IL VIII
owtal (Héra et Athéné) Ss xp^o^oiaiv lia xXtojxotoi xaOîÇov VIII 442 : auT^c ^è ypiSaetov ItX 6p6vov eùpûona Zeu;
XIV 238, Hérappomet à Hypnos :
....xaXov Opovov dfçOiTov aîe\,
..../^pU<JcOV.
Xpua66povoç est une épithète appliquée à Héra : //. I 611, XIV. 153. XV 5. Hymn. II (Apoll. Pyth.), 127 (305), XII 1 ; à Artémis (//. IX 533. Od. V 123) ; à l'Aurore : Od, X 541. XII 142. XIV 502, XV 56, 250. XIX 319. XX 91 XXIII 244. Hymn. III (Merc), 326. IV (Vén.),218. Comp. Od. XXIÏ 198. XXIII 347. Hymn. IV 226.
(4) IL XXllI 412 :
(5) Od. IV 125... •PuXùj S'apYupEov xdiXapov çÉpe.
Ce lalaros^ don de l'Égyptienne Alexandra, revient dans le vers 131 : •/puaé7)v t' ^XaxitTjv TiXap6v 6'07:6xuxXov Sjtaadsv ÂpY^peov, XP^^^ VÏTÀ XE(Xea xsxpd^avxo.
La corbeille à tapisserie était donc pourvue de roues comme les trépieds d'Hephaïstos. (//. XVIII 375 : xp^^aSi oç' ItCo xuxXa IxiaTto TwOpivi Oîjxev.) Des roues de ce genre sous les vases et autres ustensiles semblent être un ancien motif phénicien. On en rencontre sous les supports (u;;o6i{pLaTa) du temple deSalomon : I, Les Rois ^1^ 27-38.
Des roues et autres fragments de vases de cette espèce ont été 'trouvés à Olympie : Furtwângler, Die Bronzefunde aus Olympia, p. 40. Un brûleparfum roulant en bronze a été découvert dans le tombeau Regulini-Galassi de Cœré : (voy. p. 39, note 2 et p. 114-116) Grifi, 3/on. di Cere. PI. VI, 3. Mus. gregor, I PI. XV, 5, 6. Un autre exemplaire de Véies : Archœologia, 41. I (Londres 1867), pi. IV, 2, p. 206. A ces objets à roues se rattachent les voitures dites à caisse que Ton trouve en Italie comme dans l'Europe centrale et septentrionale : Genthe, Ueber den etrusk. Tauschhandel, p. 61 et suiv. Chantre, Études paléoethnol. dans le bassin du Rhône, âge du bronze, I, p. 222 et suiv. Pigorini dans le Bull, di paletn. ital. III, p. 59. Undset, Xerhandl, der Berlin, anthrop, Gesellschaft, 1883, p. 197-201.
(6) Od. X, 354 : ipan^Çaç ipyoplaç.
plupart en métal massif, mais tout simplement garnis de plaques métalliques. En tout cas, cela est vrai pour les rênes d'or ( 1 ), les pendants d'épées (2), les ceintures (3) et les sandales (4), comme pour les courroies de boucliers en argent (xeXajAwv) (5). Les fouilles de Dodone et d'Olympie ont mis au jour une telle quantité de ces garnitures métalliques, que force nous est de renoncer même à les passer brièvement en revue (6).
Maintenant les murs de la maison homérique, au lieu d'être badigeonnés à la chaux ou garnis de feuilles métalliques ou de kyanos, étaient-ils parfois revêtus de plaques de bois? C'est un fait impossible à démontrer, mais qu'on peut considérer comme probable, depuis que Dôrpfeld a constaté, dans la salle des bains du palais deTirynthe, un revêtement en madriers (7) et soupçonné, avec quelque raison, l'existence d'un placage en bois dans le portique situé devant le mégaron (8).
En tout cas, le bois jouait un grand rôle dans la construction des maisons de cette époque. La tente d'Achille construite par les Myrmidons et dont les murs étaient faits de sapin, le toit de paille et de roseaux (9) ne saurait servir d'exemple,
(1) Xpuaïîvioç, épithète d'Artémis, //. VI, 2(^; d'Ares, Od. VIII 2fô.
