‹ L'Épopée homérique expliquée par les monumentsChapitre 34 sur 114 · II., XVI · texte numérisé non relu

II., XVI

IEsvt' Il fipôiTiii fujiGXfnoï Sp[iat' ivixtiuï.

(3) //., XXIIl, 392 :

Tmtdov SI o't (à Eumelo3)!J;!0i3[ïuYiv- ai iio Tiwrai itjif'it KaS Spa[jUci]ii, fu^; Ô'inl -jaTit IXiair,,

où i\i^k est employé adverbialement dans le sens de séparément (Comp. //., XIII, 345: a^^l, opovfovîi, XV, 709. Od.,1, 54, XIX, 220), et où le génitif dépend de Bpa^iiiv, comme dans OcU ntifoio (//., XXIV, 264. Od., III, 476)

I8G L'EPOPEE HOMERIQUE.

rivé auctiar d'Eumelos.chaque cheval se sauve séparément et le char arrête également. S'il y avait eu des traits, les chevaux auraient, dans le premier cas, emporté le char léger; dans le second cas, ils l'auraient forcément renversé, après s'être emballés dans toutes les directions, comme les juments d'Eumelos. Le joug était fait de bots dur (1); mais, comme un joug en or est attribué au char d'Hèra (2) et à celui d'Hélios (3), il est probable qu'il était quelquefois muni d'une garniture métallique (4). Il était placé près de l'extrémité du timon (ô), laquelle pouvait bien être recouverte de métal, ou bien, comme dans les chars représentés sur les vases du Dipylon (fig. 41, 12), pourvue d'un bourrelet en forme de coin (6).

Kig. «. Char Mïvrien porté par dcus Lgg yç,.g décrivant la ma-

liamnica.

nière dont les fils de Priam attellent la voiture de leur père, nous apprennent comment le

et dans r-ti^i^aw Moro (/;.,XX1\',2C4. Od., XV, 47, 219). Donc il faut traduire: les juments parlirenl séparées du cAac. Comp. Grashof, Veber das Fuhmvrt bei Ilomer und Ilesiod, p. 35.

(1) Le joug du char de Priam était en buis : II. , XXIV, 200.

aÙTip It:' ir.ç,ia (s. eut. faiiffi)

(3) I/i/mm. hom., XXXI, 15. — (4) Jérémie xwin, 14 et Jésus Siracli, ^\VJll, 24, mentionnent des jougs de fer.

(5) /(., V, 729 (voy. note 2). XX1\", 272 : t::;;; hi r.:^!,-:T,.

(0) Plus tard, l'extrémité du timon fut arlistement ornée de figures, l'ne

joug était attaché au timon. Cette description se rapporte, il est vrai, à une a(Aa$a, c'est-à-dire à un charriot lourd à quatre roues, qui au besoin transportait de fortes charges (1) et dont le harnachement était peut-être tout autre que celui d'un char de guerre. Voici les paroles du poète (IL, XXIV, 266 et suiv.) :

. èx. [kh âf^aa^av àeipav éurpo/^ov fifAioveiriv, xaXV îrpwTOTra^Ti, Tcsiptvôa Si $^aav ètz «Ùt^ç, xà$ S*à7;o ira^adcXo^i (uyov '$[pEOv YJaiovetov, Tcu^tvov diA^aXocv, EU olrixeaaiv àp7]poc' 270 ex S'If spov l^uYO^edfAOv éfaa C^yw IvvedtTryjy^u, xal to [xlv eu xatéOTixav lOçéaTO) sttI ^ufxo), ttéÇtI îm TTpojiTî, eTct Se xpixov ?<rTopi paXXov, Tptç o'IxarspOev eSri(rav Itc' dtxcpaXov, aùiàp iTreita é;eirjç xaxéoiqaav, Otco yXio^f tva Ô'exa(ji<];av.

Il ne peut y avoir aucun doute sur les parties constitutives du char et du harnachement citées par le poète (2).

L'e<7Twp est la cheville ou le crochet d'attelage planté près de l'extrémité du timon; le /.ptîcoç est l'anneau attaché au joug, qui s'engageait dans le crochet pour relier le joug au timon ; le Ç'jyo<Ï6<j[xov est la lanière fixée près de l'anneau et du crochet et qui servait à attacher le timon. L'6»jt.(paXo; était sans doute une pièce terminée par une sorte de bouton et qui s'élevait à Textérieuret aumilieu du joug (que le poète vient d'appeler ojjiçaXocv v. 269), comme nous en avons remarqué souvent sur les jougs égyptiens (fig. 31) (3), hittites (fig. 34) et assyriens (fig. 36). L'action décrite par le poète est également très claire. Les jeunes

amphore, dont les peintures appartiennent au style géométrique assez récent, nous montre un timon terminé par une tète d'animal (Furtwaengler, Beschreibung der Berliner Vascnsammlung, p. 9, n«56). Sur un char de course, probablement étrusque, qui se trouve au Museo gregoriano (Visconti,.Vi/seo Pio-Cl. pL B, m, 5), le timon se termine par une tète d*épervier.

(1) Voy. plus liaut, p. 184 notes 2 à 5. — (2) Comp. Grashof, Ueberdas Fuhrwerk bei Ilomer und Ifcsiod, p. 37 et suiv.

