‹ L'Épopée homérique expliquée par les monumentsChapitre 43 sur 114 · p?£Ox' â^6pQa(rj wosi Oeou IxyeYaCiia · texte numérisé non relu

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f|Ou xaTanvs(ouoa xa\ èv xôX::oiaiv ^/ousa.

en Tattendant, prend Tenfant sur son xoXtco; odoriférant, qu'elle le parfume d'ambroisie, en le tenant êv xoXtcokji.

Par suite, il ne peut subsister aucun doute sur la signification de ^x^Mokizoç. Cet adjectif indique le creux profond compris entre les deux seins de la femme qui font une forte saillie. Pour le prouver mieux encore il est à peine besoin de citer un passage d'Eschyle (1) où il est dit qu'An tigone et Ismène spaTwv 8x paOuîcdXrcûv gtx^êcdv donnent libre cours à leur douleur, passage où cette épithète ne saurait avoir un autre sens. On peut donc la traduire par aie sein abondant, ou bien , avec Voss, par au sein gonflé (2). Cette épithète correspond parfaitement au goût esthétique des Grecs de ce temps-là qui aimaient (l'Épopée le prouve surabondamment) (3) non pas un type de femme délicat, éthéré, mais bien d'une apparence forte et luxuriante.

Outre le âavdç, le 7:^7:>.o; et le <pxpo;, le costume féminin comprenait un grand voile, sorte de manteau, que les femmes jetaient sur leurs épaules, lorsqu'elles se disposaient à sortir.

(1) Septem, 8G3 : ... oùx à(xçi66Xfoç

oi[xaE o^' Èpatcuv Ix ()a0ux6X:nDV

(2) La désignation de cette particularité est bien conforme au génie de l'Épopée. Voy. //. III, 397, où le poète fait ressortir les oHfita tjxfp6svTa d'Aphrodite. Dans la petite Iliade, Ménélas, sur le point de tuer son infidèle épouse, laisse tomber le glaive en voyant son sein nu : Epicor, grœc. fragm, éd. Kinkel, I, p. 45, n<^ IG.

(3) Od. VI, 151 : 'ApTi{xi8( as ^ycu^s, Aibç xoupy; (is^àXoto,

Orf. XIII, 288; XVI, 157 (Athéna) : ... ôijia; ^'tIVxto Y«vau\

xaXîî T8 jjLeYdfXyi te xa\ iyXaà Ipy' Etôuiy;. De même, Od, XV, 418, et Od, V, 215 Ulysse dit à Calypso :

oToa xa\ aùibç

rA^xtx ]x6l\\ ouvsjca agfo 7;£ct^pa)V nriVEX6;c£ia Eiôo( dxtBvoTft'pr] (xÉyEOéç t' stvavta lÔédOai. XVI II, 195 : xai [xtv (xaxpoTépriV xa\ n^aaova O^xsv fôivOau

XVIII, 249 : lîCÊt «pCsaai yuvaixtov

c?û6( TE (jle'ye06( te fôè ops'vaç IvSov îi^cn^, Od, XX , 70 : "H pr) ô'aÙTÎjaiv ;:£pi ;:a9É(oy ôwxê ^uvaixtuv

eTÔoç xa\ ;:ivuTiJv, [x^xoç ô' fnop' 'AptEpiiç àfvT].

Il est désigné ordinairement par les termes xpToi6|i.vov (xp-rf- Stu.yf%) (1), xaXrÎTTTpYi (2) et )caAU(;.u.a (3). Le premier, comme le

Fig. 74. — Bas-relier montrant une femme coiffée d'un kalymma.

(1) Kpiiftejxvov : //. XIV, 184; XXII, 470. Od. V, 346, 351, 373, 459; VI, 100. KpiiSsiiva : Orf. 1 , 334; XVI, 416; XVIII, 210; XXI 65. Ilymn. (in Cerer,) 41. KaX5Lapi5Ôe(ivo« : Od. IV, 623. AisapoxpiiSsfjivoç : //, XVIII, 382. Hymne V (in Cerer.), 25, 438,459.

(2) //. XXII , 406. Od. V, 232; X , 545. Ilymn. V. {in Cerer.). 197. Hésiode, Theogon. 574. — (3) //. XXIV, 93. Hymn. V, 42.

fait observer avec raison Ameis (1), indique la place exacte où était posé cette espèce de châle (2), les deux autres Teffet que produisait ce vôiement. Il résulte d'ailleurs de Thymne à Dcmèter notamment que ces trois substantifs désignent le même vêtement. Lorsque cette déesse entend le cri que pousse sa fille ravie par Hadès, une douleur violente s'empare d'elle; elle déchire alors ses x.p-/i^e;xva qui couvrent ses boucles d'ambroisie et jette un 3c%>j[;.jjLa foncé sur ses deux épaules (3). Cela veut dire évidemment que cette déesse, dans sa douleur, met un autre voile que celui qu'elle portait d'habitude, et cela afin de bien marquer son deuil. Ceci est à rapprocher du passage de l'Iliade où Thétis, émue de la douleur de son fils Achille, se rend auprès de Zeus vêtue d'un -xaXufAjjia très noir (4). Le 5caX'j[/(Aa de Démèter est appelé 3caVJ:rTpv] plus loin dans le même hymne (5). Donc 3coY,^e[7.vov, xaAùTrrp*/; et xaX'j'xjxa sont bien synonymes.

Le voile désigné par ces trois substantifs était généralement posé sur le derrière de la tête (6) et, laissant le visage à découvert, pendait dans le dos et sur les épaules. Les femmes ne s'en couvraient le visage que lorsqu'elles voulaient rester inconnues (7) ou se retrancher, en deuil, du monde extérieur (8). Si elles étaient pressées , elles se contentaient de jeter ce chàle

(1) SurVOdyssée, V, 232.