(2) Od, XI, 609 : a{xtpBaXio; Zi ot à^ 7C6p\ atiJOecjatv iopirjp
ypuffEo; ?Jv TsXafjiwv, 7va OévxsXa Ipys TéiuxTO, dfpxxot T* è.'^^^i'zi^oi TE auE( /^aponof te Xiovrs^, u9(ji.rva( TE (xdlxai ts ^6vot t' ivSpoxTaofai te. Voy. sur ces vers notre chap. XXX. Comp. aussi //. XVIII 597 (il s*agit ici, il est vrai, de figures plastiques, des danseurs du bouclier d*Achilie):
.... {lay^afpaç eT/ov ypuaEtocç IÇ àc^upicov TsXa[jL(i>vb)v.
(3) Od. V,23i.x'544.
(4) //. XXIV, 340. Od. 1,96. V, 44 : x«Xà 7:fôiXa, afi6p6ota xpu«ia. XpuooïcfôiXoç épithète d'Héra : Od. XI 604. Hésiode, Theog. 952. Deux semelles en bois garnies de métal sur les bords, dans Micali,A/on. ined. PI. 19 n° 9, p. 108. Mus. greg. I Pi. 58, 7. Une paire semblable a été trouvée dans un tombeau de Caeré, qui remonte tout au plus au VI* siècle : BulL deW Inst. 1881 p. 161 N'^- 9,10. — (5) //. XI 38. XVIII 480.
(6) Comp. notamment Curtius, Dos archaische Bronzereliefaus Olympia, p. 10 et suiv, — (7j Schliemann, Tiryns, p. 262-263. (8) Ibid. p. 242. — (9) //. XXIV, 448-453.
I é .1 i.iii. -.iii.iiiii -I»
puisque celte tente avait une destination toute temporaire. Mais les maisons d'habitation proprement dites, dont les murs étaient en pierres taillées, en blocaillons ou en briques crues, renfermaient certainement aussi quelques éléments en bois. Les plafonds consistaient, comme dans le palais de Tirynthe (1), en un assemblage de poutres de bois : dans un passage de TÉpopée, les poutres en sapin du plafond sont très clairement indiquées (2). De même il est très probable que toutes les colonnes, les appuis (xiwv) et les montants des portes (^jTaôpç) étaient en bois, comme dans ce palais (3). L'Épopée nous apprend (4) que les montants de portes du mégaron d'Ulysse étaient en bois de cyprès et que ceux du mégaron d'Alcinoiis étaient garnis de plaques d'argent (5). Les battants de portes étaient faits de planches (cravi^eç) bien polies (eu$£<7Tai), bien liées (x.ok'H'uxi) et bien ajustées (tîuxivoîç ipapuTai) (6). Les deux dernières épithètes sont appliquées dans un passage de TO-
(1) Schliemann, Tirynsj p. 312.
(2) Od. XIX, 37 :
EiXdTtva{ TE doxoi xat xfovsç G^6a' I/^ovts;
De ravis général (Buchholz, Die homerischen Bealien, II, 2, p. 108-110) les |is96d(A%i étaient des poatres transversales placées entre les poutres longues du plafond (BoxoQ. D5rpfeld soutient (Schliemann, Tiryns, p. 251) qu'il faut comprendre par (isa^Siiat les poutres qui supportaient le plafond, et par Sqxo{ les poutres dont le plafond était composé. * (3) Schliemann, Tiryns,^. 307-310,318-321. — (4) Od. XVII, 339 :
t^E VÏTZi (ieX^vou OUOOU EVTOaOs OupicDV xXtvdt;ji£vo( oraOïiS) xunapi(To(vb), 3v izozz tsxtojv ÇiajEv l7:t9Ta{jLsvb)ç xa\ It\ ax46ji.7)v tOovsv,
(5) Od. VII, 89 :
oxaOfxot ô'dcpYwpeoi iv y aXxeu) Eoxaaav oùÔco
(6) Od, II 344 (il s'agit du thalamos d'Ulysse) :
xXr/t*(rca\ o'?n£aav aavfôsç ;;uxiv(oç ipaputai SixXfôs;.