(3) Wilkinson-Birch, The manners and customs of the ancient Egyptiam , l,p. 229, n»61.

gens mettent le joug près de rextrémité du timon (Èù^ÉaTt;» et:; pufifji, Tïéîïi ?itt TîpMT^n), passent l'anneau (xpixQî) dans le crochet (ËaTtop) et réunissent ensuite le joug au timon en enroulant trois fois la lanière du joug (Ivpèttj^nt) longue de neuf aunes. Néanmoins ce passage présente quelques difficultés grammaticales. Après les mots tè ii^v(v. 271) serapportantàÇuydv on attend un tô Si ou un t£rme analogue se rattachant à l^ufôStG^Law . On se demande involontairement s'il ne manque pas, avant le vers 273, une

ivyo'de<f/ioy -OkL.

ôufaKds-:-- -Iw^-

ofifaÀ'os--— -/# W -£(fT(jp

piKOS pVp.OS

'^vyc

l'attelage liomCrligue, d'spri's I

phrase commençant par to Hi ou quelque chose de semblable, phrase qui montrerait comment les jeunes gens enroulaient la courroie sous le bout de timon, afin de relier celui-ci au joug même. En tout cas, il faut admettre que^uyo^ECfi^ov est le complément direct deE^fliav et de xaTÉSïiTav. Enfin dans le vers 271, l'adverbe iliim surprend un peu. Étant donnée la précision des descriptions de l'Épopée, on s'attendait plutôt ici à un substantif qui indiquerait l'objet ou la place où étaient attachés les bouts de la courroie, restés libres après son triple enroulement. Il est singulièrement difficile d'expliquer la description du poète au moyen des représentations figurées sur les monuments ; car l'art archaïque nous ofi're presque exclusivement des al- , quatre chevaux et encore vus de côté. Comme les

chevaux sous le joug sont, pour la plupart, couverts par ranimai du premier plan, il n'est guère possible de voir dans son ensemble le mécanisme qui réunit le joug au timon ; on ne peut en distinguer que certaines parties. On remarque souvent, au haut de Tendroit où doit se trouver le joug, une cheville et un anneau passé autour et dont on n'aperçoit que l'arc supérieur (page 183, fig. 43) (1). Leaf (2) a reconnu avec raison dans le

Fig. 4S. — Atlclage représenté sur la coupe d'Euxitheos*.

premier de ces objets le crochet d'attelage (êVrcop), dans le second l'anneau du joug (xptxoç). Partant de là, il a reconstitué

(l) Sur le vase François la cheville etTanneau sont visibles presque dans tous les attelages à quatre chevaux (Voy. p. 183, fig. 43), de même sur la coupe de Phineus trouvée à Vulcl et qui semble avoir été faite dans une fabrique ionienne, pendant la seconde moitié du sixième siècle (Mon, delV Iiut., X pi. 8. — Heidelherger Feslschrift zur 21 Philologenversammlung, p. 118, 119. Comp. von Duhn,p. 109-124). Voy. aussi Gerhard, i4t«er/c<e»e Vcuenbilder, IV, pi. 310, pi. 31 1, pi. 314 n» 2, pi. 315 n^ 2. Lacheville seule est visible par exemple dans Gerhard, Auserl. Vas., IV, pi. 250, 251 n« 2, sur la coupe d'Oltos et d'Euxitheos {Mon. delV Inst., X, pi. 23, 24, d'où nous avons tiré la fig, 48), ainsi que sur le vase de Troilos {Mon. dell. In8i.,X, pi. 22 n*» 2),— (2) DîinaXe Journal ofhellenicstudies, V (1884), p. 185 et suiv.

l'attelage homérique ; cette reconstitution, reproduite à la fig. 47 (1), vaut mieux qu'une description détaillée. Nous aurions cependant à faire ici deux objections. Tout d'abord, Leaf place le joug sons le timon, tandis que, d'après les données très claires de TÉplopoe, il est situé dessus, aussi bien dans les ciiars de guerre (2) que dans Txjxa^a (3). En second lieu, Leaf ne semble pas avoir bien compris le sens de r6uL(paWç. Il le confond avec cette pièce en forme de coin qui, dans les monuments archaïques, se dresse immédiatement derrière lencoluro des chevaux de joug(4), et comme, suivant TÉpopée, Yomphalos était planté sur le joug, il suppose, dans sa restauration, que celui-ci était muni de cette pièce en forme de coin. Nous ne voulons pas insister sur ce point qu'un Grec n'eût jamais appelé 6;7.(paXd; une pièce de ce genre, car il se peut que cette pièce, à l'époque où fut écrit le 24® chant de l'Iliade, ait eu une autre forme à laquelle s'appliquait cette dénomination d'ojAçxW; et ne soit devenue que plus tard ce qu'elle est sur les monuments, c'est-à-dire cunéiforme. Mais ce qui combat d'une manière irréfutable l'hypothèse de Leaf, c'est qu'il est très facile de démontrer que ce coin n'avait rien à faire avec le joug. Nous y voyons tout simplement l'extrémité supérieure du timon se dressant entre les deux chevaux de joug. Pour se convaincre de la justesse de cette hypothèse, il suffit de comparer les chars représentés sur les vases du Dipylon (p. 179, 181, fig. 41, 42) (5). La direction du timon est ici très claire : il est re-

. (1) D*après toc, cit., Leaf, p. 189.

(2) //., V, 728 (en parlant du char de guerre d'Hèra) :

Tou o'iÇ dtpY^pEoç puftôç r,£ktt • aÙTOtp Ït: ixpto 8^(j£ ypuafiiov xaXbv Çuy6v.

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