‹ L'Épopée homérique expliquée par les monumentsChapitre 51 sur 114 · LES PARURES · texte numérisé non relu

LES PARURES

sur les cornes. S'il avait doré à Tor liquide, il eût été obligé d'avoir recours au feu et au soufflet. Or, il se servait tout simplement de Tenclume, du marteau et de la pince, c'est-à-dire il mettait le morceau d'or sur Tenclume, Ty maintenait avec la pince et le laminait au marteau. Par conséquent, les mots pooç xfipxcjiv TTÊpCyeuÊV ne doivent pas être traduits par il versa de Vor sur les cornes, mais par il mit de Vor sur les cornes (1). La môme expression revient avec la môme signification dans deux passages de TOdyssée (2) qui témoignent d'un degré de perfectionnement de l'art de l'orfèvre beaucoup plus grand que les vers ci-dessus expliqués.

Tel un homme habile, insUmit dans ces divers arts par Hephaïstos et par Athèna, applique Vor sur V argent et exécute des œuvres charmantes, telle Pal las Athèna étend la grâce sur sa tête {d'Ulysse) et sur ses épaules.

Ainsi donc les poètes avaient parfaitement connaissance du procédé qui consiste à nuancer un fond d'argent au moyen d'une application de lamelles d'or, procédé employé sur plusieurs des coupes phéniciennes bien connues (3). Enfin, dans le dix-huitième chant de l'Iliade, les préparatifs que fait Hephaïstos pour forger le bouclier d'Achille (4) sont décrits avec une telle précision que le poète a dû nécessairement avoir vu de ses propres yeux ce qui se passait dans un atelier d'orfèvre.

Nous commencerons l'étude des parures de l'époque homérique par les joyaux du cou et de la poitrine.

(1) Dans un autre endroit Ttepixieiv est employé à propos d'une matière sèche (//. XXI, 319), le sable; f^^vi (IL VI, 147) pour les feuilles sèches et pour les tiges de blé qui tombent pendant la moisson (II, XIX, 222) ; Ôta^^siv (Od. III, 456) pour les animaux coupés en morceaux dans les sacrifices; xaTaywiv à propos du tceitXoç (voy. p. 257, note 2).

(2)'0d. VI 232, XXIII 159 :

6>ç 8' 8t8 Tiç xpuah^i nsptyEustai dipyiSpo) dtv»jp ?ôp!;, ov "HçaKJTOç Bloasv xa\ HaXXàç 'AOiJvtj, T^x^l^ ;:avTo(riV, y^apisvia ôe Ip^a TiX€(€i, ÛK dfpa Th> xarë'/^suE x,d(piv xE^aXfJ ts Aa\ ojjxoi;.

(3) Voy. p. 27, note 3. — (4) Notamment vers 408-472.

Page 1