XXI, 137 (Il s'agit de la porte du mégaron) :
xXCva^ xoXXi)T^9tv luÇ^otriç aavfôsoaiv
dyssée (1) aux battants de la porte (6upa), lesquels toutefois sont très souvent appelés brillants {(fOLi\,vai) (2), qualificatif qui indique peut-être le polissage du bois. Nous avons déjà mentionné plus haut les portes de fer du Tartare (3) et celles en or du mégaron d'Alcinotis (4). Elles prouvent que le bois était parfois recouvert de plaques métalliques. Quant aui portes d'ivoire, à travers lesquelles passent les songes trompeurs, le poète pensait probablement à de simples incrustations d'ivoire (5).
Les seuils étaient, comme dans le palais de Tiiynthe (6), en bois (7) ou en pierre (8). Le polissage d'un seuil en bois est
(1) Od. XXIII 194 :
6aXa;xoio Oupaç ttjxivujç dcpapuîa;
(2) eipai çasivaJ : //. XIV, 169. Od. VI, 19, X 230, 256, 312, XXÏ,45, XXÏI
(3) //. VIII, 15 (Voy. plus haut, p. 136, note 1). — (4) Od, VII, 83, 88 (Voy. p. 127, note 3).
(5) Od. XIX, 563. 11 résulte de la comparaison XeuxoTÉpïjv... Tcpiorou iXiçavToç {Od. XVIII 197) que Tivoire en lames était généralement connu. On ne peut dire si le fauteuil dont il est question dans VOd, XIX , 55 (xXia^T^v... ôivwTTjv IX£9avTixa\ ipyupco) était simplement plaqué d'ivoire et d'argent, ou bien tout en ivoire avec garnitures d'argent. L'oreille de la clef de bronze citée dans VOd. XXI, 7 (x(dtcti Ô'èX^ipavToç ijâjsv) était évidemment tout en ivoire.
(6) Schliemann, Tiryns, p. 315. — (7) Le seuil du mégaron d'Ulysse (Od. XVII, 339) est en bois de frêne (fiiXivoço586ç), celui du thalamos de Pénélope est en chêne (Od, XXI 23) :
où8<5v TE ôpuVvov npoasSTJasTO, t6v ;:oTe téxtwv Ç^^aev E7:iaTa(xiva>ç xa\ iizi ffxdiOpLTjv i6uv£v
(8) Le seuil de l'enceinte sacrée ou du temple d'Apollon de Delphes était en pierre (//. IX, 404) :
oiô' ZaoL XdiVvoç oùÔbç àç»5'fopoç Ivtbç lipY^i» <l>o(6ou 'An6>X(ovcç, HuOor Ivt TîSTpTjéaayj
Od. VIII 80 :
OuOor iv TjYaO^i), 56' ûjïipS») Xiïvov ouo'Sv.
De même celui de la maison de Zéphyre : PtjXG fni XiOéw (//. XXIII, 202). Le seuil de la maison d'Eumaïos (Od. XVI, 4) comme celui du mégaron d'Ulysse (XVII, 30, XX, 258, XXIII, 88, est appelé XdiVvoç o-iSoç. Il est hors de
indiqué deux fois dans l'Odysée par le verbe Çéw (1) : il ne faudrait cependant pas en conclure que Çecroç oùSoç qui revient dans deux autres passages (2) signifie également un seuil en bois; car l'adjectif dérivé de ce verbe est employé indifféremment dans rÊpopée pour les ouvrages en bois et en pierre (3). Le seuil était parfois recouvert d'une plaque de bronze; nous l'avons vu plus haut (4).
Les poètes nous renseignent aussi parfois sur les instruments avec lesquels on travaillait le bois. On se servait de la hache (TztkvAXiç) et d'un outil que l'Épopée appelle cx^Trapvov (5). On fabriquait l'une et l'autre à l'époque homérique, non plus seule-
doute que le seuil en pierre du mégaron (Od, XVII , 30 et XX, 258) est identique à celui désigné comme étant en frêne (Od. XVII, 339). Le X(iVvo$ où86( {Od. XXIII,88) indiquerait, suivant Dôrpfeld (dans Schlieman, Tiryns, p. 257-258), le même seuil. La différence des matériaux prouve donc que les poètes se faisaient, du moins quant aux détails , des idées différentes, de la maison d'Ulysse. — Gerlach {Philologus, XXX, 1870, p. 508, 512, 513) admet un socle proéminent en pierre, un %p7);;fôb)[jLa, et Tidentifie avec le XàUoç oltZ6ç {Od. XVII 30, XX 258). Mais cette hypothèse n'est fondée ni sur aucune donnée de TÉpopée ni sur aucune analogie dans les monuments. Du reste, remploi du mot o'jd<S; dans un double sens produirait des obscurités et rendrait fort inexacte la désignation du lieu dans le vers 258 du XX*' chant de rOdyssée.
