III. LES PARURES
Des données que renferme TÉpopée sur le commerce phénicien en général (1) et en particulier sur le hormos, qu'un marin phénicien offre à la mère d'Eumaios (2), on peut conclure que les parures des temps homériques furent en partie introduites parles Phéniciens. De nombreux témoignages prouvent, d'autre part, qu'on fabriquait aussi de ces objets dans les villes ioniennes. Les poètes se faisaient une idée très exacte du travail des métaux précieux ainsi que des instruments à main et autres qu'on y employait. A Pylos, il y a déjà un certain Laerkes qui exerce le métier d'orfèvre et qui est appelé y^p^soyooç (3). Malheureusement l'ouvrage que lui fait faire le poète est trop simple et n'a, par suite, que fort peu d'importance pour l'histoire des procédés techniques : Laerkes ne fait que dorer les cornes de la vachequeNestorsacrifleàAthèna. L'expression ypu'yov irEpij^^eusv dont se sert le poète n'implique nullement une dorure au feu, qui, si nous ne nous trompons pas, ne fut jamais usitée à l'époque archaïque (4). Le procédé de Laerkes consistait plutôt à étendre l'or au marteau en lames très minces qu'il appliquait ensuite
(1) Voy. p. 23-27. — (2) Od, XV, 459460.
(3) Od. III 425 :
zlç ^* olZ ypua&x<^ov Aaépxsa Bsupo xtkiaùu} IkùiU ^pa pobç 7^puabv x£paaiv nepi/eûi). 432 : ... ?,XOe 8è xaXxelç
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Diomède (//. X, 294) fait aussi vœu d'offrir à Athèna une vache, xpuabv xipaviv 7:£piyjua(.
(4) Il appartient naturellement aux savants spécialistes de rechercher à quedle époque on commença à se servir du mercure ou du borax pour la dorure. Théophraste {De lapid. § 26) connaît déjà la dorure au borax, Pline {IVat. Hi$t, XXXIII, 64, 65, 92, 93) la connaît également ainsi que la dorure au mercure.