‹ L'Épopée homérique expliquée par les monumentsChapitre 57 sur 114 · LES AGRAFES · texte numérisé non relu

LES AGRAFES

la campagne romaine (1). Deux des fibules de Préneste sont en argent avec des grains d'or qui font ressortir les sphinx; les trois autres sont en or. Les fibules, dans Tétat où on les a découvertes, n'offraient aucune trace d'épingles; on s'est donc demandé comment elles pouvaient servir à épingler un vêtement. Mais une des fibules de Préneste s'était cassée et, comme on a pu ainsi en examiner l'intérieur, la question a été résolue (fig. 122) (2). On y a remarqué la construction suivante : ces fibules se composent de deux parties dont chacune se termine par trois saillies légèrement recourbées (a, b, c). Dans les deux parties la saillie du milieu (6) est simplement décorative; les deux autres extérieures (a, c) se terminent, dans la première partie, en épingles, dans la seconde elles sont creuses de manière à pouvoir recevoir l'épingle. Les épingles, après avoir transpercé le vêtement, s'engageaient dans les gaines de la seconde partie. Puis on consolidait les deux parties au moyen d'un crochet et d'un trou qui se correspondaient en bas (rf, e). On voit que cette disposition est très pratique et mériterait d'être imitée par les bijoutiers de nos jours. En tout cas, elle rendait impossible toute égratignure pareille à celle dont parle Atlièna dans le passage mentionné de l'Iliade, puisque les pointes des épingles étaient cachées dans les gaines. Telle a dû être aussi la Trgpdvv] d'Ulysse; comme les anciens commentateurs l'ont déjà fait observer (3) avec raison , les aù>.ol «^iSupt ne peuvent indiquer que ces étuis ou gaines où étaient engagées les épingles et ressemblent, par conséquent, aux xW (jiv siJYvxaTTTOKdont il a été question plus haut (4).

(1) Archœologia^ 41, I, p. 203, note.

(2) Cette fibule est au musée Kircher. La partie postérieure où Ton voit mieux la construction est reproduite dans les Ann. delVInst., 1879, tav.d'agg. C 9. Notre fig. 122 en est la copie. La fig. 121 représente l'autre spécimen trouvé dans le même tombeau.' Nous en donnons les deux parties séparément, afin d'en faire mieux comprendre la construction.

(3) Schol. Od. XIX, 227 : auÀoîaiv 5iÔTS(xoiai] dfvati^ai Ôua'». npb xf,; yXauiooç, ô S9Tiv£?;TÔ l[x;cpoaOEv (lépoç TTJç y XatxuSoç inàvcoOsv t^ç 7:(Sp7n}( IÇr|{X{jLivou$, B.oùXot^i] pd6Soiç £ÙO€iai(, e?ç &ç xaTaxXeCoviai al 7;Ep6var 8iSu[jkoi9i] dtnXarç, r^ ou;x^ué9i 7:Ep<Svaiç V. — (4) P. 253 et 349.

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