(1) XVII, 341, (voy. p.l39, note 4), XXI, 24 (voy. la note précéd.).
(2) Od. XVIII 33, XXII 72.
(3) Comp. Ëbeling, Lexicon homericum, les mots Çeot^ç, sO^Earoçet luÇooç.
(4) //. VIII 14. Od. VII, 83, 89 (voy. p 136, note 1).
(5) Od. V 234 :
âù)xiv ol TzD.iY.'j't (xiYav, dfpjjiEVov Iv 7caXdc{Ar;aiv, y diXxeov, d^ji^oT^pcuOcv àxa/^fJiivov * aùxàp Iv au7o> orsiXsibv jispixaXXèç IXatvov, eu Ivap7]p6ç * Bb>xê d'ensita 9xinapvov l6Çoov * ijpxs d'6<^ot'o vtJ^ou In' la/aTiîjc^ 80i SévBpsa piaxpà ne^tSxet... 243:
aOràcp ô Tdi[jLvs-co doupa * Ootû^ hi oi t;vuto spYov.
ihat S'i;:iaTa^Vb>( xat 0Td6(JLrjV FOuvsv.
Bien que le passage ci-dessus se rapporte au radeau qu* Ulysse construit dans rile de Calypso, il est très probable qu'on employait de la même manière les mêmes instruments pour tous les ouvrages en bois.
ment en bronze, mais déjà en fer (1). La hache est accompagnée de l'expression qualificative : aiguisée des deicx co/^s (ûta(poT£pui- Gev axa^i^évov) (2); elle était donc à double tranchant (3), ou bien
(1) //. IV 485 : a?Oa)vi aïoiipco. Od. IX 3&1 :
b>ç 8'St' d^vT]p y^aXx£uç itiX^xuv (i^yav ^è oxixa^vov
^ap^daatov* tb y^p ««^s aiôijpou ys xpdlroç 2jt(v.
Sont également en fer les tranchants des haches qu'Achille donne en prix aux jeux funéraires de Patrocle (//. XXIII, 850) :
xaB* d'IifOEt hhoL pL£v TceXixsocç, oixa B'^jpLtnéXsxxa.
Ainsi que les têtes de haches près desquelles se livre le combat à Tare dans le mégaron d'Ulysse {Od. XIX, 578, 587, XXI, 3, 75,81, 97, 114, 127, 328. XXIV, 168, 177.)
(2) Od, V. 235. Les haches à un seul tranchant s'appelaient par opposition Tjpii^îiXsxxa, c'est-à-dire demi-haches : //. XXIII 851 (Voy. la note précédente), 883.
(3) Cette espèce de hache doit être extrêmement ancienne en Orient : on la rencontre en Syrie comme attribut du dieu de Gabala (Lenorman Nouv, gai. myth, PI. XIV, 16, p. 89), en Carie comme symbole deZeus Labrandeus, en Cilicie comme symbole de Sandon de Tarsos (Raoul Rochette, Mémoires d^archéoL comp, I, pi. IV, 6, 7, p. 195 et suiv.). Un bas-relief assyrien représente des guerriers qui abattent les palmiers des ennemis avec des haches de ce genre (Layard, Monum. ofNiniveh, pi. 76). Dans l'île de Chypre, on a trouvé un exemplaire en bronze de cette espèce (Perrot et Chipiez, Ilist, de VArt, III, p. 867, n» 634). Des parures d*or reproduisant ce modèle ont été découvertes en Lydie {BulL de corresp. hellénique^ III, 1879, pi. IV, V, p. 129-130 ; Collection H, Hoffmann, Paris, 1880, pi. XX, p. 50, n^* 3-5). Furtwàngler {Die Bronze funde aus Olympia, p. 33- 34) a recueilli d'autres spécimens caractéristiques. Mais des haches de bronze pesantes à double tranchant qu'on a trouvées à Mycènes, à Tîrynthe et dans d^autres contrées de la Grèce, ainsi que des hachettes votives en or de cette forme découvertes dans les tombeaux en puits de Mycènes et d'autres en bronze provenant d'Olympie prouvent que la hache à deux tranchants a été introduite en Grèce de très bonne heure (Voy. Schliemann, Mykenœ, p. 125, n^ 173 et p. 291, n« 368. Comp, aussi p. 252, n** 329, 330; Schliemann, TirynSj p. 189, n® 100; Mémoires des antiquaires du Nord, 1872-1877, p. 130, no 4, 1878-1883, p. 230, no« 1,2; Furtwàngler, Die Bronze funde, p. 33; S. Millier, Den europaeiske Bronsealders Oprindehe in der Saertryk af Aarboger for nord, Oldk., Copenhague, 1882, p. 329, fig. 32; Comp. notre chap. XXVI).
