‹ L'Épopée homérique expliquée par les monumentsChapitre 56 sur 114 · LES AGRAFES · texte numérisé non relu

LES AGRAFES

servait à maintenir le vêtement sur l'épaule et wipmi 3ur la poitrine ; cette hypothèse est inadmissible, car Euripide (1) emploie l'épithète iro'pinifta pour une sorte de chlamyde épinglée précisément sur l'épaule.

Gerlach (2) soutient que la %ifàr/\ et la TropirTi différaient de forme et de grandeur et que le premier de ces mots, le plus fréquemment employé, indique la petite fibule à courbure lisse, tandis que l'autre, plus grande, serait une sorte de broche en spirale, dont il sera question dans le chapitre suivant. Mais rien

n'autorise cette hypothèse. La broche en spirale serait plutôt identique aux ^ixeç homériques.

Le substantif mni est aussi employé souvent pour les épingles-agraphes (3).

I] suffit de jeter un coup d'œil sur une collection complète d'ouvrages antiques en métal, pour se convaincre que ces épingles affectaient les formes les plus diverses (4). Il s'agit donc de rechercher s'il est possible de préciser les formes usitées à l'époque homérique.

(1) Electre, 830. De plus, les inufilai ntpAvai dans Lacien (Amor. 44} conatîlueraient un pléonasme inadmissible.

(2) Philolog. XXX (1870), p. 498.

(3) //. XIV, 180. Comp. plus haut p. 252-256. Le mot dérivé d'N(»i(ii, élre fixé, pénétrer, ne se trouve plus que dans Callimaque : Fragm. 194. Comp. CaUimackea, éd. Schneider, II, p. 417-418.

(4) Montelius a recueilli tous les types les plus importants dans son ouvrage : Spârmm frSa Brotuàldern, Stockholm, 1880-1882.

Athènaditen raillant qu'Aphrodite, blessée par Diomède, s'est égratignée avec une wepovT, d*or : c'était évidemment une fibule à pointe découverte. Mais un passage de TOdyssée (1) fait supposer une touteautre disposition. Le poète dépeint la repdvTj d'or avec laquelle Ulysse partant pour Troie avait épingle sa chlaïna de pourpre. Elle était pourvue d'un double tuyau (aù>.or(7ivJi^u(xoi<7t) et ornementée d'un groupe représentant un chien qui tenait un chevreau se débattant entre ses pattes de devant (2). Il existe en Italie cinq de ces fibules à étuis. Toutes les cinq sont or-

Fig. Ii2. — Disposition intérieure d'une fibule de Préneste.

nées sur le devant de figures de sphinx (fig. 121). Trois d'entre elles (3) proviennent du groupe des tombeaux de Préneste qui sont remarquables par les produits de l'industrie phénicienne et carthaginoise (4). Le quatrième spécimen a été trouvé dans un ancien tombeau de Caîré (5) , le cinquième probablement dans

(1) Od. XIX, 225. — (2) Il sera question dans le chapitre XXX du mode de représentation plastique.

(3) L'une d'elles, trouvée dans les fouilles faites sous les auspices du duc Barberini, se trouve actuellement à la bibliothèque Barberîni {Archœologia, 41, 1, Londres 1867, pi. YII, 3, p. 201 , n^ 1). Les deux autres, mises au jour dans le tombeau découvert par les frères Bernardînî , sont exposées &u musée Kircher {Mon. delCInsL, X pi. XXXI, 6, 7. Gomp. Annal, 1876, p. 249-250.

(4) Voy. plus haut p. 40 note 1. — (5) Bull. delVlnst. 1866, p. 178, 179. — Archœologia, 41, I, Londres 1867, p. 203, note.

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