l'histoire de la civilisation de l'Italie. D'abord ce qui ne nous permet pas d'admettre ces différentes dates, ce sont les conditions mêmes de la navigation primitive des Grecs. Il n'est guère croyable que les Hellènes aient choisi pour leur première colonie en Occident le lieu le plus éloigné de la mère-patrie. En second lieu , en admettant que la ville ait été fondée d'un commun accord par des Chalcidiens sous Mégasthène et des Cuméens de l'Asie Mineure sous le gouvernement d'Hippoklès (5), ce procédé d'après un plan
(1) Chron, édit. Schône, II, p. 60 et 61.
(4) Rômische Geschichte, I*, p. 161 ; IIÏ, p. 204 et suiv.
(5) Strabon, V, c. 243. On a trouvé dernièrement dans un ancien tombeau grec de Cumes en Campanie Tinscription suivante : HVrïTEIKAlNEI- TOITEIAENOSHITY {IVotizie degli scavi, 1884, p. 352356). Le savant qui
prémédité dénote une phase assez avancée de la civilisation plutôt que le commencement d'une colonisation dirigée vers rOccident. Enfin, si Torigine de Cumes datait de la fin du douzième siècle avant notre ère, les fouilles sur son emplacement auraient mis au jour une couche plus ou moins semblable à celle des tombes en puits de Mycène (1), ou au tombeau préhellénique découvert sur la propriété Matrensa, près Syracuse (2). On aurait tort d'alléguer que la statistique monumentale de Cumes pourrait bien offrir des lacunes, puisque dans aucune nécropole de la Grèce occidentale (3) on n'a pratiqué de fouilles plus complètes que près de Cumes. Les plus anciennes trouvailles qu'on y a faites indiquent une époque comparativement plus récente, et ont plus ou moins de rapports avec celles qu'on a mises au jour dans les plus anciens tombeaux en Sicile. Ne perdons pas de vue non plus que, d'après Âristote (4), les Chalcidiens, subjugés par les Hippobotes, auraient fondé des colonies en Sicile et en Italie. Or l'abolition de la royauté et son remplacement par une oligarchie, comme
ra publié y a reconnu des particularités distinctives du dialecte éolien Si cette supposition était bien fondée, elle confirmerait la tradition selon laquelle des Cuméens de TAsie Mineure auraient pris part à la fondation de la ville campanienne. Mais Bezzenberger nous écrit au sujet de cette inscription : c Deux particularités prouvent que le dialecte de cette inscription n*est pas éolien : 1® Tesprit rude devant HlTir. 29 Vr^ (El) de TEI et KAINEI. Quant à ce dernier point, on pourrait hésiter entre le dialecte attique et ionien. Mais si Ton tient compte du raisonnement de Kirchhoff {Alph, 107 et suiv.), on arrive à la certitude que le dialecte de cette inscription est ionien. La forme Hïrï ne détruit pas cette hypothèse, puisque nous savons que diriS est lesbien, arcadien et cypriote^ xaiu arcadien et Grea (cf. xori) élidien et lesbien (cf. Sappho, 2, 10). Il est certain que O^cu, — jusqu*ici inconnu, — n'était pas la forme spécifique d'un dialecte particulier, mais 0n6-&]:i>, (comme ànà-àiz^^ xaxà-xsTu) est un doublet syntaxique, qui pourrait se présenter dans tous les dialectes, grecs B.
(1) Voyez plus haut p. 64 et suiv.
(2) Plus haut p. 113.
(3) Comp. sur ce sujet ce qui a été dit p. 110-113.
(4) Chez Strabon, X, c. 447.