LIèS MAISONS D'HABITATION.
n'avait qu'un seul tranchant d'un côté et se terminait de l'autre par une pointe (1), Elle servait non seulement à abattre les arbres (2), mais aussi à dégrossir le bois (3). Le polissage proprement dit se faisait ensuite avec le çîceirapvov (4), un instrument qu'on ne peut pas définir au juste ; les poètes se conten-
Fig. 33. — Bas-relief égyptien avec instruments à polir le bois.
(1) On a trouvé une hache de cette sorte à Hîssarlik (Schliemann, Ilios, p. 565, n^ 958); de même un exemplaire en bronze dans Tîle de Thermia (Mémoires des antiq. du Nord, 1872-1877, p. 130, n® 3), et un autre en fer dans un tombeau du Dipylon (voy. p. 98-99, note 1). Sur un bas-relief assyrien, une divinité, probablement le dieu du tonnerre Raman, porte une hache de ce genre (Layard, Mon.of Niniveh, pi. 65, Perrot et Chipiez, Hist, de l'Art, II, p. 76, fig. 13). Sur les vases à figures foncées, les archers vêtus à la manière des Scythes sont souvent armés de cette hache (Par ex. Mon deirinsl., IX, pi. IX, X). Enfin les deux sortes de haches se rencontrent ensemble sur des vases à figures noires, qui représentent des ateliers de forgerons {Berichte d^saeehs, Ges. d. Wissensch. 1867, pi. V, 2; Monum, delV Inst. IX, pi. IX, X, XI, pi. XXVIII, 1.)
(2) //. m, 60-62, XIII, 391, XXIII, 114. Od, V. 243.
(3) Od, V. 244. Cette action s'y trouve exprimée par les mots 7:£Xixxr,aev Vi^x xQt^xîô, par conséquent par un verbe dérivé de néXsxuç.
(4) Od, V, 234-245 (voy. p. 141 note 5). Ulysse a reçu de Calypso une cognée et un aiiiapvov. Comme avec le premier de ces instruments, il abat et dégrossit les arbres (TscX^xxriaev), le dernier n*a guère pu servir qu'à polir les poutres (245 : ^h^t S'IniaTajiivcaç). Ce même travail d'abattage et de polissage se trouve décrit dans l'Odyssée (XXIII, 195), mais sans qu'il y soit fait mention d'aucun instrument :
xai t6t' ?7:8ix' irÀM>\o^ x6[jl7jV Tavu^ûxXou ïkoL{r^^ xop'xbv 8'lx f fi^Tjç 7:pOTa{jito)v à^i^iix /.*^*V
144 L'ÉPOPÉE HOMÉRIQUEjt
tent d'en dire qu'il était plus petit que la cognée (1). On remarque souvent sur des monuments égyptiens et sur des scarabées carthaginois un instrument servant à polir le bois. C'est un petit crochet planté à angle aigu sur un manche relativement court; tantôt il a la forme d'une feuille, tantôt il est légèrement recourbé en dehors, vers le milieu (fig. 23) (2). D'autre part, de nos jours encore, on appelle en Grèce <rx£7Txpvi un petit rabot tranchant avec lequel les charpentiers polissent le bois ; nos figures 24 à 26 reproduisent cet instrument sous trois faces différentes. Un bas-relief trouvé à Larissa en Thessalie et représentant un charpentier qui « fait une poutre au moyen d'une hache à main » (3), n'est malheureusement pas encore publié. Lequel de ces types se rapproche le plus du cx^xapvov homérique, c'est ce qu'il est impossible de dire avec certitude.