(2) KpijSsjjLvov de xdtp, xapa et ùiu). Curtius, Grundzûge^ 4® éd., p. 233, n«>264.

(3) 40 : .... à\k^\ ôè yadaiç

d[{x6poa{ai( x^)JBs(xva oai^sto /,£po\ cp(X7|ot, xuavsov hï xdlXu[A[JLa xaT* À^jL^oiéptJV ^«Xet* (D(JLtjv.

(4) //. XXIV, 93 : ws ipa çiovijaaaa xdXu(jL[x* êXs ôta Osicov

xudlveov, Tou o'outi (xtXdvispov InXgTO eoOoç

(j) 197 : IvOa xaôê^^ojxivy) TcpoxaTeayeTo */£pai xotXu7:Tpr,v. orjpbv o' di^ôo^YOg TSTiTjpLSvr^ ^at' Irt ôf^pou.

(G) //. XIV, 184 : xpy.ôifjLVw S'IçutîepOe xaXurJaTO ofa OsdIaiV Od. V, 232 (pdiXETo) : xtcpaXi^ o' âoûjiEpOe xaXûnTpr,v. Comp. Od. X, 545. Hymn. V (in Cerer.) 182, et Hésiode, Theog. 574. (7) //. m, 419. — (8) Hymn. V {in Cerer.), 197

non sur le derrière de la tête, mais sur les épaules, comme fait Démèter lorsqu'elle s'élance pour aller chercher sa fille (1). On ôtait le xoTî Jepov quand on avait besoin d'avoir les mouvements du corps libres, par exemple en jouant à la balle (2). Les femmes qui sont en proie à une violente douleur le rejettent au loin (3). Comme dans les conditions normales, ce voile était simplement posé sur la tête, il fallait, pour qu'il ne pût glisser de la tête,

Fig. 75. — Pénélope coiffée d'un kalymma.

tout au moins le maintenir avec la main (4). Les règles de la convenance prescrivaient, en eflfet, aux femmes de tenir le voile devant la joue, lorsqu'elles conversaient avec les hommes; cette coutume, confirmée par les monuments archaïques (5), se

(1) Hymne V, 42. Voy. p. 272 note 3.

(2) Comme les compagnes de Nausicaa (Od. VI, 100).

(3) //. XXII, 406 : (Hécube) : TÎXXg x6(JLy)v, d;rb Bè Xw;ap7jv fppit{»£ xaXu;rrpr^v

TrjX6oe.

XXII, 470 (Andromaque) : T^Xs Z'àizo xpafoç pdiXe...

xpTjBspov 0', S ^i cl S<6xe xp^^^ 'Ao^fi^lvn.

(4) Hésiode, Théog,, 575. Comp. p. 272 note 6.

(5) Artémis sur un fragment de vase : Conze, Melische Thonge fasse, vi-

ÉPOPÉE HOXÊUQUE. 18

maintint à l'époque ultérieure. C'est ainsi que Pénélope tenait son voile quand elle se montra aux prétendants (1). Cette disposition ne portait nullement atteinte à la beauté de la femme ; elle imprimait au contraire un caractère charmant au profil et faisait valoir admirablement la forme du bras.

Les épithètes accompagnant le xpvl^cpov (2) et la xaXuTCTpy, (3) indiquent des étoffes de lin, nous l'avons déjà démontré dans le chapitreXI (4) . Dans un passage (5; ce voile est appelé précisément oOdvai, c'est-à-direétoffedelin Lorsqu'Iris se rend chez Hélène pour l'engager à regarder les deux armées du haut des murailles, elle la trouve dans son megaron, occupée à son métier de tapisserie. Dès que la déesse l'exhorta à sortir et qu'elle lui inspira le désir de voir son premier époux, Hélène s'enveloppe dans ses àpyewal oOovat et, toute en larmes, quitte son appartement. Comme il est certain qu'Hélène n'était pas nue auparavant, mais bien vêtue d'un heanoSy d'un peplos ou d'un pharoSj nous sommes obligés d'admettre, avec Ameis, que oOo'vzi signifiait le voile dont Hélène se couvrit, au moment dé sortir, suivant la mode de son temps. H est vrai qu'en parlant du même vêtement, dans un autre passage du même chant (6), le poète dit : eavû àppîTi çzeivû; mais cela n'a rien d'étonnant, puisque le substantif éavd; a ici un sens général, de même que le TdîkuiiiLx

gnette, p. V. ^ Une femme assistant à un combat : Gonze, pi. 3. — Des femmes sur des stèles funéraires de Sparte : MiUhexL des arch. InsL in Alhen, II, pi. 20,22-24; VIII, pi. 16. — Eriphyle sur un vase de Corinthe : MoTU delV Inst, X, pi. 4, 5. — Thétis en fiancée sur le vase François (voy. plus haut, p. 6, note 1). — Hélène en présence de Ménélas sur des vases à figures noires : Overbeck, Galerie, pi. 26, 1-3', Mus greg,. II, pi. 49,2, notre fig. 75. Comp. Lôschcke, De basi quadamprope Spartam reperta, p. 7.

(1) Orf. I, 334; XVI, 416; XVIII, 210; XXI, 65 . dfvta :rap6iiwv oxojuvti Xi-

(2) NTjYaTEoç : //. XIV, 185. Aisapéç : Od, XXI, 65. — (3) Air,ap6ç : II. XXlI, 406. Comp. XiKapoxpi5Si(ivoç (voy. p. 210, note 8).

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