‹ L'Épopée homérique expliquée par les monumentsChapitre 4 sur 114 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

rique il y a trente ans, avant les découvertes auxquelles reste attaché le nom de Schliemann. Imaginez un dévot d'Homère, curieux de se figurer le décor où se meuvent les héros de l'Epopée, leurs armes, leur costume, tous ces détails de la vie extérieure que le poète décrit le plus souvent sans y insister, parce qu'ils sont familiers à ses auditeurs. Où les chercher? Est-ce dans les œuvres de la belle époque grecque, dans les sculptures ou les peintures de vases qui relèvent de la tradition classique? C'était autrefois l'unique ressource. Mais on sait aujourd'hui ce qu'il faut penser de la valeur de ces témoignages. La Grèce, dont l'art s'est si souvent inspiré des poèmes homériques, n'y a jamais vu qu'un thème à des compositions traitées dans le goût de l'époque où elles ont été conçues. Au sixième siècle, pour les peintres de vases rhodiens ou corinthiens, les héros d'Homère sont des hoplites de Rhodes ou de Corinthe. La préoccupation de l'exactitude historique ne les hante pas plus qu'elle ne s'impose aux primitifs italiens, lorsqu'ils prêtent aux personnages de la Bible le justaucorps ou la simarre d'un Florentin du quinzième siècle. Ils reproduisent naïvement les choses de leur temps. L'art idéaliste des contemporains de Phidias et de Polygnote s'éloigne encore plus de la réalité. Nous pouvons aujourd'hui nous figurer, d'après les frises de l'hérôon de Trysa, ce qu'étaient ces fresques du Pœcile et du temple de Platée, où Polygnote avait retracé les scènes du cycle troyen, le massacre des prétendants, les

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