Bien que le sol (JdcTreJov oi^aç) fût artistement an^angé (tux- Toç) (4) et que le poète l'indique même une fois comme étant solide ( îcpaTaiWoç) (5), il est tout probable que cette solidité laissait à désirer. Lorsqu'il s'agit, à propos du combat à l'arc, de placer les douze haches dans le mégaron d'Ulysse, Télémaque n'a pas de peine à faire une large fente dans le plancher, pour y ranger les haches qu'il entoure de terre ensuite (6).
(1) Dans rOd. (IX, 391. Voy. p. 142, note 1), le tt^Xsxuç en tant que fi^T»? est opposé au oxi^capvov. Si la dérivation de ce dernier mot du verbe axà7:-Tci> est exacte (Curtius, Grundz, d. griech, Etymol^ 4« édit., p. 166, n® 109, p. 682. Comp. p. 153, n<> 686), il est très probable qu'il désignait un outil primitif, semblable au celte et que Ton pouvait employer de différentes manières, soit comme houe, soit comme hachette ou comme ciseau.
(2) Voy. Chabas, Études sur r antiquité historique, 2« éd., p. 68^9, 306- 306. Notre figure 23 est la reproduction d'un bas-relief égyptien trouvé à Thèbes, d'après Wilkinson-Birch, The manners and customs of the ancient Egyptians, I, p. 227, n«> 6. — (3) MittheiL des arch, Inst. Athen. AbtheiL XI, 1886, p. 53, n« 26. — (4) Od, IV, 627, XVII 169 : iv Tv>xtG londl^. — (5) Od, XXIII, 46 : xpataf^Ôov oiiôaç. — (6) Od, XXI, 120 :
rpwTov (jiv T,{ki%ioL^ a-rijasv, oià ti^pov ôpuÇaç 7;aai {jLÎav (xaxpijv, xa\ Ir^ cidiOjir^v lOuvev,
De même, après la lutte avec les prétendants, le sol est remué si bien que Télémaque et les deux bergers sont obligés de l'égaliser avec des instruments de labour (1). Il en résulterait que ce plancher se composait simplement de terre battue ou d'une couche d'argile étendue sur le sol.
Cela, comparé à l'époque précédente, indique de nouveau un mouvement rétrograde. Dans le prétendu trésor d'Atrée, le sol est enduit d'argile comprimée, « peut-être un mélange de chaux, d'argile et de terre glaise» (2).
Tel était probablement aussi le sol du tombeau à coupole de Ménidi (3). Le sol du tombeau à coupole découvert près de THèraion d'Argos est fait de terre glaise et de cailloux (4). Celui du palais de Tirynthe est fait
Fig. 21 à 96. — nabot tranchant servant à polir le lH)is.
Voy. notre Ch. XXVI. Dans les Jahrbûcher fur clas^, PhiloL de Fleckeîsen (XXXI, 1885, p. 99-100), Breusing soutient qu'un sol si peu solide était impossible et suppose que Télémaque avait fait entasser dans le m^ron de la terre et avait planté des haches dans ce tas. Mais alors le poète n'eût pas manqué de dire que cette terre était rapportée et qu*on avait fait un monceau. Breusing a, en outre, oublié de tenir compte d'un passage où le peu de solidité du sol est péremptoirement démontré (v. la note suiv.).
(1) Od. XXII, 455 :
X^Trpoiaiv SdÉntBov Tuxa TroivjTcro S^jioio Euov.
Comp. Fabricius, De archit, grœca comm. epigr,^ p. 70.
(2) MittheU. des deutsch. arch. Inst. in Athen, IV, 1879, p. 117.
(3) Dm Kuppelgrab von Menidi, éd. par Tlnst. arch. ail. d'Athènes. p. 46.
(4) MittheiL des deutsch. arch, Inst, in Athen, 1878, p. 277.
ÉPOPÉE nOMBBIQUB. 10
avec un soin tout particulier (I). Dans quelques appartements, il se compose d'une couche de mortier étendu sur un fond de terre ordinaire mêlée avec de la terre glaise. Dans d'autres, le même fond est recouvert d'une double couche de mortier, d'abord une assez épaisse mais peu durable, ensuite une plus mince mais plus solide. Des cailloux sont ajoutés là où le sol était plus particulièrement exposé aux intempéries de l'air, comme dans la grande cour des hommes et dans le grand portique. Ces cailloux manquent dans les appartements ; le sol y a, par conséquent, une surface plus polie. Tous ces planchers sont d'une solidité qui contraste absolument avec les données de l'Épopée sur le plancher du mégaron d'Ulysse. Dans certaines parties du palais, le plancher est même décoré : par exemple dans le portique situé devant le mégaron, il offre une ornementation formée de carrés et de losanges (2). Le même motif orne le sol du mégaron où l'on remarque encore sur les carrés des traces de couleur rouge, tandis que les bandes qui les séparent sont encore légèrement colorées en bleu (3). Des ornements géométriques rouges sur fond jaune ou blanc sont visibles dans le corridor situé à l'est de la salle des bains (4), et des traces de couleur rouge dans une chambre contiguë à ce corridor (5) ; enfin dans le mégaron des femmes, on observe des traces analogues ainsi que des lignes gravées (6). Si les poètes de l'Épopée avaient connu des parquets ainsi décorés, ils n'auraient pas manqué de les mentionner dans tel ou tel passage, ne fùtrce que par l'épithète ttoix-OvOç qui caractérisait le mieux les parquets de ce genre (7).
Il convient de noter tout particulièrement le parquet d'or sur lequel les dieux s'assemblent , d'après un passage de l'I-
(ï) Dôrpfeld dans Schliemann, Tiryns, p. «313-314.
(2) Dôrpfeld, Ibid,, p.. 242-243. Comp. notamment la restauration du plan, p. 237, n« 113.
. (3) Ibid,, p. 255-256, n» 116. — (4) /ôirf., p. 266-267.
(5) Ibid., p. 267. — (6) Ibid., p. 274.
(7) Voy. ch, XXX de ce livre.
liade, autour de Zeus (1). Est-ce un simple effet de Timagination? C'est douteux, car des parquets de ce genre apparaissent de très bonne heure, chez les peuples de l'Asie antérieure. Le sol était doré à l'intérieur et autour du temple de Salomon, dont la construction et la décoration étaient dirigées par un artiste de Tyr (2). Le même luxe régnait dans le temple de Bel, à Babyloae (3). Cet usage asiatique fut adopté par les Grecs; on en a peut-être une preuve dans Tancien chant des moissons connu sous le nom de l'Eirésionè (4). Les chanteurs souhaitent à la maltresse de la maison dont ils approchent, de tisser en marchant sur de Vélekiros. Cette expression, à moins qu'on la prenne dans un sens figuré , indique qu'à l'époque où parut ce chant, un sol garni d'un alliage d'or et d'argent était considéré comme le signe d'une maison tenue avec magnificence. En tout cas, un tombeau de Chiusi, qui remonte au commencement du sixième siècle avant J.-C. (5), prouve que l'usage de couvrir le sol de plaques métalliques pénétra de très bonne heure en Étrurie. On a trouvé dans ce tombeau une partie du sol recouverte de plaques de bronze clouées au bord
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(2) I. Les Rois y 6, 30 : <( il étendit aussi une couche d'or sur le sol, à rintérieur et à Textérieur du temple i.
(3) Avienus, Desci\ OrbiSy 1200 :
Stat ma\ima Beli Aula quoque argento domus Indo et dente nitcscit, Aurura tecta operit, sola late contegit aunini.
(4) Hom. epigr. XV, 10 :
Voy. plus haut la distiction entre 6 ^Xexipoç et to ijXsxTpov (p. 134). En tout cas, si Ton applique à un parquet le vers de VEirésioné, il ne peut être question ici que d'une couche d'un mélange d'or et d'argent et non d'ambre qui était trop fragile et en trop petits morceaux pour pouvoir se prêter à cet usage.
(5) Mon. deir Inst, X, PI. 49*. Annal 1877. Tav, d'agg. U. V, p. 397-410.
et soutenues par des barres de fer superposées à angle droit. La décoration de ces plaques avait bien souffert; on a cependant reconnu sur quelques fragments des traces d^une sorte de décoration asiatique en forme de lotus (1). Par conséquent si le parquet d'or mentionné dans Tlliade fait allusion à un modèle réel, il ne faut pas en conclure que les parquets de cette espèce étaient très fréquents dans les villes ioniennes. Au contraire, deux raisons combattent cette hypothèse. La première, c'est que l'Épopée ne mentionne un parquet d'or qu'une seule fois, et le place non pas dans la demeure d'un mortel, mais dans un lieu de réunion des dieux. La seconde c'est que, dans la description des maisons de Ménélas et d'Âlcinoûs, que les poètes ornent de tout le luxe imaginable, il n'est nullement question d'une décoration de ce genre. Il est donc probable que le poète de ce chant de l'Iliade n'a pas vu de parquets d'or ; il n'en parle que parce que la réputation de luxe des constructions orientales était parvenue jusque chez les Ioniens.
L'épithète j^aV/,oêar/îç a, au point de vue qui nous occupe, une importance toute particulière (2) ; il faut donc y revenir. S'il signifiait posé sur V airain , il indiquerait un sol garni de plaques de bronze, comme celui du tombeau de Chiusi , que nous venons de mentionner.
Pour compléter le tableau de la maison homérique, il faut enfin envisager deux choses. Non seulement dans le mégaron d'Ulysse (3) et d'ÂlcinoQs (4), mais aussi dans le thalamos de Nausicaa (5) , il y avait un foyer où l'on faisait rôtir journellement des pièces de viande ; les armes d'Ulysse souffraient beaucoup (6) de la fumée qui s'en répandait. La fumée de ce foyer et du bois résineux avec lequel on éclairait et l'on chauf-
(1) Bull deWInët. 1874, p. 205.
(2) Voy. plus haut p. 136. — (3) Comp. Od, XVIII, 43 et suiv, XX, 123. XXI, 176, 181. XX1II71, 89,
(4) Orf. VII, 153.
(5) Od, VII, 7-13.
(6) Od. XVI, 288-290. XIX 17-20.
fait (1) les appartements, à rapproche de la nuit, devaient à la longue noircir les murs et les plafonds; l'épithète enfumé (at6a>.de^) est, en effet, appliquée au plafond de la maison de Priam (2) et au mégaron d'Ulysse (3). Il faut en conclure que le fond des appartements d'une maison homérique était généralement terne et sombre. Quant à la propreté, elle laissait beaucoup à désirer. Des débris d'animaux récemment abattus, tels que pieds de vache et peaux de taureaux (4) sont disséminés sur le parquet du mégaron où sont venus banqueter et s'enivrer les prétendants de Pénélope, la fine fleur de la jeunesse achéenne. Comme on préparait les mets dans le même local et que le tirage de la fumée, comme nous venons de le dire, était insuffisant, l'air devait être fortement saturé d'une odeur de cuisine. Cela n'empêchait nullement les Grecs de cette époque de se sentir parfaitement à l'aise. Bien au contraire, les vapeurs de graisse leur causaient un plaisir tout particulier, à tel point que, pour les poètes de l'Épopée, cette odeur très intense est la marque d'une maison bien montée (5). La graisse fumant dans les sacrifices procure même de grandes jouissances aux dieux immortels (6). Devant la maison d'Ulysse se trouvait, en outre, un tas d'ordures sur lequel couchait
(1) Od. XVIÎI , 307 : owitta XajjLrTTJpa; tpeîç îoraoav iy jxs-ifdÉpoiaiv ,
Sfpa 9ae{voisv ' 7:sp\ Ss ÇûXa xdyxava Oîjxav , au2 n%koL\f 3:£p(x7)Xa, vèov xsxeaopitva x.^Xxo> xa\ BatSocc pi6Tê[JLtaYov.
Comp. XVIII, 343. XIX, 63 et suiv. — <2) //. II, 414; npiàfiooio (jiiXaepov «fOaXdcv.
(3) Od, XXII, 239 : aîOaXésvToç ivâc {jLSYipoio [xaaOpov.
(4) Orf. XX, 299. XXI ï, 362-364.
XV{97)V Vit. TCsBfou d[v6(JL0l QgpOV OÙpSVOV E?3(0
Od. XII , 369 :
Od. X, 10:
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